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Supergirl

Affiche de Supergirl

Supergirl

Titre original : Supergirl

Réalisation : Jeannot Szwarc

Avec : Helen Slater, Faye Dunaway, Peter O'Toole

Production / distribution : Alexander Salkind, Ilya Salkind / UGC en France

Durée : 2 h 04

Adaptation : Comics

Sortie : 26 décembre 1984

2/5

Alors que Christopher Reeve incarne encore Superman au cinéma, les producteurs Alexander et Ilya Salkind tentent en 1984 d’étendre son univers avec Supergirl. Helen Slater obtient ainsi son premier grand rôle face à un casting impressionnant comprenant Faye Dunaway et Peter O’Toole. Sur le papier, tout est réuni pour lancer une nouvelle branche de la franchise. À l’écran, le résultat ressemble malheureusement davantage à un conte fantastique maladroit qu’à une véritable aventure de super-héroïne.

Helen Slater méritait un meilleur film

La principale réussite reste Helen Slater. À seulement 20 ans lors du tournage, elle possède immédiatement l’allure nécessaire et dégage une innocence qui correspond bien à Kara. Son costume s’inscrit naturellement dans celui de Christopher Reeve sans donner l’impression d’une simple copie.

Le film fonctionne d’ailleurs plutôt bien lorsqu’il lui permet simplement de découvrir la Terre et ses nouvelles capacités. Slater apporte de la fraîcheur et aurait parfaitement pu porter plusieurs aventures. Le problème est que le scénario s’intéresse finalement assez peu à la construction de Supergirl en tant qu’héroïne.

Une intrigue beaucoup trop fragile

L’histoire repose sur la disparition de l’Omegahedron, une source d’énergie indispensable à Argo City que Kara vient rechercher sur Terre. L’objet tombe entre les mains de Selena, une sorcière interprétée par Faye Dunaway, et le film bascule rapidement vers une étrange combinaison de super-héros, magie, romance adolescente et conte de fées.

L’ensemble manque surtout de cohérence. Plutôt que de construire progressivement Kara, ses pouvoirs et son adaptation à notre monde, le scénario multiplie les péripéties fantastiques et accorde une place étonnamment importante à une intrigue sentimentale particulièrement artificielle.

Faye Dunaway en fait énormément

Selena pourrait constituer une adversaire intéressante puisque la magie représente traditionnellement une menace particulière pour les Kryptoniens. Mais Faye Dunaway joue volontairement la sorcière comme une immense caricature.

Ses scènes avec Brenda Vaccaro sont parfois amusantes, mais elles appartiennent presque à une autre œuvre. Selena oscille entre méchante de dessin animé, sorcière de conte pour enfants et femme jalouse, sans jamais devenir une adversaire véritablement inquiétante.

Peter O’Toole, de son côté, apporte un peu de prestige et d’émotion à Zaltar, même si son personnage reste assez étrange. Le casting paraît finalement beaucoup plus luxueux que le scénario qu’on lui donne à jouer.

Superman est absent, mais son univers reste présent

Christopher Reeve n’apparaît pas, son absence étant rapidement justifiée dans le film. Supergirl cherche néanmoins clairement à appartenir au même univers : Marc McClure reprend notamment son rôle de Jimmy Olsen et plusieurs références établissent la connexion avec Superman.

C’est précisément ce qui rend le résultat décevant. Le film disposait d’une occasion idéale pour montrer que cet univers pouvait continuer à exister indépendamment de Superman. Au lieu de véritablement construire Supergirl, il propose une aventure fantastique assez générique à laquelle on aurait ajouté une Kryptonienne.

Un échec qui condamne immédiatement la série

Jeannot Szwarc propose quelques jolies images et les séquences de vol conservent un certain charme typique des productions de l’époque. Mais avec plus de deux heures dans sa version longue, le film souffre d’un rythme particulièrement laborieux et d’un ton constamment hésitant.

L’échec commercial mettra rapidement fin aux ambitions d’une franchise parallèle. C’est dommage surtout pour Helen Slater : son interprétation laisse penser qu’une bien meilleure Supergirl était possible avec elle.

En résumé

Supergirl possède une excellente Helen Slater et quelques idées intéressantes, mais son scénario confus, sa romance artificielle et son mélange maladroit de magie et de comédie empêchent Kara de véritablement prendre son envol. Un spin-off raté dont l’actrice principale reste pourtant l’une des bonnes surprises.

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