Naruto — Tome 21
Naruto 21
Éditeur : Kana
Sortie originale : 20 janvier 2006
Avec ce vingt-et-unième tome, Masashi Kishimoto poursuit l’arc consacré à la fuite de Sasuke. Sous la direction de Shikamaru, les jeunes ninjas de Konoha affrontent les redoutables membres du Quartet du Son. Une aventure intense qui donne enfin aux personnages secondaires l’occasion de démontrer toute l’étendue de leurs capacités.
Une mission où chaque ninja compte
La poursuite de Sasuke se transforme progressivement en une série d’affrontements individuels. Pour permettre au groupe de continuer sa progression, certains membres de l’équipe doivent rester en arrière et affronter des adversaires particulièrement dangereux. Cette construction donne au récit un rythme soutenu, tout en renforçant le sentiment d’urgence.
Masashi Kishimoto réussit surtout à mettre en valeur des personnages qui avaient parfois été éclipsés par Naruto et Sasuke. Chôji et Neji occupent ainsi une place essentielle dans ce volume, avec des combats qui dépassent la simple démonstration de techniques. Leurs affrontements révèlent leur personnalité, leurs convictions et leur volonté de protéger leurs camarades.
Chôji, une évolution particulièrement réussie
Longtemps présenté comme un personnage secondaire essentiellement comique, Chôji bénéficie ici d’un développement bienvenu. Son affrontement contre Jirôbô révèle une détermination et une puissance que le lecteur n’avait pas encore pleinement découvertes.
Kishimoto parvient à donner une véritable dimension émotionnelle à ce combat en s’appuyant sur l’amitié qui unit Chôji à Shikamaru. Le personnage ne cherche pas seulement à vaincre son adversaire : il veut prouver qu’il mérite la confiance de ses compagnons. Cette évolution constitue l’une des grandes réussites du tome, même si le recours à des techniques toujours plus puissantes suit une mécanique assez classique du shōnen.
Neji face à un adversaire redoutable
L’affrontement entre Neji et Kidômaru apporte une autre forme de tension. Contrairement au combat de Chôji, qui repose largement sur la force et le dépassement de soi, celui-ci privilégie l’observation et la stratégie. Neji doit exploiter les qualités du Byakugan tout en faisant face à un ennemi capable d’identifier progressivement ses faiblesses.
Cette confrontation illustre parfaitement le savoir-faire de Kishimoto lorsqu’il s’agit de construire des combats intelligents. Les capacités des deux adversaires se répondent, les tactiques évoluent et chaque nouvelle information modifie le rapport de force. Le duel peut sembler légèrement étiré, mais il demeure l’un des passages les plus intéressants de cette partie de l’histoire.
Un véritable sentiment de danger
L’une des forces de ce volume réside dans la vulnérabilité de ses personnages. Contrairement à certaines aventures où les héros semblent toujours capables de surmonter les obstacles, les combats présentés ici donnent réellement l’impression que chacun peut y laisser sa vie.
Cette menace permanente renforce considérablement l’engagement du lecteur. Les blessures, l’épuisement et les sacrifices occupent une place importante, donnant aux affrontements une intensité qui dépasse leur dimension spectaculaire. Kishimoto réussit ainsi à faire ressentir le prix de cette mission, même si l’alternance entre les différents combats peut parfois fragmenter la progression de l’intrigue principale.
Un dessin qui sert parfaitement les affrontements
Le dessin de Masashi Kishimoto se montre particulièrement efficace dans les scènes d’action. Les mouvements sont précis, les techniques facilement identifiables et les changements de cadrage renforcent la tension. L’auteur sait également ralentir le rythme pour insister sur une expression ou un moment de doute, ce qui donne davantage de poids aux décisions des personnages.
Les affrontements les plus techniques demandent parfois une lecture attentive, notamment lorsque les explications sur les capacités des combattants se multiplient. L’ensemble reste néanmoins très lisible, avec une mise en scène qui privilégie l’efficacité et l’énergie.
En résumé
Naruto, tome 21, constitue un excellent épisode de l’arc consacré à la récupération de Sasuke. Masashi Kishimoto met intelligemment ses personnages secondaires à l’honneur, notamment Chôji et Neji, dont les combats mêlent stratégie, émotion et dépassement de soi. Malgré quelques longueurs et une intrigue principale momentanément mise en retrait, le volume se distingue par son intensité et la qualité de ses affrontements.
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