Naruto — Tome 39
Naruto 39
Éditeur : Kana
Sortie originale : 28 novembre 2008
Avec ce trente-neuvième tome de Naruto, Masashi Kishimoto poursuit l’évolution de Sasuke, désormais libéré de l’emprise d’Orochimaru et déterminé à retrouver son frère Itachi. Accompagné de Suigetsu, Karin et Jûgo, le jeune Uchiwa se rapproche de son objectif, mais doit faire face à un adversaire particulièrement dangereux : Deidara. Entre affrontements spectaculaires et tensions grandissantes au sein de l’Akatsuki, ce volume privilégie l’action tout en préparant de nouveaux bouleversements.
Sasuke, une détermination devenue obsessionnelle
Depuis sa victoire contre Orochimaru, Sasuke semble avoir franchi une nouvelle étape. Désormais à la tête de sa propre équipe, il dispose d’une liberté d’action qu’il ne possédait pas auparavant. Pourtant, cette indépendance ne modifie en rien son objectif : retrouver Itachi et accomplir sa vengeance.
Kishimoto présente un personnage toujours plus froid, méthodique et sûr de ses capacités. Contrairement à Naruto, qui puise sa force dans les liens qu’il entretient avec les autres, Sasuke semble considérer ses compagnons avant tout comme des alliés nécessaires à sa mission.
Cette attitude donne une dimension inquiétante à son évolution. Même lorsqu’il agit avec intelligence et maîtrise, le jeune Uchiwa paraît incapable d’envisager un avenir qui ne serait pas entièrement consacré à la destruction de son frère.
Deidara, un adversaire aussi dangereux qu’imprévisible
La confrontation avec Deidara constitue le principal intérêt du tome. Membre de l’Akatsuki, ce dernier possède une conception très personnelle de l’art, qu’il associe à la beauté éphémère des explosions. Face à Sasuke, il trouve un adversaire dont le calme et l’assurance ne font qu’accentuer sa frustration.
Kishimoto exploite efficacement l’opposition entre les deux personnages. Là où Sasuke privilégie l’analyse et la précision, Deidara multiplie les attaques spectaculaires, utilisant ses créations explosives pour tenter de prendre l’avantage.
Le combat dépasse ainsi la simple démonstration de puissance. Il devient un affrontement entre deux tempéraments et deux manières de concevoir leurs capacités, chacun cherchant à imposer sa supériorité à l’autre.
Un affrontement fondé sur la stratégie
L’une des grandes qualités de cette confrontation réside dans l’importance accordée à la réflexion. Sasuke doit comprendre le fonctionnement des techniques de Deidara et trouver des moyens de neutraliser des attaques toujours plus dangereuses.
Kishimoto multiplie les retournements sans abandonner complètement la logique des pouvoirs. L’utilisation du Sharingan et des techniques électriques permet à Sasuke d’exploiter certaines faiblesses de son adversaire, donnant au combat une dimension tactique appréciable.
Cette approche rappelle les meilleurs affrontements de la première partie du manga, lorsque l’observation et l’intelligence pouvaient faire la différence face à un adversaire plus spectaculaire. La multiplication des techniques extraordinaires peut néanmoins rendre certains passages particulièrement chargés.
L’Akatsuki continue de dévoiler ses ambitions
En parallèle, le manga poursuit le développement de l’Akatsuki et de ses membres. Derrière les affrontements individuels se dessine une organisation dont les objectifs dépassent largement les rivalités personnelles.
Les échanges entre ses différents représentants entretiennent une part de mystère, notamment autour de leurs véritables intentions et de la place qu’occupe Itachi dans leurs projets. Kishimoto continue ainsi d’élargir les enjeux de son récit, tout en conservant Sasuke comme principal moteur de l’intrigue.
Cette construction permet de préparer les événements à venir, même si certaines scènes donnent davantage l’impression d’annoncer de futurs développements que de faire progresser immédiatement l’histoire.
Un dessin spectaculaire, parfois au détriment de la lisibilité
Graphiquement, Masashi Kishimoto se montre particulièrement ambitieux. Les explosions de Deidara, les mouvements de Sasuke et les différentes transformations des techniques donnent lieu à des compositions impressionnantes, qui exploitent pleinement les possibilités du noir et blanc.
L’auteur réussit notamment à traduire la violence des attaques et la rapidité des réactions. Les changements d’échelle, entre les gros plans sur les personnages et les destructions massives, renforcent l’intensité de l’affrontement.
Cette démesure possède toutefois ses limites. Certaines pages deviennent plus difficiles à déchiffrer lorsque les effets visuels s’accumulent, et le rythme soutenu laisse relativement peu de place aux moments de respiration.
Un tome efficace, mais dominé par l’action
Ce trente-neuvième volume remplit pleinement sa fonction dans la progression de l’intrigue consacrée à Sasuke. Il confirme la puissance acquise par le personnage et montre que sa quête d’Itachi l’entraîne désormais dans des confrontations de plus en plus dangereuses.
Le principal reproche concerne la place prépondérante accordée au combat. Si l’affrontement contre Deidara est inventif et spectaculaire, il laisse moins d’espace au développement psychologique des personnages que certains volumes précédents.
L’ensemble reste néanmoins particulièrement divertissant. Kishimoto maîtrise suffisamment les enjeux et les capacités de ses protagonistes pour maintenir une tension constante, tout en préparant une confrontation familiale attendue depuis longtemps.
En résumé
Naruto, tome 39, est un volume intense qui met en avant l’affrontement entre Sasuke et Deidara. Masashi Kishimoto propose un combat spectaculaire, fondé autant sur la stratégie que sur la puissance, tout en poursuivant la progression de la vengeance du jeune Uchiwa. Malgré une narration parfois dominée par la surenchère des techniques, ce tome reste particulièrement efficace et prépare des événements majeurs pour la suite de la série.
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