MiklMayer.fr

L’Appât

Couverture de L’Appât

XIII — Tome 21

L'Appât

Yves Sente, Iouri Jigounov

Éditeur : Dargaud

Sortie originale : 29 novembre 2012

★★★★★ 3/5

Avec L’Appât, Yves Sente et Iouri Jigounov poursuivent la nouvelle période de XIII, après avoir repris la série créée par Jean Van Hamme et William Vance. Entre enlèvements, manipulations et secrets politiques, ce vingt et unième tome replonge Jason Mac Lane dans une machination dont il peine encore à mesurer toute l’ampleur. Un thriller efficace, mais qui reste très dépendant de son intrigue au long cours.

Une intrigue qui renoue avec les grandes conspirations

Après les événements du Jour du Mayflower, Jason Mac Lane se retrouve entraîné dans une nouvelle série de dangers. L’organisation Mayflower, dont les ramifications semblent toucher des milieux particulièrement influents, continue d’occuper une place centrale dans l’histoire. Le héros doit composer avec des adversaires qui disposent de moyens considérables et dont les véritables intentions restent difficiles à cerner.

Yves Sente retrouve ici les mécanismes qui ont fait le succès de XIII : une menace difficile à identifier, des personnages aux motivations ambiguës et des informations qui ne prennent leur sens qu’au fil des révélations. Cette fidélité à la formule fonctionne plutôt bien, même si elle donne parfois l’impression de prolonger des mystères déjà nombreux plutôt que de construire une aventure véritablement nouvelle.

Un piège qui entretient la tension

Le titre L’Appât résume assez bien la logique de cet album. Plusieurs personnages se retrouvent pris dans des situations où leur liberté d’action est limitée, tandis que les adversaires de XIII cherchent à exploiter leurs faiblesses pour parvenir à leurs fins.

Le scénario joue efficacement sur les rapports de force et sur la difficulté de distinguer les alliés des ennemis. Cette incertitude permet de maintenir une certaine tension, notamment lorsque les protagonistes semblent perdre le contrôle des événements. Toutefois, les rebondissements reposent parfois sur des procédés assez familiers aux lecteurs de la série, ce qui réduit leur effet de surprise.

Jason Mac Lane, un héros toujours pris dans les secrets de son passé

Jason Mac Lane conserve son sang-froid et sa capacité à réagir dans les situations les plus dangereuses. Son expérience lui permet de déjouer certains pièges, mais il demeure vulnérable face à des adversaires qui connaissent parfois mieux que lui les enjeux de l’affaire.

Cette opposition constitue l’un des intérêts du personnage. Malgré les nombreuses révélations accumulées depuis les débuts de la série, son passé continue de déterminer son présent. Cependant, cette mécanique finit également par montrer ses limites : XIII semble condamné à découvrir sans cesse de nouvelles conspirations liées à son identité, ce qui peut donner une impression de répétition.

Une narration ambitieuse, mais parfois chargée

Yves Sente construit une intrigue dense, où plusieurs situations se déroulent en parallèle. Cette structure permet d’élargir les enjeux et de donner une dimension internationale à la menace. Elle correspond parfaitement à l’esprit du thriller d’espionnage, mais demande une lecture attentive.

Les dialogues jouent un rôle important dans la transmission des informations. Certains passages permettent de clarifier les motivations des personnages, tandis que d’autres ralentissent la progression de l’action. Le volume reste ainsi plus convaincant lorsqu’il privilégie la tension et les situations dangereuses que lorsqu’il multiplie les explications.

Iouri Jigounov assure une continuité graphique remarquable

Le dessin d’Iouri Jigounov demeure l’un des grands atouts de cette nouvelle période de XIII. Son trait réaliste, précis et élégant s’inscrit dans l’héritage de William Vance, tout en conservant une certaine personnalité. Les personnages sont immédiatement reconnaissables et les décors bénéficient d’un travail particulièrement soigné.

La mise en scène reste classique, avec une attention constante portée à la lisibilité. Les scènes d’action sont efficaces, tandis que les séquences plus calmes exploitent les expressions et les attitudes pour renforcer la tension. Cette rigueur graphique contribue largement à la crédibilité de l’univers, même si certaines planches très dialoguées manquent un peu de dynamisme.

En résumé

XIII, tome 21, poursuit efficacement la nouvelle intrigue consacrée à l’organisation Mayflower. Yves Sente propose un thriller dense, construit autour de manipulations et de rapports de force, tandis qu’Iouri Jigounov assure une réalisation graphique particulièrement solide. Malgré une tension bien entretenue, L’Appât souffre d’une certaine répétition dans ses mécanismes et d’un scénario parfois trop explicatif. Un album satisfaisant pour les lecteurs fidèles, sans retrouver totalement l’inventivité des meilleures aventures de la série.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as lu cet album ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR