The Crow : La Cité des anges
Titre original : The Crow: City of Angels
Avec : Vincent Perez, Mia Kirshner, Richard Brooks, Iggy Pop
Production / distribution : Dimension Films, Bad Bird Productions, Jeff Most Productions / Metropolitan Filmexport (France)
Durée : 1 h 24
Adaptation : Comics
Sortie : 5 février 1997
Deux ans après The Crow, Hollywood tente déjà de prolonger le phénomène sans Eric Draven ni Brandon Lee. Cette fois, le corbeau ramène Ashe Corven parmi les morts afin qu’il puisse venger son fils et lui-même. Vincent Perez hérite alors d’une mission pratiquement impossible : succéder à une incarnation devenue instantanément mythique tout en reproduisant un univers dont la singularité semblait difficilement reproductible.
Même principe, autre personnage
Sur le papier, remplacer Eric plutôt que le ressusciter était la bonne décision. Ashe Corven possède sa propre tragédie : assassiné avec son jeune fils après avoir assisté à un règlement de comptes, il revient pour éliminer leurs meurtriers.
Le problème est que le scénario de David S. Goyer reproduit tellement la mécanique du premier film qu’Ashe peine à devenir autre chose qu’un nouveau Crow. Meurtre, résurrection, maquillage, élimination progressive des responsables, grand méchant : la structure donne constamment l’impression d’assister à une variation moins inspirée de ce que l’on vient déjà de voir.
La présence de Sarah, désormais adulte et interprétée par Mia Kirshner, assure même directement la connexion avec le film précédent. L’idée est intéressante, mais renforce encore davantage la comparaison.
Vincent Perez fait ce qu’il peut derrière l’ombre de Brandon Lee
Vincent Perez n’est pas mauvais. Il apporte même à Ashe une sensibilité et une énergie différentes de celles de Brandon Lee. Le problème est surtout que le film lui demande régulièrement de retrouver les attitudes, la silhouette et la théâtralité qui avaient fait d’Eric Draven une icône.
Dès que le maquillage apparaît, la comparaison devient inévitable — et particulièrement cruelle. Là où Brandon Lee semblait naturellement osciller entre douleur, humour et folie, Vincent Perez paraît parfois davantage jouer The Crowqu’incarner un personnage devenu The Crow.
Ce n’est pas tant l’acteur qui échoue que le film qui ne lui offre jamais une identité suffisamment différente.
Une vraie personnalité visuelle malgré tout
C’est là que La Cité des anges conserve son principal intérêt. Tim Pope ne reproduit pas exactement la ville nocturne et bleutée d’Alex Proyas. Son Los Angeles est noyé dans des teintes jaunes, rouges et orangées, presque suffocantes. Jean-Yves Escoffier signe une photographie qui donne parfois au film l’apparence d’un cauchemar industriel.
Certaines images sont réellement belles et l’atmosphère reste suffisamment travaillée pour éviter le simple téléfilm dérivé d’un succès. Iggy Pop apporte également une folie bienvenue parmi les antagonistes.
Mais l’esthétique ne suffit plus. Le premier The Crow utilisait son univers gothique pour raconter le deuil d’Eric. Ici, l’image devient trop souvent une fin en soi.
Une franchise qui montre déjà ses limites
C’est finalement le principal problème de cette première suite : elle révèle à quel point le concept de The Crow est difficile à transformer en formule. Changer le mort, modifier les assassins et déplacer l’action ne suffit pas.
Le film original fonctionnait grâce à une rencontre particulière entre le comic de James O’Barr, Alex Proyas, Brandon Lee, sa bande originale et son contexte. La Cité des anges conserve le principe surnaturel mais ne retrouve jamais cette alchimie.
Avec seulement 1 h 24 environ, le film ne s’éternise heureusement pas. Mais il donne déjà l’impression d’une franchise qui cherche à reproduire une légende plutôt qu’à trouver une véritable raison de continuer.
En résumé
The Crow : La Cité des anges n’est pas totalement dépourvu de qualités : sa photographie possède une vraie personnalité et Vincent Perez défend honnêtement Ashe Corven. Mais derrière ces quelques réussites se cache essentiellement une répétition beaucoup moins puissante du premier film.
Là où The Crow était une histoire de deuil devenue film culte, sa suite commence malheureusement à transformer cette singularité en recette.
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