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Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc

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Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc

Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte

Éditeur : Dargaud

Sortie originale : 24 avril 2026

5/5

Avec Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc, Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte revisitent le procès de Jeanne d’Arc à travers celui qui contribua à sa condamnation. Un imposant récit historique qui cherche moins à raconter la légende de la Pucelle qu’à pénétrer les ambitions et les contradictions de Pierre Cauchon.

Dans l’ombre de Jeanne d’Arc

En 1431, la France et l’Angleterre s’affrontent encore lorsque Pierre Cauchon apprend la capture de Jeanne d’Arc. L’évêque voit immédiatement dans cet événement l’occasion d’organiser un procès en hérésie capable de servir les intérêts du pouvoir anglais.

Jeanne reste d’abord volontairement hors champ. Son visage n’apparaît qu’après plusieurs dizaines de pages, laissant toute la première partie installer Cauchon, ses ambitions et les rapports de force politiques entourant le procès.

Un personnage historique rendu plus complexe

Le scénario refuse de réduire Pierre Cauchon à un simple bourreau. Il demeure calculateur, brutal et profondément impliqué dans la condamnation de Jeanne, mais les auteurs explorent également ses doutes et les tensions entre sa foi, ses ambitions et les pressions politiques.

Cette approche apporte une vraie profondeur au récit, même si elle assume une part d’interprétation. L’album ne constitue pas une reconstitution historique totalement neutre : il utilise les faits connus pour imaginer l’intériorité d’un homme resté dans l’Histoire comme l’un des principaux responsables du supplice de Jeanne d’Arc.

Une fresque graphique impressionnante

Joël Parnotte donne au récit une ampleur presque cinématographique. Les décors, les costumes et les jeux d’ombre installent une atmosphère pesante, tandis que les visages traduisent les affrontements psychologiques sans dépendre uniquement des dialogues.

La longueur de l’album et la densité des échanges exigent une lecture attentive. Quelques passages peuvent sembler imposants, mais cette lenteur contribue aussi à faire du procès un véritable étau qui se referme progressivement.

En résumé

Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc est une fresque historique ambitieuse, sombre et remarquablement mise en scène. En choisissant le point de vue de Pierre Cauchon, les auteurs renouvellent un épisode pourtant très connu et transforment le procès en affrontement politique, religieux et humain. Une lecture dense, mais particulièrement marquante.

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