Naruto — Tome 28
Naruto 28
Éditeur : Kana
Sortie originale : 2 mars 2007
Avec ce vingt-huitième tome, Masashi Kishimoto ouvre une nouvelle étape de Naruto. Après deux ans et demi d’entraînement auprès de Jiraya, le jeune ninja retrouve son village et ses anciens compagnons. Une reprise attendue qui permet de mesurer l’évolution des personnages, tout en introduisant une menace désormais centrale : l’Akatsuki.
Un retour qui marque une nouvelle époque
Le retour de Naruto à Konoha constitue l’un des grands plaisirs de ce volume. Le garçon impulsif et maladroit des débuts a grandi, même s’il conserve son enthousiasme et son tempérament parfois excessif. Kishimoto joue intelligemment sur ce contraste entre évolution et continuité, permettant au lecteur de retrouver un personnage familier tout en découvrant une version plus expérimentée.
Les retrouvailles avec Sakura et Kakashi apportent également une dimension chaleureuse au récit. L’auteur prend le temps de montrer les changements intervenus pendant l’absence de Naruto, sans transformer cette reprise en longue succession d’explications. Cette approche donne au début de l’album une atmosphère presque nostalgique, particulièrement efficace après la conclusion dramatique de la première partie.
Sakura et Kakashi, des personnages qui évoluent
L’un des intérêts de ce nouveau départ réside dans la place accordée à Sakura. Après son entraînement auprès de Tsunade, elle apparaît beaucoup plus sûre d’elle et possède désormais des capacités qui lui permettent de jouer un rôle plus actif. Cette évolution corrige en partie le déséquilibre qui caractérisait l’ancienne équipe 7, souvent dominée par Naruto et Sasuke.
Le nouvel exercice organisé par Kakashi constitue une excellente manière de mesurer les progrès des deux jeunes ninjas. En reprenant une épreuve familière, Kishimoto souligne les différences entre leurs débuts et leur niveau actuel. La séquence fonctionne autant par son humour que par son intérêt narratif, même si elle repose sur un procédé volontairement nostalgique.
L’Akatsuki devient une menace majeure
En parallèle des retrouvailles à Konoha, le récit se tourne vers le village de Suna, où Gaara occupe désormais la fonction de Kazekage. Cette évolution constitue une belle réussite pour un personnage autrefois présenté comme un adversaire terrifiant. Elle montre que les événements de la première partie ont eu de véritables conséquences sur son parcours.
L’arrivée de l’Akatsuki transforme cependant rapidement cette nouvelle situation en crise. L’organisation apparaît plus structurée et dangereuse que jamais, avec des membres possédant des techniques particulièrement redoutables. Kishimoto réussit ainsi à installer de nouveaux enjeux sans abandonner les personnages déjà connus.
Un rythme volontairement progressif
Ce tome possède une structure de transition. La première partie privilégie les retrouvailles et la découverte des progrès accomplis, tandis que la seconde installe progressivement les premiers affrontements de ce nouveau cycle. Ce choix permet de reconstruire les enjeux, mais donne parfois l’impression que l’histoire prend son temps avant de véritablement démarrer.
La montée en puissance de l’Akatsuki apporte néanmoins une tension bienvenue. Le contraste entre l’ambiance relativement légère de Konoha et la menace qui pèse sur Gaara fonctionne particulièrement bien. Le volume réussit donc son objectif principal : donner envie de découvrir la suite, même s’il ne propose pas encore une intrigue pleinement aboutie.
Un dessin plus affirmé et toujours dynamique
Le trait de Masashi Kishimoto accompagne parfaitement cette nouvelle période. Les personnages bénéficient de designs légèrement renouvelés, qui traduisent leur évolution sans les rendre méconnaissables. Les expressions restent très efficaces, notamment dans les scènes humoristiques et les retrouvailles.
Les séquences d’action montrent également une belle maîtrise des cadrages et du mouvement. Les techniques de l’Akatsuki permettent d’introduire de nouvelles possibilités visuelles, tandis que les décors de Konoha et de Suna conservent leur identité. Quelques planches restent chargées, mais la lecture demeure globalement fluide.
En résumé
Naruto, tome 28, réussit son rôle de nouveau départ. Masashi Kishimoto retrouve ses personnages avec plaisir, met en valeur les progrès de Naruto et Sakura et installe efficacement la menace de l’Akatsuki. Malgré un rythme parfois consacré à la préparation des événements, ce volume offre une transition convaincante et ouvre des perspectives particulièrement prometteuses pour la suite du manga.
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