Acteur historique de la bande dessinée franco-belge, les Éditions Casterman ont profondément marqué l’histoire du neuvième art. De Tintin à Corto Maltese, la maison belge a construit un catalogue emblématique, entre littérature jeunesse, bande dessinée patrimoniale et création contemporaine. Derrière ce prestige, Casterman incarne aussi les tensions actuelles de l’édition : héritage culturel, évolution des usages et adaptation à un marché en mutation.
Fondées en 1777 à Tournai, les Éditions Casterman occupent une place à part dans l’histoire de l’édition européenne. Rares sont les maisons capables de revendiquer à la fois une telle longévité et une influence aussi durable sur l’imaginaire collectif. De l’imprimerie religieuse du XVIIIᵉ siècle à l’un des catalogues de bande dessinée les plus prestigieux du monde francophone, Casterman incarne une continuité éditoriale exceptionnelle, faite de traditions solides, mais aussi de ruptures, de paris artistiques et de réinventions successives.
Une maison née de l’imprimerie et de la transmission
À l’origine, Casterman n’est pas une maison d’édition au sens moderne du terme, mais une imprimerie familiale spécialisée dans les ouvrages religieux et scolaires. Cette orientation initiale n’est pas anodine : elle inscrit très tôt l’entreprise dans une logique de diffusion du savoir, de pédagogie et de transmission. Pendant plus d’un siècle, Casterman forge son savoir-faire technique, développe un réseau solide et s’impose comme un acteur fiable du monde du livre.
Cette culture de la rigueur et de la fabrication de qualité marquera durablement l’ADN de la maison. Même lorsque Casterman se tournera vers la littérature jeunesse et la bande dessinée, cette exigence formelle restera au cœur de son identité.


