Largo Winch : Le Prix de l’argent
Avec : Tomer Sisley, James Franco, Clotilde Hesme, Élise Tilloloy, Denis O’Hare
Production / distribution : Pan Cinéma, Versus Production / Pan Distribution
Durée : 1 h 40
Adaptation : BD franco-belge
Sortie : 31 juillet 2024
Treize ans après Largo Winch II, Tomer Sisley reprend enfin le costume de l’héritier milliardaire. Nouveau réalisateur, nouvelle intrigue et volonté manifeste de moderniser la saga : Le Prix de l’argent avait tout pour relancer la franchise. Malheureusement, ce troisième volet revient avec beaucoup d’énergie, mais un scénario qui peine à justifier une si longue attente.
Largo n’a plus rien à perdre
Le fils de Largo, Noom, est enlevé tandis qu’une machination menace simultanément le groupe W. Pour le retrouver, Largo se lance dans une traque qui le conduit du Canada à Bangkok puis en Birmanie, tout en découvrant que les événements sont liés à son propre passé.
Sur le papier, l’idée est efficace : attaquer Largo à la fois comme père et comme homme d’affaires permet de rendre l’enjeu beaucoup plus personnel. Le film cherche ainsi un héros plus vulnérable, marqué par les années et obligé de mesurer les conséquences de ses choix.
Le problème vient surtout de la mécanique utilisée pour y parvenir. Le scénario accumule les révélations et les coïncidences, tandis que certains personnages semblent essentiellement exister pour conduire Largo vers l’étape suivante. À force de vouloir maintenir le rythme, le récit perd en crédibilité et surtout en finesse.
Tomer Sisley tient toujours Largo Winch
Tomer Sisley reste la meilleure raison de suivre cette troisième aventure. Treize années ont passé et le film ne cherche heureusement pas à le dissimuler. Son Largo est plus fatigué, plus grave, mais conserve cette capacité à passer de l’homme d’affaires au héros d’action sans que la transformation paraisse totalement artificielle.
Face à lui, James Franco incarne Ezio Burntwood, antagoniste directement lié à la nouvelle machination. L’opposition aurait pu donner au film une confrontation particulièrement forte, mais le personnage souffre d’une écriture assez conventionnelle. Clotilde Hesme et Élise Tilloloy complètent une distribution correcte, sans parvenir à compenser le manque d’épaisseur de plusieurs rôles.
Une vraie volonté de retrouver l’aventure
Olivier Masset-Depasse succède à Jérôme Salle et cherche clairement à donner un nouveau souffle visuel à la franchise. Le film voyage énormément et multiplie les environnements, des paysages enneigés canadiens à Bangkok et aux mines birmanes. Le tournage a d’ailleurs été réalisé dans plusieurs pays et dans des conditions parfois particulièrement difficiles.
Certaines séquences d’action fonctionnent bien et Tomer Sisley continue de s’investir physiquement dans le personnage. Pourtant, l’accumulation de poursuites et d’affrontements ne suffit pas à retrouver l’élégance du premier film. Le spectacle est présent, mais rarement mémorable.
Et Largo Winch dans tout ça ?
C’est peut-être là que Le Prix de l’argent déçoit le plus. Le film s’inspire pourtant des tomes 13 et 14, Le Prix de l’argentet La Loi du dollar, mais conserve surtout leur matière pour construire un thriller d’action très libre.
Or Largo Winch n’est pas seulement un aventurier milliardaire capable de se battre et de parcourir le monde. L’intérêt de la BD vient aussi des mécanismes financiers, des prises de contrôle, des rapports de pouvoir et de la manière dont Largo tente de conserver sa liberté au milieu d’un empire économique gigantesque. Ici, cette dimension paraît une nouvelle fois secondaire.
Après treize ans d’absence, on pouvait justement espérer que ce troisième film revienne davantage à cette singularité. À la place, Le Prix de l’argent ressemble trop souvent à un film d’action international assez générique auquel on aurait greffé Largo Winch.
En résumé
Tomer Sisley n’a rien perdu de son attachement au personnage et plusieurs scènes témoignent d’une véritable ambition. Mais Largo Winch : Le Prix de l’argent souffre d’un scénario trop mécanique, de personnages insuffisamment développés et d’une intrigue qui exploite trop peu ce qui distingue réellement Largo Winch des autres héros d’action.
Après treize années d’attente, ce troisième volet aurait dû constituer une véritable renaissance. Il donne plutôt l’impression d’une tentative de relance qui possède les moyens et le héros nécessaires, mais pas suffisamment de matière pour retrouver l’efficacité du premier film.
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