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Oral de rattrapage

Couverture de Oral de rattrapage

Les profs — Tome 24

Oral de rattrapage

Erroc, Sti, Simon Léturgie

Éditeur : Bamboo Édition

Sortie originale : 3 novembre 2021

★★★★★ 4/5

Avec Oral de rattrapage, Erroc, Sti et Simon Léturgie trouvent une nouvelle manière de bouleverser le quotidien des enseignants du lycée Fanfaron. Cette fois, ce ne sont pas les élèves qui provoquent la plus grande catastrophe, mais bien un professeur de chimie dont les expériences tournent mal. Après une explosion qui rend l’établissement inutilisable, les cours doivent se poursuivre dans des lieux pour le moins inattendus. Une idée particulièrement amusante qui permet à la série de sortir de ses salles de classe habituelles.

Une explosion qui bouleverse la vie du lycée

Au lycée Fanfaron, les enseignants ont l’habitude de gérer des élèves difficiles, des contrôles catastrophiques et des situations improbables. Pourtant, rien ne les préparait à voir leur établissement devenir inutilisable à la suite d’une expérience de chimie qui tourne à la catastrophe. Privés de leurs salles de classe, les professeurs doivent rapidement trouver des solutions pour continuer à enseigner.

Cette situation constitue le véritable point de départ de Oral de rattrapage. Plutôt que de multiplier les plaisanteries habituelles autour des mauvaises notes ou de l’indiscipline, les scénaristes imaginent un bouleversement qui concerne l’ensemble de l’établissement. Les enseignants se retrouvent contraints de sortir de leurs habitudes, tandis que les élèves découvrent une organisation scolaire complètement improvisée. Le principe est simple, mais particulièrement adapté à l’humour de la série.

Des cours partout, sauf dans une salle de classe

La destruction du lycée oblige les professeurs à faire preuve d’une créativité dont ils se seraient probablement bien passés. Les cours se poursuivent en visioconférence, dans le parc municipal et même dans un bistrot. Autant de lieux qui ne sont pas véritablement conçus pour accueillir des élèves, mais qui offrent de nombreuses possibilités comiques.

Ce changement de décor apporte une fraîcheur bienvenue à la série. Les enseignants doivent adapter leurs méthodes à des environnements qui échappent à leur contrôle, tandis que les élèves profitent naturellement de chaque occasion pour détourner les situations. Un cours dans un parc ne présente pas les mêmes contraintes qu’une leçon dans une salle fermée, et les distractions deviennent beaucoup plus difficiles à maîtriser. Les scénaristes exploitent ce décalage pour renouveler les rapports entre professeurs et élèves, même si certaines plaisanteries restent assez prévisibles.

Une visioconférence qui transforme les règles du jeu

L’enseignement à distance constitue une autre source d’humour intéressante. Privés du contact direct avec leurs élèves, les professeurs découvrent de nouvelles difficultés pour maintenir l’attention et vérifier que chacun participe réellement aux cours. Les possibilités de tricherie, les problèmes de communication et les distractions domestiques offrent autant de situations propices aux gags.

Cette thématique donne également à l’album une résonance particulière. Publié en 2021, Oral de rattrapage s’inscrit dans une période où l’enseignement à distance est devenu une réalité pour de nombreux élèves et enseignants. Sans chercher à proposer un commentaire approfondi sur cette expérience, la bande dessinée en détourne certains aspects avec légèreté. L’humour repose sur des difficultés immédiatement reconnaissables, ce qui permet aux situations de fonctionner au-delà de leur simple exagération.

Boulard et Louise, un duo qui continue de faire des étincelles

Après l’arrivée de Louise dans le tome précédent, Oral de rattrapage poursuit l’exploitation de cette nouvelle dynamique. Boulard n’est plus le seul élève capable de transformer une situation ordinaire en véritable catastrophe. La présence de Louise lui offre une partenaire, mais également une personnalité suffisamment affirmée pour ne pas se laisser entraîner sans réagir dans toutes ses initiatives.

Les deux adolescents se retrouvent notamment chargés de s’occuper du bébé des Polochon. Cette responsabilité inattendue permet de les confronter à une situation bien différente de leurs préoccupations scolaires habituelles. Le contraste entre leur comportement d’élèves peu disciplinés et les exigences liées à la garde d’un nourrisson constitue un ressort comique efficace. Les scénaristes ont ainsi l’occasion de développer leur relation en dehors du cadre strict du lycée, ce qui contribue à donner davantage de personnalité à l’album.

Une fête foraine qui devient un terrain d’enseignement

Parmi les lieux inattendus utilisés pour poursuivre les cours, la fête foraine constitue sans doute l’un des plus amusants. Dans un environnement entièrement consacré au divertissement, les enseignants doivent tenter de faire respecter les exigences scolaires. Le contraste entre les attractions, l’agitation ambiante et le sérieux attendu d’un cours offre naturellement de nombreuses possibilités de détournement.

Cette idée illustre parfaitement la principale qualité du tome : transformer les contraintes imposées par la disparition du lycée en occasions de renouveler les situations. Les professeurs ne peuvent plus s’appuyer sur leurs habitudes, tandis que les élèves évoluent dans des lieux où leur attention est constamment sollicitée. L’humour fonctionne surtout lorsque les scénaristes exploitent pleinement les particularités de ces nouveaux décors, plutôt que de simplement reproduire les plaisanteries habituelles dans un environnement différent.

Une satire légère de l’adaptation du système scolaire

Derrière cette succession de situations absurdes, Oral de rattrapage développe une idée intéressante : que devient l’enseignement lorsque les conditions habituelles disparaissent ? Les professeurs doivent improviser, trouver de nouvelles méthodes et accepter de perdre une partie de leurs repères. L’album se moque gentiment de leur difficulté à s’adapter, mais également des contraintes qui accompagnent l’organisation scolaire.

Cette approche permet de renouveler légèrement la satire habituelle de la série. Les enseignants ne sont plus seulement confrontés à des élèves indisciplinés ou à des décisions administratives absurdes : ils doivent désormais inventer une manière de travailler dans des circonstances exceptionnelles. La réflexion reste évidemment secondaire face à l’humour, mais elle donne une cohérence bienvenue à l’ensemble et rappelle que les difficultés de l’école ne se limitent pas aux résultats des élèves.

Simon Léturgie, un dessin dynamique qui profite des nouveaux décors

Le dessin de Simon Léturgie accompagne efficacement cette multiplication de situations improbables. Son trait conserve l’énergie et l’expressivité caractéristiques de la série, avec des personnages aux réactions volontairement exagérées. Les expressions de surprise, de colère ou de découragement des enseignants renforcent immédiatement les effets comiques.

Le changement régulier de décor constitue également un avantage graphique. Les scènes ne se déroulent plus uniquement dans les salles de classe et les couloirs du lycée, ce qui permet de varier les compositions et les ambiances. La couverture, montrant Boulard confronté à un jury de professeurs qui lui attribuent des notes catastrophiques, retrouve quant à elle l’humour scolaire traditionnel de la collection. Le dessin demeure parfaitement lisible, même si certaines expressions et attitudes restent très proches de celles des albums précédents.

Une formule qui retrouve un peu de fraîcheur

Après vingt-quatre tomes, Les Profs doit nécessairement composer avec la répétition de ses mécanismes comiques. Les personnages sont bien connus, leurs défauts largement exploités et les situations scolaires ont déjà fourni une quantité impressionnante de plaisanteries. L’idée de rendre le lycée inutilisable constitue donc une initiative particulièrement bienvenue.

Elle permet de modifier le cadre des histoires sans bouleverser l’identité de la série. Les personnages restent fidèles à eux-mêmes, mais les circonstances les obligent à réagir différemment. Tous les gags ne sont pas également réussis, et certaines chutes restent prévisibles, mais l’album possède une véritable personnalité. Les aventures de Boulard et Louise, les cours improvisés et les difficultés rencontrées par les enseignants donnent à ce tome une cohérence qui manque parfois aux recueils humoristiques de longue durée.

En résumé

Avec Oral de rattrapage, Erroc, Sti et Simon Léturgie proposent un vingt-quatrième tome qui parvient à renouveler une partie de la formule des Profs. L’explosion du lycée Fanfaron constitue un excellent prétexte pour multiplier les situations absurdes, entre cours en visioconférence, enseignement dans des lieux improbables et nouvelles mésaventures de Boulard et Louise. Le dessin expressif accompagne efficacement cette succession de catastrophes, même si certaines plaisanteries restent convenues. Un album plus inventif que plusieurs épisodes précédents, qui rappelle que la série possède encore de bonnes idées lorsqu’elle accepte de sortir de ses habitudes.

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