Lore Olympus — Volume 4
Lore Olympus – Volume 4
Éditeur : Hugo BD
Sortie originale : 3 juin 2023
L’Olympe traverse une période particulièrement mouvementée. La relation entre Hadès et Menthé atteint un point de rupture, le couple formé par Zeus et Héra se déchire tandis qu’Arès fait son retour. Au milieu de ces tensions, Hadès et Perséphone ne peuvent plus éternellement éviter de parler de ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre. Mais Perséphone doit surtout affronter Apollon et commencer à reprendre le contrôle d’une histoire dont elle a été la victime. Ce quatrième volume fait ainsi de la confrontation le véritable moteur de Lore Olympus.
Hadès et Perséphone ne peuvent plus se mentir
Depuis le début de la série, Rachel Smythe prend énormément de temps pour construire la relation entre ses deux personnages principaux. Ce choix pouvait parfois donner une impression de lenteur dans les premiers volumes, mais il porte ici ses fruits : leurs sentiments sont désormais évidents sans que leur rapprochement paraisse précipité.
Leur relation repose beaucoup sur les conversations, les hésitations et la manière dont chacun essaie de respecter les limites de l’autre. C’est parfois très explicite, mais cela correspond aux thèmes développés par la série autour du consentement et des relations toxiques.
Surtout, Perséphone n’existe plus uniquement à travers le regard d’Hadès. Elle commence véritablement à déterminer ce qu’elle veut, et cette évolution devient aussi importante que la romance elle-même.
Menthé dépasse enfin le rôle de rivale amoureuse
La relation entre Hadès et Menthé atteint ici un stade particulièrement violent. Depuis plusieurs volumes, leur couple est présenté comme profondément dysfonctionnel : attirance, dépendance, jalousie et humiliations s’y mélangent jusqu’à rendre leur relation pratiquement impossible.
Rachel Smythe réussit néanmoins à ne pas réduire Menthé à « la méchante qui empêche Hadès d’être avec Perséphone ». Son comportement devient clairement condamnable, mais ses insécurités et ses mécanismes d’autodestruction restent visibles.
C’est précisément lorsque Lore Olympus accepte cette complexité que la série est la plus intéressante. Les personnages peuvent faire énormément de mal aux autres sans être pour autant réduits à une seule caractéristique.
Perséphone face à Apollon
L’affrontement entre Perséphone et Apollon constitue l’un des moments les plus difficiles du volume. Depuis son agression, Perséphone porte un traumatisme qu’elle commence seulement à comprendre et à verbaliser. Cette fois, elle doit directement faire face à celui qui en est responsable. L’éditeur présente d’ailleurs cette confrontation comme l’un des axes majeurs du tome.
Rachel Smythe évite surtout de transformer cette séquence en résolution miraculeuse. Confronter Apollon ne suffit évidemment pas à effacer ce qui s’est passé. La reconstruction de Perséphone demeure un processus beaucoup plus long.
Ce traitement donne à la série une profondeur inattendue derrière son apparence de romance mythologique extrêmement colorée. La question n’est plus seulement de savoir avec qui Perséphone souhaite être, mais de voir comment elle peut retrouver la maîtrise de sa propre existence.
Les autres dieux prennent davantage de place
Le retour d’Arès apporte une énergie différente et permet également d’éclairer une partie du passé de Perséphone. Dans le même temps, les problèmes conjugaux de Zeus et Héra rappellent que les relations sentimentales chaotiques ne concernent absolument pas uniquement les héros.
Cette multiplication des intrigues donne beaucoup de vie à l’Olympe, même si elle constitue parfois l’une des faiblesses du volume. Rachel Smythe veut faire avancer énormément de personnages simultanément et certaines séquences interrompent la dynamique de l’intrigue principale.
L’ensemble conserve ainsi son côté très « série télévisée », avec plusieurs histoires parallèles et des personnages qui entrent et sortent régulièrement du récit. C’est efficace et addictif, mais parfois un peu dispersé.
Une direction artistique toujours exceptionnelle
Le quatrième volume confirme surtout à quel point Rachel Smythe maîtrise désormais son identité graphique. Les personnages sont reconnaissables immédiatement par leurs silhouettes et leurs couleurs, mais celles-ci ne servent jamais uniquement à les différencier.
Le bleu profond d’Hadès, le rose de Perséphone ou les atmosphères beaucoup plus sombres accompagnent directement les émotions. Certaines planches deviennent presque abstraites, avec très peu de décor et des corps volontairement déformés pour privilégier une sensation.
Cette liberté entraîne quelques irrégularités graphiques, mais elle constitue aussi ce qui rend Lore Olympusimmédiatement identifiable. Peu de séries pourraient être reconnues aussi facilement à partir d’une seule case.
Un volume charnière
Après trois volumes de construction, ce quatrième tome donne enfin l’impression que plusieurs situations ne peuvent plus rester éternellement figées. Hadès doit regarder en face sa relation avec Menthé, Perséphone doit affronter Apollon et leurs sentiments respectifs deviennent de plus en plus difficiles à contourner.
Le rythme reste très marqué par la publication originelle en Webtoon : certaines intrigues sont étirées et les transitions ne possèdent pas toujours la même efficacité dans un gros volume papier. Mais cette fois, l’accumulation produit davantage de véritables confrontations que de simples promesses pour la suite.
C’est probablement ce qui rend ce tome plus satisfaisant : les personnages commencent enfin à payer le prix de leurs choix ou à prendre les décisions qu’ils repoussaient depuis longtemps.
En résumé
Le volume 4 de Lore Olympus fait franchir une nouvelle étape à la série. La romance entre Hadès et Perséphone reste évidemment centrale, mais Rachel Smythe l’intègre désormais dans un récit beaucoup plus large consacré aux relations toxiques, au traumatisme, au consentement et à la difficulté de reprendre le contrôle de sa propre vie.
Quelques intrigues secondaires dispersent encore le récit et le rythme hérité du Webtoon reste perceptible, mais les personnages gagnent continuellement en profondeur. Perséphone, surtout, poursuit une évolution convaincante qui dépasse largement son histoire d’amour avec Hadès.
Un tome plus intense, plus sombre et surtout plus décisif que les précédents, porté par une direction artistique toujours aussi singulière.
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