Gaston — Tome 1
Premières gaffes
Éditeur : Dupuis
Sortie originale : 16 mars 2018
Avec Premières gaffes, André Franquin et Jidéhem nous ramènent aux origines de Gaston Lagaffe, l’employé le plus imprévisible de la rédaction de Spirou. Loin des inventions démesurées et des catastrophes spectaculaires qui feront sa réputation, le personnage apparaît ici dans une forme encore hésitante. Un premier volume intéressant pour comprendre la naissance d’un monument de la bande dessinée, mais dont l’humour reste sensiblement moins abouti que celui des albums suivants.
Les premiers pas d’un anti-héros
Lorsque Gaston fait son apparition à la rédaction, personne ne semble véritablement savoir pourquoi il est là. Lui-même paraît incapable d’expliquer précisément son rôle. Cette situation absurde constitue déjà une excellente idée : introduire dans un univers professionnel un personnage qui n’a aucune raison d’y travailler.
Gaston se distingue immédiatement par son insouciance, sa maladresse et son indifférence aux obligations. Contrairement aux héros traditionnels, il n’accomplit aucun exploit et ne cherche même pas à se rendre utile.
Cette personnalité atypique représente la véritable réussite de ces premières aventures. Franquin invente un personnage dont le refus instinctif des conventions deviendra progressivement la principale force comique.
Un humour encore expérimental
Les premiers gags de Gaston ne possèdent pas tous la construction élaborée des albums ultérieurs. Certaines situations reposent sur une simple maladresse, une distraction ou une réaction étonnée de ses collègues.
Le rythme demeure parfois irrégulier, et plusieurs chutes provoquent davantage un sourire qu’un véritable éclat de rire. La série cherche encore sa formule, entre apparitions humoristiques et gags plus développés.
Mais quelques séquences laissent déjà entrevoir le potentiel du personnage. Son innocence face aux catastrophes qu’il provoque et son incapacité à comprendre les reproches de son entourage constituent des ressorts particulièrement prometteurs.
Un dessin qui annonce le génie de Franquin
Graphiquement, cet album permet d’observer les premières étapes de l’évolution de Gaston. Sa silhouette, ses expressions et ses attitudes ne possèdent pas encore toute la souplesse qui caractérisera les grandes années de la série.
Le dessin de Franquin reste néanmoins expressif. Les réactions de Fantasio et les postures décontractées de Gaston donnent déjà une véritable personnalité aux situations.
La collaboration avec Jidéhem participe à la construction de cet environnement de bureau qui deviendra progressivement indissociable du personnage.
L’intérêt graphique du volume tient donc autant à ses qualités propres qu’à la possibilité de découvrir comment Franquin affine peu à peu son héros.
Un album fondateur plutôt qu’un chef-d’œuvre
Il serait difficile de considérer Premières gaffes comme l’un des meilleurs albums de Gaston. L’univers reste limité, les personnages secondaires sont encore peu développés et l’humour manque parfois de surprise.
En revanche, sa valeur historique est indéniable. On y découvre les fondations d’une série qui bouleversera progressivement les codes de la bande dessinée humoristique.
Ce premier volume s’adresse donc particulièrement aux lecteurs curieux de retrouver les origines du personnage. Ceux qui recherchent les gags les plus inventifs de Franquin auront davantage intérêt à se tourner vers les albums suivants.
En résumé
Gaston – Tome 1 : Premières gaffes est un album attachant, mais encore modeste sur le plan humoristique. Franquin et Jidéhem posent les bases d’un personnage immédiatement sympathique, sans atteindre la richesse graphique et comique des volumes ultérieurs. Une lecture intéressante pour son importance dans l’histoire de la série, plutôt que pour la qualité constante de ses gags.
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