Roger Mayer

 

Bande dessinée : Les D’Jeunes

Roger Mayer, tout simplement

Pour être honnête, Roger est un personnage que je n’ai apprécié qu’à la fin. Ou plutôt, à sa fin.
Le personnage a tout d’antipathique. Macho qui veut absolument que ses fils soient des hommes forts, et qui a donc une définition bien à lui du mot « homme ». Difficile de ne pas se sentir frustré pour Justin qui n’est pas spécialement sportif, ou doué avec les filles… Ni même attiré par les filles, d’ailleurs ! Mais je ne peux pas juste m’arrêter là. Si on pousse plus loin et qu’on cherche absolument une excuse à Roger, qui ne serait qu’une hypothèse, on peut dire qu’il cherche peut-être à rendre ses garçons forts. Qu’il cherche à les préparer à la vie qui ne sourit pas de la même manière quand on est sportif ou quand on ne l’est pas, quand on est « viril » ou qu’on ne l’est pas. On parle souvent de la pression d’être une femme, mais être un homme n’est pas toujours simple non plus.
La grande leçon à retenir restera sa mort. Difficile de s’en remettre, pas vrai ? C’est à ce moment que Roger a révélé sa vraie nature. Ses derniers mots pour Justin étaient ceux qu’il avait voulus entendre toute sa vie. Malheureusement, il aura fallu attendre la fin pour les obtenir. Que de gâchis… Mais aussi tellement réaliste.

Après coup je pense que Roger était un bon père. Un peu dur, certes. Mais le souvenir que Justin en garde, et les conversations qu’il s’imagine avec son « fantôme » montrent qu’il y avait un lien fort. Pudique, mais fort.

Ce qu’on peut vraiment lui reprocher c’est d’avoir fait preuve de maladresse plus que de sévérité, qui est naturellement dans son caractère. Parfois, un geste qu’on pense anodin, une parole que l’on croit inoffensive, tout ça peut faire plus de mal qu’on ne l’aurait voulu. Pour Roger qui considérait avoir plus de points communs avec son deuxième fils, il était tout naturel de passer plus de temps ensemble. Au détriment du plus grand, qui, après coup, n’avait même pas de sang en commun et qui a dû voir toute leur relation défiler devant ses yeux en l’apprenant.

Pour autant, il n’aura pas hésité à risquer sa vie pour sauver Justin et Carole et c’est sur cette phrase que j’aimerais terminer ce portrait.

Alexandra Leblond

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