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Astérix en Corse

Couverture de Astérix en Corse

Astérix — Tome 20

Astérix en Corse

René Goscinny et Albert Uderzo

Éditeur : Dargaud

Sortie originale : 1 janvier 1973

4/5

Publié en 1973, Astérix en Corse accompagne Astérix et Obélix sur l’île de Beauté aux côtés du fier Ocatarinetabellatchitchix. Goscinny et Uderzo proposent un album de voyage très généreux en gags, porté par une caricature mémorable des traditions corses, même si son intrigue reste relativement légère.

Des retrouvailles avec les anciens personnages

L’album commence par un grand banquet réunissant plusieurs personnages rencontrés au cours des aventures précédentes. Bretons, Helvètes, Ibères et Gaulois se retrouvent pour célébrer l’anniversaire de la bataille de Gergovie.

Cette séquence fonctionne comme un hommage à l’histoire de la série. Elle offre un réel plaisir aux lecteurs fidèles, même si certains personnages se contentent d’une brève apparition.

Cette ouverture très chorale retarde légèrement le départ vers la Corse, mais elle donne à ce vingtième album un caractère particulier, presque celui d’un anniversaire.

Ocatarinetabellatchitchix, plus fier qu’un Gaulois

Le chef corse libéré par Astérix et Obélix possède une fierté encore plus développée que celle d’Abraracourcix. Peu bavard, susceptible et convaincu de la supériorité de son peuple, il impose immédiatement sa personnalité.

Son calme contraste avec l’énergie habituelle des héros. Ocatarinetabellatchitchix semble rarement impressionné, y compris lorsque les Gaulois affrontent les Romains sous ses yeux.

Le personnage repose largement sur les clichés associés au tempérament corse, mais Goscinny lui donne suffisamment de dignité et d’intelligence pour qu’il ne soit jamais réduit à une simple caricature.

Une Corse entièrement construite autour de ses clichés

Vendetta, maquis, sieste, honneur familial, fromage explosif et susceptibilité : l’album rassemble presque tous les stéréotypes associés à la Corse.

Goscinny les utilise avec une remarquable précision comique. Les Corses ne se montrent jamais vraiment paresseux : ils considèrent simplement que certaines tâches ne méritent pas d’être accomplies dans la précipitation.

Quelques représentations paraissent aujourd’hui très appuyées. L’humour reste néanmoins affectueux et transforme les Corses en un peuple aussi fier et résistant que les Gaulois eux-mêmes.

Les vieillards corses volent presque la vedette

Les vieillards assis sur leur banc comptent parmi les meilleures créations de l’album. Ils commentent les événements avec distance et observent les querelles entre familles comme un spectacle dont ils connaissent déjà l’issue.

Leur immobilité devient paradoxalement une source constante de mouvement comique. Ils parlent beaucoup, jugent tout le monde, mais ne semblent jamais disposés à intervenir directement.

Ces personnages secondaires résument parfaitement le ton de l’album : un humour fondé moins sur l’action que sur les dialogues, les silences et les attitudes.

Une résistance corse différente de celle des Gaulois

Comme le village d’Astérix, la Corse refuse de se soumettre entièrement à Rome. Sa résistance repose toutefois davantage sur le terrain, les clans et la capacité de ses habitants à disparaître dans le maquis.

Les Romains contrôlent théoriquement l’île, mais leur autorité reste très fragile. Leur administration paraît surtout occupée à profiter des richesses locales et à éviter les affrontements difficiles.

Cette opposition entre domination officielle et résistance quotidienne fonctionne très bien, même si l’album développe peu sa dimension politique. Elle sert avant tout de cadre aux particularités corses.

Un récit drôle mais peu tendu

L’aventure avance avec fluidité et multiplie les scènes mémorables, notamment autour du fromage corse, des rivalités familiales et du gouverneur romain.

L’intrigue manque cependant d’un véritable adversaire capable d’inquiéter Astérix et Obélix. Les Corses semblent parfaitement capables de se débarrasser eux-mêmes des Romains, ce qui rend la présence des deux héros presque secondaire.

L’album fonctionne donc davantage comme une découverte humoristique de l’île que comme une aventure réellement mouvementée. Cette simplicité ne nuit pas au plaisir de lecture, mais limite légèrement sa force narrative.

En résumé

Astérix en Corse est un album de voyage chaleureux, porté par des dialogues savoureux et une galerie de personnages particulièrement réussie. Ocatarinetabellatchitchix, les vieillards sur leur banc et les rivalités entre clans donnent à l’aventure une identité forte. Les clichés sont parfois très appuyés et l’intrigue manque de tension, mais l’affection évidente de Goscinny et Uderzo pour la Corse rend l’ensemble drôle, vivant et mémorable.

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