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L’Amnésie des Dalton

Couverture de L’Amnésie des Dalton

Lucky Luke — Tome 29

L’Amnésie des Dalton

Xavier Fauche, Jean Léturgie, Morris et le studio Leonardo

Éditeur : Lucky Productions

Sortie originale : 1 septembre 1991

4/5

Après avoir découvert qu’un détenu amnésique peut être libéré, les Dalton décident de prétendre avoir perdu la mémoire. Lucky Luke reçoit alors l’autorisation de leur faire commettre de nouveaux braquages afin de réveiller leurs souvenirs. Cette idée particulièrement malicieuse renouvelle efficacement les évasions habituelles et offre aux quatre frères certains de leurs meilleurs rôles depuis la disparition de Goscinny.

Une ruse parfaitement adaptée aux Dalton

Le plan imaginé par Joe possède cette combinaison d’intelligence et d’absurdité qui caractérise les meilleures aventures des Dalton. Les quatre frères doivent convaincre les médecins qu’ils ont entièrement oublié leur passé criminel afin d’obtenir leur libération.

Chacun interprète naturellement l’amnésie à sa manière. Joe tente de maintenir la cohérence du mensonge, tandis qu’Averell peine à comprendre ce qu’il est censé avoir oublié. Jack et William suivent les ordres sans toujours mesurer leurs contradictions.

Le scénario exploite très bien leurs différences de caractère. La supercherie paraît suffisamment crédible pour faire avancer l’histoire, tout en restant constamment menacée par leur propre stupidité.

Lucky Luke complice de faux braquages

Pour vérifier leur guérison, Lucky Luke doit replacer les Dalton dans les situations de leurs anciens crimes. Le cow-boy les accompagne donc dans des banques et leur ordonne de reproduire leurs méthodes habituelles.

Ce renversement constitue la meilleure idée de l’album. Lucky Luke se retrouve officiellement chargé d’organiser des attaques, tandis que les Dalton doivent résister à leur instinct pour ne pas révéler qu’ils se souviennent parfaitement de leur métier.

La mécanique produit d’excellents gags, particulièrement lorsque les employés et les habitants ne comprennent pas pourquoi le célèbre justicier aide les quatre bandits. Le héros conserve toutefois toujours une longueur d’avance et transforme progressivement leur propre mensonge en piège.

Les Dalton véritablement au centre du récit

Contrairement à plusieurs albums où ils interviennent seulement pour apporter une menace familière, les Dalton sont ici indispensables au scénario. Toute l’intrigue repose sur leur jeu d’acteurs, leurs disputes et leurs efforts pour ne pas retrouver trop rapidement la mémoire.

Averell connaît même une transformation surprenante puisqu’il perd temporairement son célèbre appétit. Ce bouleversement inquiète presque davantage ses frères que leur possible retour en prison.

Le passage chez Ma Dalton permet également de confronter leur prétendue amnésie à une personne qui les connaît intimement. Ces retrouvailles restent brèves, mais prolongent efficacement le principe du récit.

Rantanplan perd lui aussi la tête

Après avoir reçu un choc, Rantanplan se prend pour un chat. Ce gag secondaire accompagne l’amnésie des Dalton en montrant une véritable perte d’identité, beaucoup plus sincère que celle des quatre frères.

Ses interventions restent absurdes, mais elles ne détournent pas excessivement l’attention de l’intrigue principale. Le contraste entre le chien persuadé d’être devenu félin et les Dalton prétendant ne plus être criminels fonctionne particulièrement bien.

Rantanplan demeure toutefois utilisé comme une mécanique comique indépendante. Sa transformation apporte plusieurs pauses amusantes sans influencer réellement le dénouement.

Une idée brillante légèrement répétée

La succession des faux braquages permet de varier les décors et les situations, mais repose toujours sur la même tension : les Dalton doivent accomplir leurs crimes sans montrer qu’ils savent encore parfaitement comment s’y prendre.

Le procédé finit donc par devenir prévisible. Le lecteur comprend rapidement que Joe ou l’un de ses frères commettra l’erreur révélant la supercherie.

Le rythme et les dialogues évitent heureusement l’essoufflement. Morris retrouve également une belle énergie dans les réactions des Dalton, les scènes de prison et les braquages volontairement désorganisés.

En résumé

L’Amnésie des Dalton repose sur une idée simple mais remarquablement adaptée à ses personnages. La fausse perte de mémoire transforme Lucky Luke en organisateur de braquages et oblige les Dalton à lutter contre leur propre nature. Malgré quelques répétitions et un rôle secondaire de Rantanplan assez détaché de l’intrigue, l’album se montre drôle, cohérent et inventif. L’une des meilleures aventures des Dalton de la période post-Goscinny.

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