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Akira 5

Couverture de Akira 5

Akira — Tome 5

Akira 5

Katsuhiro Otomo

Éditeur : Glénat Manga

Sortie originale : 2 mai 2019

5/5

Dans ce cinquième tome, Kaneda retrouve enfin Kei et rassemble les derniers motards capables d’affronter le Grand Empire de Tokyo. Au même moment, les puissances étrangères cherchent à éliminer Tetsuo et Akira avant que leur influence ne s’étende au-delà des ruines. Katsuhiro Otomo prépare son affrontement final dans un volume immense, spectaculaire et parfois volontairement démesuré.

Le retour bienvenu de Kaneda

Après une longue absence, Kaneda revient dans une ville qu’il ne reconnaît plus. Le chef de bande arrogant des premiers volumes découvre un territoire détruit dans lequel Tetsuo est devenu une figure presque divine.

Son retour permet au récit de retrouver une partie de son énergie initiale. Kaneda rassemble Kaisuke, Joker et plusieurs anciens motards pour organiser une attaque contre l’Empire. Les rivalités des débuts paraissent désormais dérisoires face au danger commun.

Le personnage conserve heureusement son humour et son imprudence. Il ne devient pas soudainement un héros exemplaire, mais sa fidélité envers ses amis et son refus d’abandonner Tetsuo lui donnent une profondeur qu’il ne possédait pas encore au commencement de la série.

Kei accepte enfin son rôle

Kei poursuit l’évolution amorcée dans le volume précédent. Lady Miyako et les enfants psychiques voient en elle un médium capable de canaliser leurs pouvoirs et d’affronter Tetsuo sur son propre terrain.

Cette responsabilité la place au cœur du conflit. Kei ne possède pas naturellement la puissance de son adversaire, mais elle accepte de devenir l’instrument d’une force qui pourrait également la détruire.

Otomo maintient toutefois une certaine distance avec ses émotions. Le courage de Kei est évident, mais sa préparation psychique reste parfois traitée rapidement au milieu des nombreuses autres intrigues. Son importance narrative est considérable sans que son intériorité soit toujours suffisamment développée.

Tetsuo devient une menace mondiale

Tetsuo ne se contente plus de régner sur les ruines de Néo-Tokyo. Ses pouvoirs atteignent désormais une échelle qui rend dérisoire toute intervention militaire conventionnelle.

L’une des démonstrations les plus impressionnantes du volume illustre autant sa puissance que son besoin permanent d’être admiré. Tetsuo agit encore comme l’adolescent humilié des premiers tomes, mais il possède maintenant la capacité de bouleverser l’équilibre de la planète.

Cette contradiction reste le cœur du personnage. Derrière le tyran presque invincible subsiste un garçon dépendant de médicaments, incapable de comprendre ce que son corps est en train de devenir. Plus sa puissance augmente, moins il semble la contrôler.

L’intervention étrangère n’a rien d’héroïque

La destruction de Néo-Tokyo attire logiquement l’attention des autres puissances. Des scientifiques étudient le phénomène depuis un porte-avions, tandis qu’une unité menée par George Yamada reçoit pour mission d’éliminer Tetsuo et Akira.

Otomo élargit ainsi son propos politique. Le Japon n’est plus seulement victime de ses propres expériences : il devient un territoire sur lequel les États-Unis et les organisations internationales interviennent en fonction de leurs intérêts.

Le recours envisagé aux armes biologiques montre que ces puissances ne maîtrisent pas davantage la situation que l’ancien gouvernement japonais. Sous prétexte d’éviter une catastrophe mondiale, elles se montrent prêtes à sacrifier les survivants encore présents dans la ville.

Un spectacle graphique vertigineux

Otomo repousse une nouvelle fois les limites de son dessin. Les ruines, les véhicules militaires, les mouvements de foule et les manifestations psychiques sont représentés avec une précision presque obsessionnelle.

Les démonstrations de Tetsuo atteignent une échelle rarement vue dans une bande dessinée. Pourtant, même lorsque l’action se déplace entre Néo-Tokyo, l’espace et un porte-avions, la mise en scène conserve une remarquable lisibilité.

Cette démesure peut aussi devenir épuisante. Le volume enchaîne les affrontements, les opérations militaires et les déplacements entre plusieurs groupes. La multiplication des enjeux ralentit parfois la progression vers le face-à-face que le lecteur attend réellement.

Une avant-dernière étape très dense

Ce cinquième tome doit réunir les personnages, préparer l’assaut contre l’Empire et expliquer la nouvelle nature des pouvoirs de Tetsuo. Il remplit efficacement cette fonction, mais son statut d’avant-dernier volume reste perceptible.

Plusieurs confrontations sont interrompues ou reportées, tandis que les nombreuses factions convergent lentement vers le stade olympique. L’histoire paraît parfois retenir son véritable dénouement malgré l’intensité constante de l’action.

Cette construction ne diminue pas la puissance du volume, mais elle l’empêche de posséder la même autonomie que le troisième tome. Tout mène désormais directement à la conclusion.

En résumé

Le cinquième tome d’Akira retrouve Kaneda, confirme Kei comme véritable héroïne et transforme Tetsuo en menace planétaire. Otomo élargit encore son récit en intégrant l’intervention américaine et les conséquences internationales de la catastrophe. L’ensemble est graphiquement prodigieux et politiquement riche, même si la multiplication des factions et des scènes d’action rend parfois la lecture particulièrement dense. Une avant-dernière étape monumentale qui prépare brillamment l’affrontement final.

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