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Sea, Sweet and Sun…

Couverture de Sea, Sweet and Sun…

Bichon — Tome 2

Sea, Sweet and Sun…

David Gilson

Éditeur : Glénat

Sortie originale : 14 octobre 2014

5/5

Publié en 2015, Sea, Sweet and Sun… emmène Bichon en vacances au bord de la mer, loin de Jean-Marc et de ses habitudes. Sa rencontre avec Cody, un garçon américain partageant certains de ses goûts, permet à David Gilson d’approfondir les questions d’identité et d’acceptation. Une suite plus nuancée et parfois plus émouvante que le premier tome.

Sortir Bichon de son environnement habituel

Le changement de décor apporte un véritable renouvellement. En quittant l’école, Bichon perd temporairement les repères et les personnages qui structuraient le premier album.

L’absence de Jean-Marc est particulièrement importante. Bichon doit exister sans le garçon qu’il admire et sans attendre constamment son intervention lorsqu’une situation devient difficile.

Les vacances permettent aussi de développer davantage la famille. Les petits conflits, les imprévus et la proximité quotidienne révèlent des relations plus nuancées que dans Magie d’amour…, même si l’ensemble conserve sa tonalité très chaleureuse.

Cody offre un véritable miroir à Bichon

La rencontre avec Cody constitue le cœur de l’album. Comme Bichon, le jeune garçon apprécie des vêtements et des activités que la société associe généralement aux filles. Leur ressemblance crée une complicité immédiate.

David Gilson évite pourtant d’en faire une simple copie du héros. Cody ne bénéficie pas de la même assurance ni du même environnement familial. Il ressent plus fortement la pression du regard extérieur et peine à exprimer librement ses goûts.

Cette différence permet à Bichon de prendre une nouvelle place. Il n’est plus seulement l’enfant qu’il faut protéger : il peut à son tour aider quelqu’un à s’accepter. Cette évolution donne davantage de profondeur au personnage.

Deux familles, deux manières d’accompagner un enfant

Le contraste entre les environnements familiaux montre combien l’acceptation des proches influence la confiance d’un enfant. Bichon a grandi entouré d’adultes qui défendent sa liberté, même lorsqu’ils sont parfois maladroits.

Cody semble davantage soumis aux attentes associées à la masculinité. Ses goûts deviennent alors une source d’inquiétude ou de conflit plutôt qu’un simple aspect de sa personnalité.

Cette opposition est très claire, peut-être même un peu trop. Certains adultes paraissent écrits principalement pour représenter un préjugé. L’album gagne néanmoins en intensité en montrant que tous les enfants différents ne disposent pas du même espace de sécurité.

Une identité qui ne se résume pas à une étiquette

Comme dans le premier tome, David Gilson refuse de définir trop rapidement ses personnages. Bichon aime Jean-Marc, Cody apprécie certains vêtements féminins, mais aucun d’eux n’est enfermé dans une explication définitive.

L’album distingue intelligemment les goûts, l’expression de genre et les sentiments. Il rappelle qu’un enfant peut explorer son identité sans devoir immédiatement répondre aux catégories imposées par les adultes.

Cette absence de discours théorique rend le message plus accessible. La tolérance ne passe pas par une leçon, mais par le plaisir évident que les deux garçons éprouvent lorsqu’ils peuvent enfin jouer sans se surveiller.

Une émotion plus présente que dans le premier tome

Le format reste celui de courtes séquences, mais l’album possède une continuité plus forte. Le manque ressenti par Bichenti par Bichon, la rencontre avec Cody et les difficultés de ce dernier dessinent une véritable progression émotionnelle.

L’humour reste doux et repose davantage sur les réactions des personnages que sur des chutes spectaculaires. Certains lecteurs pourront trouver le rythme moins percutant qu’une série de gags traditionnelle.

Ce choix convient pourtant très bien à Bichon. David Gilson cherche moins à provoquer un rire immédiat qu’à construire une atmosphère bienveillante dans laquelle les moments drôles et sensibles peuvent cohabiter.

Un univers graphique toujours aussi lumineux

Le dessin conserve ses formes arrondies, ses grands yeux et ses couleurs éclatantes. Les plages, les tenues estivales et les paysages marins offrent à David Gilson de nouvelles possibilités visuelles.

La douceur graphique ne signifie pas l’absence d’émotion. Les hésitations de Cody, la tristesse de Bichon ou les tensions entre adultes sont lisibles dans les attitudes sans nécessiter de longs dialogues.

L’esthétique demeure très sucrée et pourra sembler trop sage à certains lecteurs. Elle participe néanmoins pleinement à l’identité de la série et donne aux personnages une expressivité remarquable.

En résumé

Sea, Sweet and Sun… approfondit avec intelligence les qualités du premier Bichon. La rencontre avec Cody permet d’élargir la réflexion sur les normes de genre et de montrer que l’acceptation dépend fortement de l’environnement familial. Bichon évolue en devenant lui-même un soutien, tandis que la continuité estivale apporte davantage d’émotion. Quelques oppositions entre adultes tolérants et hostiles restent simplifiées, mais cette suite se révèle plus riche, plus nuancée et tout aussi lumineuse.

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