l’univers Le monde selon Loïc

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer ce spin-off de Mes Papas et moi ?

Ça faisait quelques années déjà que j’avais envie de raconter l’histoire de Loïc. Une histoire dans l’histoire. Au début, je voulais raconter l’histoire de la sœur de Tristan, qui vit avec une autre femme, mais j’avais peur d’une redite avec l’œuvre originale. Le personnage de loïc a toujours beaucoup plu aux lecteurs, pour son côté insouciant. Il fallait que je le développe. Le souci, c’était comment ? Il me manquait une idée qui donnerait de l’intérêt à l’histoire. Dans une première version, je racontais juste ses rencards, plus incroyable les uns que les autres. Après tout, on a tous eu des rendez-vous où on se demande ce qu’on fout là. Mais ça tournait trop vite en rond, alors j’ai laissé de côté, jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’aucune BD ne mettait en avant un personnage séropositif. Et là, ce fut le déclic ! Une idée qui donnerait ainsi une épaisseur folle au personnage et un nouvel intérêt.

Dans le premier volet, on faisait connaissance avec Loïc, sa soif effrénée de rencontres, ses meilleurs potes en couple, sa psy rousse comme Mylène…. Que nous as-tu réservé pour cette saison 2 ? Alors, va-t-il conclure avec son nouveau voisin ? 

C’est vrai que la fin laisse un point d’interrogation là-dessus… Mais vous aurez la réponse très vite. Dans cette saison, je m’intéresse davantage à la vie de Loïc, dans son travail mais aussi son intimité. Le regard des autres et son détachement face à autrui. Si au début, Loïc été une victime, il deviendra vite, par son comportement, responsable d’un certains nombres de situations. Son côté destructeur, inconscient, sera au centre de la nouvelle saison. Bien sûr, il n’est pas le seul à blâmer mais il y contribuera très largement !

Comme tu le soulignais, c’est l’une des rares BD à mettre en scène un personnage séropositif. Pourquoi c’était important pour toi ? 

J’ai toujours considéré qu’il était important de parler de sujets dont on ne parle pas ailleurs, ou très peu. Avant d’écrire « Le monde selon Loïc », j’avoue que moi-même j’ignorais un certain nombre de choses concernant la séropositivité. Cette ignorance est dangereuse, surtout dans le cas de cette maladie. L’image que l’on en a est dépassée. Quand on parle de séropositivité, on pense tout de suite sida, mort ou souffrance. C’était vrai il y a 20 ans mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il est important de savoir qu’un séropositif, s’il est indétectable, et les traitements font très bien leur travail dans ce domaine, ne peut transmettre le virus. Alors bien sûr, il faut se protéger ! Il y a un tas d’autres MST, et la lutte contre tous ces virus est encore longue, mais ce sont des choses importantes à savoir, comme un tas d’autres. Le sujet nous concerne tous !

Comme beaucoup de jeunes gays, Loïc est partagé entre ses angoisses, sa volonté de trouver le prince charmant et en même temps une boulimie de rencontres. Quel message souhaites-tu faire passer avec ce personnage ? 

C’est une question intéressante… Je vais être honnête, je n’ai pas réfléchi à ça. Disons que j’ai voulu raconter l’histoire d’un jeune homme comme on en voit beaucoup, et même d’ailleurs, comme je suis également. La recherche de l’être aimé est une quête difficile. C’est une chose très personnelle, et je pense que beaucoup se reconnaîtront, quelle que soit leur orientation sexuelle. C’est un peu une habitude chez moi, d’y mettre quelque chose de personnel. Dans « Le monde selon Loïc », c’est la quête de l’amour, dans « Mes papas & moi », mon envie d’être père… J’ai ce besoin de parler, de me confier. Loïc va voir un psy, moi je dessine. Chacun sa méthode !

 

Interview à retrouver en intégralité ici

Mikl Mayer

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