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La Naissance de Venom

Couverture de La Naissance de Venom

Spider-Man – La Collection anniversaire — Tome 5

La Naissance de Venom

David Michelinie et Todd McFarlane

Éditeur : Panini Comics

Sortie originale : 2 mars 2022

4/5

Avec Venom, David Michelinie et Todd McFarlane offrent à Spider-Man un adversaire capable de contourner son sens d’araignée et de connaître tous ses secrets. Cette première confrontation reste spectaculaire, même si la sélection d’épisodes proposée dans l’album raconte imparfaitement la véritable naissance du personnage.

Un adversaire intimement lié à Peter Parker

Venom résulte de l’association entre le symbiote autrefois porté par Spider-Man et Eddie Brock, un journaliste qui tient Peter Parker pour responsable de la destruction de sa carrière.

Cette double origine donne immédiatement au personnage une dimension personnelle. Le symbiote connaît les souvenirs de Peter, son identité secrète et ses habitudes, tandis qu’Eddie nourrit contre lui une haine profondément humaine.

Venom ne veut donc pas simplement vaincre Spider-Man. Il souhaite lui faire ressentir la peur et s’attaque directement à sa vie privée. Cette proximité le distingue des criminels qui cherchent uniquement à conquérir New York ou à démontrer leur puissance.

Une motivation efficace mais assez fragile

Eddie Brock accuse Spider-Man d’avoir révélé l’identité du véritable Rédempteur et d’avoir ainsi discrédité ses articles. Pourtant, sa propre responsabilité est évidente : il a publié les déclarations d’un faux coupable sans vérifier suffisamment ses informations.

Sa haine repose donc sur un refus d’assumer ses erreurs. Cette mauvaise foi correspond bien à la personnalité du personnage, mais rend son origine moins tragique qu’elle ne voudrait le paraître.

David Michelinie cherche à faire d’Eddie le reflet de Peter Parker. Tous deux ont connu l’échec et la culpabilité, mais Peter tente d’en tirer une responsabilité, tandis qu’Eddie préfère désigner un responsable extérieur. Cette opposition est intéressante, même si elle aurait mérité un développement plus progressif.

Une menace que le sens d’araignée ne détecte pas

Le symbiote peut approcher Peter sans déclencher son sens d’araignée. Cette particularité suffit à rendre Venom terrifiant : pour la première fois, Spider-Man ne peut plus compter sur l’alarme qui lui permet habituellement d’anticiper les attaques.

Le danger devient permanent, y compris lorsque Peter ne porte pas son costume. Venom peut surgir dans son appartement, observer Mary Jane ou utiliser les souvenirs du symbiote pour atteindre ses proches.

Cette idée produit plusieurs scènes très efficaces. Spider-Man paraît réellement vulnérable face à un adversaire physiquement supérieur et capable de neutraliser son principal avantage défensif.

Mary Jane confrontée au traumatisme

La rencontre entre Mary Jane et Venom constitue l’un des passages les plus marquants. Elle reconnaît immédiatement l’apparence du costume noir et revit la peur provoquée par le symbiote.

Son traumatisme entraîne d’ailleurs l’abandon provisoire de la tenue noire par Peter. Ce changement montre que le costume ne représente plus simplement une variation esthétique : il est devenu le symbole d’une menace ayant pénétré leur intimité.

Mary Jane reste toutefois souvent utilisée comme cible permettant de renforcer la dangerosité de Venom. Le récit lui accorde une réaction crédible, mais la place encore dans une situation où son rôle principal consiste à faire peur à Peter.

Todd McFarlane redéfinit Spider-Man

Le dessin de Todd McFarlane donne aux épisodes une énergie immédiatement reconnaissable. Spider-Man adopte des positions exagérées, ses toiles deviennent plus épaisses et ses mouvements donnent l’impression qu’il possède réellement la souplesse d’une araignée.

Venom bénéficie pleinement de cette approche. Son corps immense, son sourire démesuré et ses yeux blancs en font une présence spectaculaire. Le personnage n’a pas encore la langue gigantesque qui caractérisera plusieurs versions ultérieures, mais son identité visuelle est déjà solidement installée.

Cette recherche d’exagération peut parfois nuire à la clarté des planches. Elle accompagne néanmoins parfaitement l’apparition d’un adversaire conçu pour surpasser Spider-Man dans tous les domaines.

Une sélection d’épisodes trop incomplète

Le titre La Naissance de Venom peut induire en erreur. L’album ne raconte ni la découverte du costume extraterrestre durant les Guerres Secrètes ni la séparation entre Peter et le symbiote. Il commence alors qu’une grande partie de cette histoire a déjà eu lieu.

Le numéro 300 présente efficacement la première confrontation, mais les épisodes 315 à 317 se déroulent après une ellipse importante. Le passage d’une histoire à l’autre manque donc de fluidité et plusieurs éléments doivent être expliqués par les personnages.

Cette sélection permet d’assister aux premiers grands affrontements contre Venom, mais ne constitue pas un récit d’origine totalement autonome.

En résumé

Spider-Man : La Naissance de Venom présente un adversaire immédiatement marquant, capable d’atteindre Peter Parker aussi bien physiquement que personnellement. La capacité du symbiote à neutraliser le sens d’araignée, la haine d’Eddie Brock et le dessin spectaculaire de Todd McFarlane donnent aux confrontations une véritable intensité. La motivation d’Eddie reste fragile et l’album omet une partie essentielle de l’histoire du costume extraterrestre. Un recueil visuellement puissant et historiquement important, mais moins complet que son titre ne le laisse penser.

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