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The Amazing Spider-Man

Affiche de The Amazing Spider-Man

The Amazing Spider-Man

Titre original : The Amazing Spider-Man

Réalisation : Marc Webb

Avec : Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Denis Leary, Martin Sheen

Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Entertainment, Laura Ziskin Productions / Sony Pictures Releasing France

Durée : 2 h 17

Adaptation : Comics

Sortie : 4 juillet 2012

★★★★★ 3/5

Cinq ans seulement après Spider-Man 3, Sony relance entièrement le personnage avec The Amazing Spider-Man. Marc Webb succède à Sam Raimi derrière la caméra, Andrew Garfield remplace Tobey Maguire et Emma Stone incarne Gwen Stacy. Cette nouvelle version revient aux origines de Peter Parker tout en introduisant Curt Connors et le Lézard, encore absents de la précédente trilogie.

Andrew Garfield, un Peter Parker très différent

Impossible de regarder The Amazing Spider-Man sans le comparer à son prédécesseur tant le reboot arrive rapidement. Heureusement, Andrew Garfield ne cherche pas à reproduire Tobey Maguire.

Son Peter est plus nerveux, plus insolent et physiquement beaucoup plus proche de l’image que l’on peut se faire d’un adolescent contemporain. Une fois masqué, cette différence devient encore plus évidente : Spider-Man parle, provoque ses adversaires et utilise volontiers l’humour pendant ses interventions.

C’est probablement l’une des grandes réussites du film. Andrew Garfield donne davantage l’impression d’être Spider-Man lorsque le masque est porté, là où Tobey Maguire excellait surtout dans la vulnérabilité de Peter Parker.

En revanche, son côté solitaire et séduisant rend parfois moins évidente l’idée du lycéen complètement marginalisé. Cette nouvelle incarnation gagne en assurance ce qu’elle perd légèrement en maladresse.

Gwen Stacy change complètement la romance

Le choix de Gwen Stacy permet heureusement au film de ne pas simplement remplacer Kirsten Dunst par une nouvelle Mary Jane. Emma Stone donne au personnage une vraie personnalité et surtout une relation beaucoup plus naturelle avec Peter.

Marc Webb venait de réaliser (500) jours ensemble, et cela se ressent particulièrement dans les scènes à deux. Les hésitations, les regards et les silences fonctionnent souvent mieux que les grandes déclarations romantiques.

La véritable alchimie entre Andrew Garfield et Emma Stone devient rapidement l’un des principaux atouts du film. Gwen n’est d’ailleurs pas uniquement là pour être sauvée : elle comprend Peter, participe à l’action et existe davantage par elle-même.

Refaire les origines cinq ans après : le principal problème

C’est là que le reboot devient plus difficile à défendre. Le public avait découvert la morsure de l’araignée, les premiers pouvoirs et la mort de l’oncle Ben à peine dix ans auparavant dans le premier film de Raimi.

The Amazing Spider-Man essaie donc de raconter différemment une histoire que tout le monde connaît déjà. Les lance-toiles deviennent mécaniques, Oscorp prend davantage d’importance et la disparition des parents de Peter installe un nouveau mystère. Cette dernière idée devait d’ailleurs nourrir toute la nouvelle saga.

Mais le film consacre énormément de temps à reconstruire ce qui venait tout juste d’être construit par une autre trilogie. Avec 2 h 17, cette nouvelle origin story paraît parfois inutilement longue.

Le paradoxe est évident : plus The Amazing Spider-Man s’éloigne du film de 2002, plus il devient intéressant.

Le Lézard : une bonne idée, un résultat plus quelconque

Choisir Curt Connors permettait également de rompre avec les adversaires utilisés par Raimi. Rhys Ifans apporte suffisamment d’humanité au scientifique pour que son désir de retrouver son bras et ses recherches sur la régénération soient crédibles.

Le problème apparaît davantage lorsque Connors devient véritablement le Lézard.

Visuellement, la créature manque de personnalité et son projet finit par ramener le film vers une mécanique de blockbuster beaucoup plus conventionnelle. Là où Norman Osborn et Otto Octavius possédaient une relation particulièrement forte avec Peter, Connors ne bénéficie jamais tout à fait du même développement.

Il reste un adversaire correct, mais rarement mémorable.

Un Spider-Man particulièrement réussi dans ses mouvements

Marc Webb se distingue davantage lorsqu’il filme Spider-Man lui-même. Andrew Garfield apporte une véritable dimension physique au personnage et les déplacements cherchent régulièrement à rappeler les poses impossibles dessinées dans les comics.

Le costume participe également à cette nouvelle identité. Plus texturé, avec des yeux relativement petits et une silhouette très fine, il cherche clairement à différencier cette version de celle de Raimi. Le résultat divisera forcément davantage que le costume précédent, mais possède une personnalité immédiatement reconnaissable.

Surtout, Spider-Man semble davantage utiliser son environnement. Les toiles redeviennent des outils permettant d’improviser et pas seulement un moyen de se déplacer entre les immeubles.

À ce niveau, le film retrouve quelque chose d’essentiel du comics : Spider-Man ne se contente pas d’avoir des pouvoirs, il joue constamment avec eux.

Plus moderne, mais aussi beaucoup plus formaté

Le changement d’époque est évident. Là où Raimi assumait des couleurs très comic book, le mélodrame et parfois même une certaine naïveté, Marc Webb privilégie une photographie plus froide et une approche qui cherche davantage le réalisme.

Cela fonctionne particulièrement bien dans les scènes intimistes. Le lycée, la relation avec Gwen ou les rapports entre Peter et son oncle Ben bénéficient de cette proximité.

Mais cette volonté de moderniser Spider-Man entraîne aussi une certaine uniformisation. Le film possède moins de folie visuelle que ceux de Raimi et semble parfois hésiter entre le drame adolescent intimiste que Marc Webb maîtrise particulièrement bien et le gigantesque blockbuster que Sony doit nécessairement livrer.

C’est finalement lorsqu’il oublie quelques instants d’être le successeur de Spider-Man que The Amazing Spider-Man trouve sa propre voix.

En résumé

The Amazing Spider-Man souffre surtout d’arriver beaucoup trop tôt après la trilogie de Sam Raimi. Recommencer les origines de Peter Parker seulement quelques années après les avoir vues donne au film une impression de déjà-vu dont il peine longtemps à se débarrasser, tandis que le Lézard reste un antagoniste assez conventionnel.

Mais Andrew Garfield impose immédiatement un Spider-Man différent, Emma Stone offre une excellente Gwen Stacy et leur alchimie donne au film sa véritable personnalité. Plus convaincant dans ses personnages que dans son intrigue super-héroïque, ce reboot pose des bases intéressantes sans parvenir encore à totalement justifier la nécessité de repartir de zéro.

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