Lore Olympus — Volume 9
Lore Olympus – Volume 9
Éditeur : Hugo BD
Sortie originale : 5 novembre 2025
Après des années de séparation, Perséphone est revenue aux Enfers et a revendiqué sa place de reine aux côtés d’Hadès. Cronos a été vaincu et emprisonné, mais les conséquences de son retour sont loin d’être réglées. Alors que l’Olympe attend désormais du couple un couronnement et même un mariage, Hadès et Perséphone voudraient simplement reconstruire leur royaume et définir eux-mêmes leur relation. Ce neuvième volume marque ainsi un tournant : après avoir longtemps raconté leur rapprochement, Lore Olympus doit maintenant montrer ce que signifie réellement être ensemble.
Enfin ensemble… mais pas vraiment tranquilles
Depuis les premiers volumes, Rachel Smythe a construit la relation entre Hadès et Perséphone sur l’attente, les obstacles et les non-dits. Leur réunion change forcément la dynamique. La question n’est plus tellement de savoir s’ils vont céder à leurs sentiments, mais comment ils vont réussir à vivre leur relation.
Et l’idée fonctionne plutôt bien. Perséphone n’est plus la jeune déesse naïve découvrant l’Olympe des débuts. Elle revient profondément transformée par ce qu’elle a traversé et revendique désormais sa place de reine. Hadès, de son côté, doit apprendre à construire avec elle une relation qui ne reproduise pas ses anciennes erreurs.
Rachel Smythe insiste beaucoup sur la communication et le consentement. Cela donne parfois des échanges presque trop démonstratifs, mais permet également de montrer un couple qui tente consciemment de bâtir quelque chose de plus sain que les nombreuses relations toxiques observées depuis le début de la série.
Perséphone doit devenir reine, pas seulement compagne d’Hadès
C’est probablement l’aspect le plus intéressant de ce tome. Le statut de Perséphone ne dépend désormais plus uniquement de sa relation avec Hadès. Elle doit comprendre ce que signifie être reine des Enfers et trouver sa propre manière d’exercer ce pouvoir.
Cela implique aussi de s’éloigner définitivement du rôle que Déméter avait imaginé pour elle. Depuis le commencement, une grande partie du parcours de Perséphone repose sur cette lutte entre ce que les autres attendent d’elle et ce qu’elle souhaite devenir. Son nouveau statut donne enfin une forme concrète à cette émancipation.
La série retrouve alors l’un de ses meilleurs thèmes : la difficulté de construire son identité lorsque tout le monde prétend savoir ce qui serait préférable pour vous. Même le mariage devient ici une nouvelle source de pression extérieure, les Olympiens souhaitant officialiser une relation qu’Hadès et Perséphone voudraient vivre à leur propre rythme.
Cronos reste une menace
Le récit ne se transforme heureusement pas uniquement en chronique sentimentale. Hadès et Perséphone cherchent également à comprendre comment Cronos a réussi à s’échapper du Tartare. Ils découvrent qu’un jeune dieu doté de pouvoirs particuliers est retenu prisonnier et que Cronos peut utiliser ses capacités pour projeter ses pensées au-delà de sa prison, notamment afin de tourmenter Héra.
Cette intrigue maintient une menace suffisamment importante pour dépasser les seuls problèmes du couple. Elle permet également d’explorer davantage les conséquences psychologiques des événements précédents plutôt que de considérer la défaite physique de Cronos comme une résolution définitive.
Le mélange entre romance, traumatismes personnels et intrigue mythologique est ambitieux. Il entraîne parfois une impression de dispersion, mais donne aussi à ce volume une densité que n’avaient pas forcément certains tomes intermédiaires.
Une romance beaucoup plus adulte
La relation entre Hadès et Perséphone devient également plus charnelle. Après avoir joué pendant des centaines de pages avec leur attirance, Rachel Smythe peut désormais explorer leur intimité beaucoup plus directement.
Ces passages restent cohérents avec l’importance accordée depuis le début de la série au consentement et à la reconstruction de Perséphone. Ils ne sont donc pas uniquement là pour récompenser les lecteurs ayant attendu leur rapprochement pendant plusieurs volumes.
L’édition papier profite d’ailleurs d’un chapitre bonus permettant d’aller un peu plus loin que la version numérique, certaines scènes ayant été limitées lors de leur diffusion sur la plateforme.
Visuellement, Lore Olympus reste immédiatement identifiable
Neuf volumes plus tard, l’impact visuel de la série reste intact. Les roses éclatants de Perséphone, les bleus d’Hadès et les contrastes beaucoup plus sombres associés à Cronos permettent à Rachel Smythe de raconter énormément par la couleur.
Le dessin continue volontairement à s’affranchir du réalisme. Les proportions changent, les silhouettes s’étirent et certains décors disparaissent presque complètement lorsqu’une émotion doit dominer la scène. Cette liberté constitue toujours l’une des grandes forces de Lore Olympus.
Le passage du Webtoon au papier conserve néanmoins quelques faiblesses. Certains changements de temporalité ou certaines transitions peuvent manquer de clarté une fois sortis du défilement vertical pour lequel ils avaient été conçus.
Une série qui doit maintenant gérer son propre succès narratif
Ce volume se trouve dans une position particulière. Pendant longtemps, la tension principale reposait sur l’impossibilité pour Hadès et Perséphone d’être réellement ensemble. Une fois cet obstacle levé, Rachel Smythe doit trouver de nouveaux moteurs sans provoquer artificiellement une nouvelle séparation.
Elle choisit intelligemment de déplacer les enjeux vers la construction du couple, le nouveau rôle de Perséphone et les conséquences de la menace de Cronos. Tout n’est pas parfaitement équilibré et le rythme demeure parfois très feuilletonnant, mais l’histoire évite de tourner en rond.
Après autant de pages consacrées à leur rapprochement, voir Hadès et Perséphone simplement apprendre à être ensemble apporte même une respiration bienvenue.
En résumé
Le volume 9 de Lore Olympus marque une nouvelle étape importante. Hadès et Perséphone sont enfin réunis, mais Rachel Smythe refuse d’en faire l’aboutissement définitif de leur histoire. Être amoureux était finalement la partie facile : ils doivent maintenant reconstruire les Enfers, affronter les séquelles laissées par Cronos et déterminer ce qu’ils veulent devenir ensemble.
Le récit reste parfois dispersé et certaines conversations explicitent un peu trop leurs intentions, mais Perséphone poursuit surtout une évolution particulièrement intéressante. Elle n’est plus seulement la déesse du printemps dont Hadès est tombé amoureux : elle devient progressivement une reine capable de définir elle-même sa place.
Visuellement toujours superbe et plus mature dans sa manière d’aborder le couple, ce neuvième volume réussit donc une transition délicate et ouvre une nouvelle phase de la série sans renier tout ce qui a été construit auparavant.
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