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Rafales de gaffes

Couverture de Rafales de gaffes

Gaston — Tome 8

Rafales de gaffes

André Franquin

Éditeur : Dupuis

Sortie originale : 16 mars 2018

★★★★★ 4/5

Avec Rafales de gaffes, André Franquin poursuit les mésaventures de Gaston Lagaffe dans une succession de situations où l’inventivité du personnage n’a d’égale que son incroyable capacité à provoquer des catastrophes. Entre les inventions extravagantes, les expériences musicales et les réactions désespérées de ses collègues, ce huitième tome offre une belle démonstration du talent de Franquin, même si tous les gags ne possèdent pas la même efficacité.

Le quotidien transformé en catastrophe

Gaston continue de considérer la rédaction de Spirou comme un terrain d’expérimentation plutôt que comme un lieu de travail. Chaque objet peut devenir une invention, chaque tâche une occasion de rêvasser et chaque initiative une source de désordre.

Franquin exploite cette logique avec une grande précision. Les catastrophes ne reposent pas uniquement sur la maladresse : elles découlent souvent d’idées ingénieuses dont Gaston n’a simplement pas anticipé les conséquences.

Le personnage conserve ainsi une innocence désarmante. Il ne cherche jamais à perturber ses collègues, mais son enthousiasme finit presque systématiquement par produire le résultat inverse de celui espéré.

Le bruit, la musique et les nerfs des collègues

L’univers sonore occupe une place savoureuse dans l’humour de Gaston. Sa passion pour les instruments improbables et les expériences musicales offre à Franquin de nombreuses occasions de jouer avec les réactions des personnages.

L’auteur réussit à rendre le bruit presque perceptible sur le papier. Les vibrations, les déformations des objets et les expressions horrifiées des collègues donnent une dimension physique aux gags.

Prunelle et les autres membres de la rédaction constituent d’excellents partenaires comiques. Leurs tentatives pour préserver un peu de tranquillité deviennent souvent aussi drôles que les initiatives de Gaston.

Un dessin d’une souplesse exceptionnelle

Franquin démontre une nouvelle fois son extraordinaire maîtrise du mouvement. Ses personnages ne semblent jamais figés : leurs corps se déforment, leurs expressions changent brutalement et chaque geste participe à la construction du gag.

Les machines et les objets bénéficient également d’une attention remarquable. Même les inventions les plus absurdes possèdent une logique graphique suffisamment précise pour paraître presque crédibles.

Cette richesse visuelle constitue l’une des grandes qualités de l’album. Certaines planches se savourent autant pour leurs détails que pour leur chute.

Une mécanique parfois trop familière

Rafales de gaffes n’échappe toutefois pas à quelques répétitions. Les inventions qui dégénèrent, les interruptions du travail et les colères des collègues constituent des ressorts désormais bien installés.

Quelques chutes se révèlent prévisibles, et certains gags reposent davantage sur l’exagération que sur une véritable surprise.

Mais Franquin possède suffisamment de talent pour rendre ces situations plaisantes. Son sens du rythme et la vivacité de son dessin compensent largement les moments moins inspirés.

En résumé

Gaston – Tome 8 : Rafales de gaffes est un très bon album, qui confirme la maîtrise de Franquin dans l’art du gag visuel. L’inventivité des situations, l’expressivité du dessin et les réactions des personnages assurent une lecture particulièrement amusante. Malgré quelques répétitions et des chutes inégales, le plaisir reste largement au rendez-vous.

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