3 questions à… Nicolas Noguier

Il aide tous les jours des jeunes mis à la porte de leur foyer familial à cause de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Nicolas Noguier, fondateur de l’association, a accepté de nous en parler davantage.

Tu as fondé l’association Le Refuge en 2003, afin d’aider, d’héberger et de soutenir des jeunes victimes d’homophobie et de transphobie. Pourquoi ce combat est-il si important ?

En 15 ans, plus de 7 000 jeunes ont été accompagnés par les équipes du Refuge. Plus qu’un combat, c’est surtout un devoir envers la jeunesse, des actes de bienveillance à destination des adolescents qui doivent construire dans l’isolement et un environnement souvent hostile.

Lorsque j’ai fondé Le Refuge, je n’imaginais pas que les besoins seraient si immenses. C’est un combat essentiel car je rêve d’un monde meilleur où aucun jeune ne souffrirait pour son identité.

J’ai grandi dans un milieu rural très touché par l’homophobie intériorisé et j’ai trouvé la force de créer Le Refuge dont les valeurs sont aujourd’hui portées par des milliers de personnes. Je réalise tous les jours un peu plus à quel point nous avons besoin du Refuge dans notre société. Ce qui me porte, ce sont les sourires retrouvés sur les visages des jeunes que l’on accompagne. C’est la plus belle des récompenses.

On entend dire que les mentalités évoluent. Quel est ton regard sur la situation actuelle ?

La société évolue très lentement et je constate tous les jours à quel point l’homophobie s’est durablement installée. La libération de la parole suite aux débats incessants dans le cadre du Mariage pour Tous a eu des effets dévastateurs sur les plus jeunes d’entre nous. L’activité du Refuge s’accroît de 15 à 20% tous les ans depuis 2012.

Je pense souvent à un jeune que l’on vient d’accueillir au Refuge de Montpellier. Son meilleur ami était gay et il était complètement accepté par les parents du jeune qui le considéraient comme leur second fils. Lorsqu’ils ont appris la propre homosexualité de leur fils, ils lui ont demandé de quitter le foyer familial et il est, depuis, au Refuge.

La bande dessinée Mes Papas Avant Moi a souvent mis en avant Le Refuge, notamment au travers du personnage d’Antony. Que penses-tu de cette série ?

J’ai toujours vu en la bande dessinée un vecteur formidable de sensibilisation. C’est un média qui est lu par toutes les générations et qui touche par la force des mots et des images. Mes Papas Avant Moi, préquel de Mes Papas & Moi, est une BD touchante, drôle, captivante et tellement proche de la réalité !

Antony me touche particulièrement car son histoire est loin d’être unique. Les personnages sont attachants. Mikl Mayer a toujours cette force de divertir le lecteur et de faire passer des messages essentiels au travers de ses personnages. Il faut absolument vous procurer l’album !

 

Site Internet : www.le-refuge.org

 

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