MiklMayer.fr

Sin City : J’ai tué pour elle

Affiche de Sin City : J’ai tué pour elle

Sin City : J’ai tué pour elle

Titre original : Sin City: A Dame to Kill For

Réalisation : Robert Rodriguez et Frank Miller

Avec : Mickey Rourke, Jessica Alba, Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt, Eva Green

Production / distribution : Dimension Films, Troublemaker Studios / Metropolitan Filmexport

Durée : 1 h 42

Adaptation : Roman graphique

Sortie : 17 septembre 2014

★★★★★ 3/5

Neuf ans après Sin City, Robert Rodriguez et Frank Miller retournent à Basin City avec J’ai tué pour elle. L’esthétique reste spectaculaire, les personnages toujours aussi excessifs et la fidélité au roman graphique impressionnante. Mais ce qui constituait une véritable révolution visuelle en 2005 ressemble désormais davantage à la reproduction d’une formule dont l’effet de surprise s’est largement dissipé.

Retour à Basin City

Comme son prédécesseur, Sin City : J’ai tué pour elle entremêle plusieurs histoires de vengeance, de manipulation et de violence. Dwight McCarthy tombe sous l’emprise de son ancienne amante Ava Lord, Johnny provoque un homme particulièrement puissant tandis que Nancy tente de surmonter les événements qui ont bouleversé sa vie.

La structure permet de retrouver le principe du premier film, avec des personnages qui se croisent au sein d’une même ville. Mais l’ensemble apparaît moins homogène. Certaines intrigues captivent davantage que d’autres et le film peine parfois à donner une véritable unité à ces différents récits.

Une esthétique toujours impressionnante

Visuellement, Basin City n’a presque pas changé. Robert Rodriguez et Frank Miller reprennent le noir et blanc extrêmement contrasté, les silhouettes découpées, les décors numériques et les touches ponctuelles de couleur qui constituaient la signature du premier volet.

Le résultat reste impressionnant et certaines images semblent une nouvelle fois directement tirées des planches de Miller. Le problème est que l’effet de découverte a disparu. En 2005, Sin City donnait réellement l’impression d’inventer une nouvelle manière d’adapter une bande dessinée au cinéma. Neuf ans plus tard, la technique reste efficace mais paraît forcément moins révolutionnaire. Quelques effets numériques accusent également davantage leur artificialité.

Eva Green au centre du film

La véritable réussite de cette suite vient probablement d’Eva Green. L’actrice incarne une Ava Lord manipulatrice, dangereuse et volontairement excessive qui semble parfaitement à sa place dans cet univers de film noir poussé à son paroxysme. Face à elle, Josh Brolin compose un Dwight convaincant et suffisamment différent de l’interprétation de Clive Owen dans le premier film.

Joseph Gordon-Levitt apporte également une certaine fraîcheur avec Johnny, personnage créé pour le film, tandis que Mickey Rourke retrouve Marv avec toujours autant de plaisir. Jessica Alba bénéficie quant à elle d’un rôle plus sombre, permettant à Nancy d’évoluer réellement après les événements du premier volet.

La distribution reste donc l’une des grandes forces du film, même si tous les personnages ne bénéficient pas d’histoires aussi intéressantes.

Une suite prisonnière du premier film

C’est probablement le principal problème de J’ai tué pour elle. Tout semble conçu pour retrouver exactement ce qui fonctionnait dans Sin City. La narration intérieure, les dialogues emphatiques, la violence graphique, les femmes fatales, les antihéros et les rues perpétuellement plongées dans l’obscurité sont toujours présents.

Mais le film apporte finalement très peu de nouveautés à la formule. Là où le premier volet utilisait sa fidélité au roman graphique pour proposer quelque chose de radicalement différent au cinéma, cette suite donne parfois l’impression de simplement prolonger l’expérience.

La fidélité reste remarquable, mais elle devient presque une contrainte. Rodriguez et Miller reproduisent leur univers avec tellement d’application qu’ils oublient parfois de lui apporter une nouvelle impulsion.

Des histoires trop inégales

L’intrigue autour d’Ava Lord constitue clairement le cœur du film et bénéficie du personnage le plus marquant. Les autres segments ont davantage de difficultés à atteindre la même intensité.

L’histoire de Johnny possède une bonne idée de départ et permet à Joseph Gordon-Levitt d’apporter un nouveau visage à Basin City, mais elle demeure relativement secondaire. Celle consacrée à Nancy permet de prolonger directement le premier film et d’offrir davantage de matière à Jessica Alba, sans atteindre pour autant la puissance dramatique de l’histoire d’Hartigan.

Cette inégalité rend le film moins prenant que son prédécesseur. Les morceaux fonctionnent séparément, mais l’ensemble ne possède jamais tout à fait la même énergie.

Un retour réussi visuellement, beaucoup moins marquant

Sin City : J’ai tué pour elle reste une proposition suffisamment singulière pour conserver un véritable intérêt. Son esthétique demeure immédiatement reconnaissable et quelques interprètes, Eva Green en tête, s’intègrent parfaitement à l’univers imaginé par Frank Miller.

Mais cette suite arrive trop tard et reproduit trop fidèlement une recette déjà exploitée. Le spectacle est toujours là, sans retrouver la sensation de découvrir quelque chose d’unique. Là où Sin City transformait réellement le roman graphique en cinéma, J’ai tué pour elle donne surtout envie de se souvenir de la première fois où Rodriguez et Miller l’avaient fait.

En résumé

Visuellement fidèle et porté par un casting solide, notamment une excellente Eva Green, Sin City : J’ai tué pour elle retrouve efficacement Basin City. Mais des histoires inégales et surtout la disparition de l’effet de surprise en font une suite nettement moins marquante que le premier film.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR