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Sous le ciel de l’Ouest

Couverture de Sous le ciel de l’Ouest

Lucky Luke — Tome 4

Sous le ciel de l’Ouest

Morris

Éditeur : Dupuis

Sortie originale : 1 janvier 1952

4/5

Publié en 1952, Sous le ciel de l’Ouest rassemble trois aventures consacrées à un voleur de chevaux, à un vol de bétail et à un match de boxe. Morris améliore nettement son dessin et son sens du rythme, même si l’absence d’un véritable scénariste se ressent encore dans des intrigues très simples.

Trois récits pour explorer différents westerns

Le Retour de Joe la Gâchette repose sur le vol de Jolly Jumper et sur la véritable identité d’un prétendu philanthrope. L’histoire reste prévisible, mais son enchaînement de poursuites et de tromperies fonctionne efficacement.

Jours de round-up adopte une forme plus proche de l’enquête. Lucky Luke doit comprendre comment deux cents bêtes ont disparu d’un troupeau. L’utilisation des marques de ranch montre que Morris commence à exploiter des éléments concrets de la vie dans l’Ouest.

Le Grand Combat est le récit le plus développé et le plus réussi. Lucky Luke devient l’entraîneur de Battling Bender, un colosse devant affronter le redoutable Killer Kelly. La boxe apporte un cadre différent et une véritable montée vers l’affrontement final.

Lucky Luke devient plus intelligent que ses adversaires

Dans les premiers albums, le héros gagnait surtout grâce à son revolver, à sa force ou à la maladresse des bandits. Ici, il observe davantage les situations et utilise plus régulièrement la ruse.

Son rôle d’entraîneur dans Le Grand Combat révèle aussi une nouvelle facette de sa personnalité. Lucky Luke ne se contente plus d’arrêter un criminel : il aide un personnage secondaire à dépasser ses limites.

Le héros demeure très peu introspectif et ses motivations sont toujours évidentes. Son calme, son sens de la justice et sa capacité à contrôler les événements commencent néanmoins à former une personnalité reconnaissable.

Le Grand Combat domine largement l’album

Battling Bender constitue l’un des premiers personnages secondaires réellement attachants de la série. Sa force physique contraste avec sa naïveté et permet à Morris de créer un protagoniste comique sans le réduire à un simple adversaire.

L’entraînement, les paris et les manœuvres du bookmaker Slippery Nelson donnent au récit une progression plus solide que celle des autres histoires. Le combat final possède un véritable enjeu, même si son résultat ne fait guère de doute.

La représentation du boxeur analphabète reste très caricaturale. Elle correspond à l’humour de l’époque, mais limite la profondeur d’un personnage qui aurait pu apporter davantage d’émotion.

Jolly Jumper gagne enfin en importance

Le vol de Jolly Jumper dans la première histoire place le cheval au centre de l’intrigue. Lucky Luke ne le considère plus seulement comme une monture interchangeable et se lance immédiatement à sa recherche.

Jolly Jumper ne parle toujours pas, mais ses réactions et son intelligence deviennent plus visibles. Sa peinture en noir par le voleur offre notamment un gag visuel simple et efficace.

La complicité entre les deux personnages commence donc à se construire. Il manque encore au cheval son ironie future, mais Morris comprend désormais qu’il peut jouer un rôle narratif et comique essentiel.

Le dessin s’éloigne progressivement du cartoon

Les silhouettes restent rondes et les bagarres obéissent encore aux règles du dessin animé. Les personnages rebondissent, encaissent des coups énormes et retrouvent rapidement leur apparence normale.

Le trait devient toutefois plus précis. Les chevaux, les scènes de foule et les décors de ranch sont mieux maîtrisés. La lisibilité des poursuites progresse également, tout comme l’organisation générale des planches.

Morris commence surtout à varier davantage les cadrages. Les scènes de boxe lui permettent de travailler les mouvements, les impacts et l’attente du public avec une énergie qui annonce ses futurs albums.

Des scénarios encore trop mécaniques

Les intrigues suivent presque toujours le même principe : un individu apparemment honnête révèle sa véritable nature, Lucky Luke découvre la tromperie puis rétablit l’ordre.

Les adversaires restent définis par une seule caractéristique et commettent les erreurs nécessaires à leur capture. Les dialogues remplissent principalement une fonction explicative, sans posséder encore la vivacité que Goscinny apportera ensuite.

La variété des situations évite cependant la monotonie. Courses, enquête et boxe donnent à l’album un rythme plus équilibré que celui des recueils précédents.

En résumé

Sous le ciel de l’Ouest marque une progression importante dans les débuts de Lucky Luke. Morris diversifie ses histoires, donne davantage de place à Jolly Jumper et construit avec Le Grand Combat son récit le plus convaincant jusqu’alors. Les scénarios restent prévisibles et les personnages secondaires très caricaturaux, mais le dessin gagne en précision et le héros commence enfin à trouver son calme caractéristique. Un album encore imparfait, mais déjà très plaisant.

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