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Lore Olympus – Volume 8

Couverture de Lore Olympus – Volume 8

Lore Olympus — Volume 8

Lore Olympus – Volume 8

Rachel Smythe

Éditeur : Hugo BD

Sortie originale : 4 juin 2025

5/5

Le procès de Perséphone s’achève sur une sanction particulièrement brutale : Zeus la condamne à rester dans le Royaume des Mortels, coupée d’Hadès et des autres dieux. La séparation provoque une véritable fracture entre les royaumes, Hadès fermant les frontières des Enfers en représailles. Mais tandis que les années passent, une menace autrement plus dangereuse profite de ce chaos pour refaire surface. Avec ce huitième volume, Lore Olympus change d’échelle et transforme Perséphone en véritable actrice du destin de l’Olympe.

Une séparation qui bouleverse complètement la série

Rachel Smythe prend ici une décision radicale : après avoir consacré une grande partie de la série au rapprochement entre Hadès et Perséphone, elle les sépare brutalement. Perséphone ne peut plus communiquer avec lui et se retrouve renvoyée dans le Royaume des Mortels, chargée d’y accomplir sa peine.

Cette longue séparation aurait pu n’être qu’un nouvel obstacle artificiel destiné à retarder leur romance. Elle permet au contraire de faire évoluer Perséphone indépendamment d’Hadès. La jeune déesse des premiers volumes, encore hésitante et constamment soumise aux décisions de sa mère ou des Olympiens, laisse progressivement place à une femme capable de prendre elle-même des décisions importantes.

Hadès n’est pas pour autant effacé. Sa réaction contre Zeus montre à quel point le conflit dépasse désormais leur seule histoire d’amour : en fermant les frontières des Enfers, il transforme une sanction individuelle en crise entre les royaumes.

Perséphone n’attend plus qu’on vienne la sauver

C’est probablement la plus grande réussite de ce volume. Depuis le commencement, Lore Olympus raconte l’émancipation progressive de Perséphone. Ici, cette évolution devient enfin impossible à manquer.

Lorsque la situation se dégrade, elle ne reste pas dans le Royaume des Mortels en attendant qu’Hadès trouve une solution. Elle décide de désobéir à Zeus et d’agir elle-même. Le renversement est important : celle qui avait longtemps besoin d’être protégée devient celle dont les autres pourraient avoir besoin.

Cela ne signifie pas que toutes ses blessures ont disparu. Rachel Smythe conserve les traumatismes et les fragilités construits précédemment. Perséphone gagne en assurance sans devenir soudainement invulnérable, ce qui rend sa transformation beaucoup plus convaincante.

Cronos fait basculer Lore Olympus dans une autre dimension

La menace de Cronos permet surtout à la série de quitter momentanément les querelles sentimentales qui occupaient énormément d’espace dans les volumes précédents. La crise provoquée par Zeus et la séparation des royaumes lui offrent l’occasion de revenir au premier plan.

Rachel Smythe utilise alors beaucoup plus directement la dimension épique de la mythologie grecque. Les enjeux deviennent collectifs et le danger concerne désormais l’ensemble du monde divin. Après plusieurs volumes très centrés sur les relations amoureuses, les traumatismes et les conflits familiaux, ce changement de registre apporte une énergie bienvenue.

Tout n’est pas parfaitement équilibré. Le passage de la romance intimiste à une menace d’une telle ampleur peut parfois sembler soudain et certaines étapes auraient mérité davantage de développement. Mais ce basculement donne aussi au tome une véritable identité.

Zeus récolte les conséquences de ses décisions

Le volume est également intéressant dans sa manière de traiter Zeus. Sa décision d’éloigner Perséphone est motivée par sa volonté de préserver son autorité, mais elle provoque exactement l’inverse : les différents royaumes se divisent et son pouvoir contribue directement au chaos qu’il prétendait empêcher.

La série continue ainsi de moderniser la mythologie à travers des rapports de pouvoir très humains. Zeus n’est pas seulement le roi des dieux : c’est un dirigeant qui prend des décisions en fonction de ses peurs, de son ego et de sa volonté de conserver sa position.

Cela permet surtout de replacer Perséphone dans un conflit beaucoup plus vaste. Elle n’est désormais plus simplement au centre d’un scandale ou d’une romance interdite : son existence même bouleverse l’équilibre de l’Olympe.

Une direction artistique parfaite pour ce changement d’échelle

Ce huitième volume offre à Rachel Smythe l’occasion d’exploiter pleinement son style graphique. La série a toujours privilégié la couleur et les émotions plutôt que le réalisme, mais les événements beaucoup plus spectaculaires de ce tome donnent une nouvelle dimension à cette approche.

Les contrastes entre les roses associés à Perséphone, les bleus d’Hadès et les teintes beaucoup plus menaçantes accompagnant Cronos permettent de comprendre immédiatement les forces qui s’affrontent. Certaines séquences abandonnent presque complètement les décors réalistes pour privilégier des silhouettes, des aplats et des compositions symboliques.

Le dessin reste parfois irrégulier d’une case à l’autre, notamment dans les proportions des personnages, mais cette liberté fait désormais partie intégrante de l’identité de Lore Olympus. Rachel Smythe cherche davantage l’impact émotionnel que la perfection anatomique.

Un volume charnière, malgré un rythme parfois précipité

Ce huitième tome donne davantage l’impression d’aboutir à quelque chose que plusieurs volumes précédents. Des intrigues développées depuis longtemps commencent à converger et Perséphone atteint enfin un stade déterminant de son évolution.

Le revers est que beaucoup d’événements importants se succèdent. Là où certains volumes pouvaient donner l’impression d’étirer les situations, celui-ci semble parfois vouloir en résoudre énormément à la fois. Le rythme hérité de la publication en Webtoon reste perceptible et le passage en album ne gomme pas totalement ces variations.

Mais cette accélération fait également du bien à la série. Après tant de pages consacrées à préparer Perséphone à prendre sa vie en main, la voir enfin agir donne au récit une véritable sensation d’accomplissement.

En résumé

Le volume 8 constitue un véritable tournant pour Lore Olympus. La séparation entre Hadès et Perséphone aurait pu servir uniquement à prolonger artificiellement leur romance ; Rachel Smythe l’utilise au contraire pour achever une étape essentielle dans l’évolution de son héroïne.

Perséphone n’est plus seulement la jeune déesse qui découvre l’Olympe, tente d’échapper à l’autorité de sa mère ou cherche sa place auprès d’Hadès. Elle devient une puissance capable de prendre ses propres décisions et d’affronter directement les conséquences de celles-ci.

Le rythme se précipite parfois et certains développements auraient mérité davantage d’espace, mais l’ampleur mythologique, la progression de Perséphone et une direction artistique toujours aussi forte en font l’un des volumes les plus décisifs de la série.

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