Ichi the Witch — Tome 4
Ichi the Witch 4
Éditeur : Ki-oon
Sortie originale : 4 juin 2026
Après la confrontation avec l’Anti-monde, Ichi the Witch ralentit légèrement pour introduire Gokuraku et le royaume de Bakugami. Moins spectaculaire que le précédent, ce quatrième tome gagne cependant en profondeur grâce à son antagoniste inquiétant et à sa réflexion sur un bonheur obtenu au prix de la liberté.
Gokuraku, un personnage brutal mais intrigant
Recherché par Mantinelle pour ses attaques contre les majiks, Gokuraku enlève Ichi afin de solliciter son aide. Sa violence et son comportement imprévisible le rendent immédiatement difficile à cerner.
Le scénario révèle progressivement les raisons de sa haine. Sans excuser ses méthodes, son histoire familiale donne une véritable cohérence à sa colère et évite d’en faire un simple rival agressif destiné à rejoindre le groupe.
Un bonheur qui dissimule la souffrance
Bakugami est vénéré par une population persuadée de vivre sous la protection d’une divinité bienveillante. Pourtant, le majik ne supprime pas réellement la tristesse : il l’absorbe pour mieux la restituer sous une forme dévastatrice.
Cette idée apporte une dimension étonnamment sombre au manga. Osamu Nishi interroge la tentation d’effacer artificiellement la souffrance et la facilité avec laquelle une communauté peut accepter sa propre soumission lorsqu’on lui promet le bonheur.
Ichi légèrement en retrait
Ichi reste fidèle à sa logique de chasseur et aborde la situation avec son instinct habituel. Il occupe néanmoins une place moins centrale, le volume servant surtout à développer Gokuraku et le fonctionnement du royaume.
Ce retrait n’est pas forcément négatif : il permet à l’univers de s’élargir et confirme que la série ne dépend pas uniquement de l’excentricité de son héros. Il réduit toutefois un peu l’énergie comique qui portait les premiers tomes.
Une confrontation encore incomplète
L’affrontement avec Bakugami repose sur une épreuve psychologique plus originale qu’un simple combat de puissance. Le majik attaque ses victimes à travers leur tristesse et transforme leurs blessures intimes en armes.
Le volume consacre néanmoins beaucoup de temps à installer ce nouvel arc. L’intrigue principale autour de l’Anti-monde progresse peu et la confrontation ne trouve pas encore sa pleine résolution, laissant une impression de transition.
Un dessin toujours remarquable
Shiro Usazaki donne à Bakugami une apparence presque adorable qui contraste efficacement avec sa véritable nature. Gokuraku bénéficie également d’une gestuelle très expressive, entre agressivité permanente et douleur contenue.
Les manifestations magiques restent spectaculaires sans nuire à la lisibilité. Les changements de ton, de la comédie aux passages les plus sombres, sont parfaitement accompagnés par une mise en scène souple et inventive.
En résumé
Ichi the Witch tome 4 ralentit l’intrigue générale, mais utilise cette parenthèse pour introduire un personnage complexe et un majik particulièrement inquiétant. La réflexion sur le bonheur imposé et la souffrance refoulée apporte une profondeur bienvenue à la série. Malgré un Ichi moins présent et un récit qui appelle immédiatement une suite, ce volume confirme la richesse de cet univers.
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