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Boule & Bill 2

Affiche de Boule & Bill 2

Boule & Bill 2

Réalisation : Pascal Bourdiaux

Avec : Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Charlie Langendries, Jean-François Cayrey

Production / distribution : LGM Productions, Pathé Films, TF1 Films Production / Pathé Films

Durée : 1 h 20

Adaptation : BD franco-belge

Sortie : 12 avril 2017

1/5

Après le succès du premier Boule & Bill, qui avait approché les deux millions d’entrées, une suite arrive en 2017 sous la direction de Pascal Bourdiaux. Franck Dubosc reste le père de Boule, tandis que Mathilde Seigner remplace Marina Foïs et Charlie Langendries reprend le rôle de Boule. Cette fois, le film tente davantage de reproduire l’aspect cartoonesque de la BD… mais semble croire qu’il suffit d’en faire toujours plus pour retrouver Roba.

Une idée de départ assez étrange

La famille de Boule vit désormais dans un bonheur presque parfait. Le père est devenu un auteur de bande dessinée reconnu, mais sa nouvelle éditrice estime justement que cette vie trop heureuse nuit à sa créativité. Pour retrouver l’inspiration, il décide donc de provoquer volontairement des problèmes dans sa propre famille.

L’idée pourrait éventuellement servir de point de départ à quelques gags, mais elle devient rapidement difficile à accepter comme véritable intrigue. Le père se met volontairement à multiplier les bêtises pour rendre sa famille malheureuse, avant que les autres membres du foyer entrent eux aussi dans cette étrange compétition. On s’éloigne alors énormément de la simplicité de Roba.

Le premier film construisait une comédie familiale assez conventionnelle autour de l’arrivée de Bill. Cette suite cherche au contraire à devenir plus folle. Sur le papier, ce changement aurait pu la rapprocher de la BD. Dans les faits, elle tombe surtout dans une surenchère encore plus artificielle.

Franck Dubosc devient presque le personnage principal

C’était déjà l’un des problèmes du premier film, mais Boule & Bill 2 l’accentue considérablement : le père prend énormément de place. Boule et Bill donnent leur nom au film, pourtant une grande partie de l’histoire repose sur les états d’âme et les pitreries du personnage de Franck Dubosc.

L’acteur joue exactement le registre que le scénario lui demande, mais celui-ci devient rapidement envahissant. Le père cherche volontairement à provoquer des catastrophes, multiplie les comportements absurdes et finit parfois par ressembler davantage à un personnage de sketch qu’au père imaginé par Roba.

Ce choix déséquilibre complètement l’adaptation. Boule devrait être le cœur de cet univers et Bill son inséparable compagnon. Ils deviennent régulièrement les spectateurs d’une comédie construite autour des adultes.

Mathilde Seigner remplace Marina Foïs

Le changement de mère est forcément visible puisque Mathilde Seigner succède à Marina Foïs. Elle apporte au personnage une personnalité différente, plus directe, qui fonctionne plutôt bien face à Franck Dubosc. Certaines de leurs confrontations font même partie des moments les plus efficaces du film.

Mais elle finit elle aussi entraînée dans la mécanique générale de surenchère. Puisque toute la famille doit participer à cette entreprise consistant à détruire son propre bonheur, chacun doit progressivement devenir plus excessif. Les personnages ne réagissent donc plus naturellement aux événements : ils doivent fabriquer eux-mêmes les situations censées faire rire.

Et c’est précisément là que le film perd quelque chose d’essentiel de Boule & Bill.

Boule et Bill deviennent presque secondaires

Charlie Langendries reprend le personnage de Boule, Charles Crombez étant devenu trop âgé depuis le premier film. Le jeune acteur possède la bouille nécessaire et sa relation avec Bill conserve une certaine tendresse. Les scènes autour de l’école permettent également de retrouver quelques situations plus proches d’un univers enfantin.

Mais le problème est presque dans le titre : Boule et Bill ne semblent plus vraiment être les personnages principaux de Boule & Bill 2. Bill en particulier manque étonnamment de place. Il intervient dans plusieurs gags et conserve la voix de Manu Payet, mais le scénario s’intéresse beaucoup plus aux problèmes du père qu’à la relation entre l’enfant et son chien.

C’est une drôle de manière d’adapter une BD dont toute l’identité repose précisément sur ce duo.

Une mise en scène qui veut transformer la BD en cartoon

Pascal Bourdiaux adopte une réalisation beaucoup plus ouvertement cartoonesque. Les couleurs sont très appuyées, les décors volontairement artificiels et les situations physiques se multiplient. Accidents, chutes, objets incontrôlables et catastrophes donnent parfois l’impression de regarder une bande dessinée ayant décidé de s’agiter dans tous les sens.

Visuellement, cette direction possède au moins une véritable personnalité. L’esthétique rétro est assumée et certains plans cherchent manifestement à retrouver la composition et les couleurs d’une BD. Le film paraît même parfois plus proche graphiquement de son matériau d’origine que son prédécesseur.

Mais la mise en scène confond trop souvent énergie et agitation. Tout est souligné, accéléré ou exagéré. Le film veut tellement ressembler à un cartoon qu’il finit par oublier que Roba n’avait pas besoin de transformer chaque page en gigantesque catastrophe.

Roba faisait rire avec beaucoup moins

C’est sans doute la principale différence avec la BD. Boule & Bill reposait sur une observation très simple du quotidien : un enfant, son chien, ses parents, Caroline la tortue, les voisins, l’école ou une promenade pouvaient suffire à construire un gag.

Roba n’avait pas besoin d’enjeux gigantesques parce que son humour venait des personnages. Bill avait sa logique, Boule connaissait parfaitement son chien, le père tentait de conserver un minimum d’autorité et toute cette petite famille fonctionnait grâce à des rapports immédiatement compréhensibles.

Boule & Bill 2 semble ne pas faire confiance à cette simplicité. Il ajoute donc du slapstick, des comportements absurdes, des gags beaucoup plus lourds et une famille qui cherche volontairement à provoquer le chaos. Même lorsque certaines idées fonctionnent individuellement, leur accumulation finit par fatiguer.

Une suite plus folle, mais pas plus drôle

C’est le paradoxe du film. Le premier Boule & Bill était trop sage et ressemblait parfois à une comédie familiale générique. Cette suite tente clairement de corriger le problème en devenant plus visuelle, plus burlesque et plus proche d’un dessin animé.

Mais le curseur est poussé beaucoup trop loin. Là où il aurait fallu retrouver la fantaisie de Roba, le film choisit régulièrement la grosse farce. Certains gags deviennent très enfantins, voire franchement lourds, et la mise en scène les souligne encore davantage. La critique de Télérama relevait elle aussi cette tendance à confondre la candeur de l’univers avec l’infantilisme.

La douceur qui faisait le charme de la BD disparaît progressivement derrière cette agitation. On reconnaît davantage l’univers de Boule & Bill à l’image, mais paradoxalement on le ressent moins.

Un échec qui met fin à cette version de Boule et Bill

Le contraste commercial avec le premier film est important. Boule & Bill 2 ne totalise que 471 022 entrées en France, très loin du résultat obtenu quatre ans auparavant. Le public d’AlloCiné lui attribue également une moyenne de 1,7/5, tandis que la presse référencée sur le site atteint 2,2/5.

Cette incarnation cinématographique s’arrêtera donc avec ce deuxième volet. Et malgré quelques bonnes intentions visuelles, difficile de véritablement le regretter : en voulant corriger le manque de folie du premier, la suite est simplement partie beaucoup trop loin dans l’autre direction.

En résumé

Boule & Bill 2 possède davantage de personnalité visuelle que le premier film, mais perd la simplicité et la tendresse de Roba dans une surenchère de gags. Franck Dubosc prend énormément de place, Boule et surtout Bill deviennent presque secondaires, tandis que la mise en scène transforme trop souvent la fantaisie de la BD en agitation permanente.

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