Thor — Tome 2
Les Dernières Heures de Midgard
Éditeur : Panini Comics
Sortie originale : 13 mars 2019
Après Le Massacreur de dieux, Jason Aaron poursuit sa relecture ambitieuse de Thor avec Les Dernières Heures de Midgard. Cette fois, le dieu du Tonnerre doit protéger la Terre d’une menace qui ne se résume pas à un ennemi à combattre : la destruction progressive de son environnement. Entre critique écologique, affrontements spectaculaires et visions d’un avenir lointain, le scénariste confirme sa volonté de donner une dimension mythologique et politique au héros Marvel.
Thor face aux ravages de l’humanité
L’un des principaux intérêts de l’album réside dans son discours écologique. Thor se retrouve confronté aux activités de Roxxon, une multinationale dont l’exploitation des ressources menace directement la planète.
Jason Aaron oppose ainsi la puissance d’un dieu à des adversaires qui utilisent l’argent, la politique et les mécanismes économiques pour imposer leur volonté. Cette confrontation fonctionne particulièrement bien, car les pouvoirs de Thor ne suffisent pas à résoudre tous les problèmes.
Le propos est parfois très appuyé, notamment dans la représentation caricaturale de certains dirigeants, mais il donne au récit une résonance contemporaine.
Le vieux Thor et les derniers jours de l’univers
En parallèle, Jason Aaron poursuit les aventures du Thor du futur, devenu un roi vieillissant confronté à la disparition progressive de la vie.
Cette intrigue apporte une dimension mélancolique à l’ensemble. Elle permet également de retrouver Galactus dans un affrontement d’une ampleur véritablement cosmique.
L’alternance entre les deux époques constitue l’une des grandes forces de l’album, même si les transitions peuvent parfois rompre le rythme de la narration.
Des dessins spectaculaires, mais des styles contrastés
Esad Ribić retrouve toute sa puissance graphique dans les séquences mythologiques. Ses compositions monumentales et son traitement des personnages donnent aux affrontements une dimension presque picturale.
Ron Garney adopte une approche plus nerveuse et directe, particulièrement adaptée aux passages contemporains. La différence entre les deux artistes est sensible, mais elle accompagne assez naturellement les changements d’ambiance.
Le récit souffre néanmoins de quelques longueurs et d’une tendance à multiplier les démonstrations de puissance au détriment des personnages secondaires.
En résumé
Thor – Les Dernières Heures de Midgard prolonge efficacement la vision de Jason Aaron. Moins immédiatement marquant que Le Massacreur de dieux, cet album séduit par ses ambitions écologiques, ses réflexions sur la responsabilité et ses impressionnants affrontements cosmiques. Malgré un discours parfois trop démonstratif, il constitue une excellente continuation de cette période de Thor.
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