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Death Note 9

Couverture de Death Note 9

Death Note — Tome 9

Death Note 9

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Éditeur : Kana

Sortie originale : 11 avril 2008

4/5

Avec ce neuvième tome, Death Note délaisse temporairement les longs affrontements intellectuels au profit d’une lutte beaucoup plus physique. L’assaut contre le repaire de Mello accélère considérablement le récit, mais confirme aussi que cette seconde partie possède une identité plus spectaculaire et moins subtile que le duel entre Light et L.

Mello impose une nouvelle forme de menace

Mello ne cherche pas à démontrer sa supériorité intellectuelle selon les règles établies par L. Il veut obtenir des résultats immédiats et accepte pour cela d’utiliser la mafia, les enlèvements et la violence.

Cette brutalité renouvelle efficacement la série. Light ne contrôle plus entièrement le terrain, car Mello agit en dehors des institutions et peut frapper directement ses proches. Le Death Note devient alors un objet que plusieurs factions cherchent réellement à posséder, et non plus seulement le secret d’un unique meurtrier.

Mello reste néanmoins un adversaire moins fin que L. Son imprévisibilité le rend dangereux, mais ses méthodes offrent moins de possibilités aux raisonnements complexes qui caractérisaient les premiers volumes. Le manga gagne en action ce qu’il perd légèrement en profondeur psychologique.

Sidoh apporte un humour assez déroutant

L’arrivée de Sidoh rappelle que les humains utilisent un objet appartenant à un dieu de la mort. Son apparition permet d’introduire de nouvelles règles et de fragiliser la position de Mello, qui ignore qu’un propriétaire légitime cherche à récupérer son carnet.

Le personnage apporte également une dimension comique inattendue. Sa maladresse et son absence d’autorité contrastent avec l’image inquiétante traditionnellement associée aux dieux de la mort.

Ce décalage fonctionne par moments, mais affaiblit aussi légèrement la tension. Alors que le récit met en jeu la vie de nombreux personnages, certaines interventions de Sidoh semblent presque appartenir à une autre série. Ryuk possédait lui aussi une dimension humoristique, mais son amusement renforçait généralement la cruauté de la situation. Sidoh paraît surtout dépassé par les événements.

Soichiro Yagami au cœur du tome

Le père de Light bénéficie enfin d’une place véritablement centrale. Sa droiture morale s’oppose à tous les autres personnages : il refuse de considérer le Death Note comme un simple instrument et continue de croire en l’innocence de son fils.

Son acquisition des yeux du dieu de la mort constitue l’un des moments les plus cruels du volume. Soichiro accepte de sacrifier une partie de son existence pour accomplir son devoir, sans comprendre que Light manipule depuis longtemps son dévouement.

La force du personnage repose précisément sur cette contradiction. Son intégrité peut paraître admirable, mais elle l’empêche de regarder son fils avec suffisamment de méfiance. Light profite de cette confiance jusqu’au bout, révélant une froideur désormais presque totale.

Une action efficace, mais moins caractéristique de la série

L’assaut contre la mafia offre à Takeshi Obata l’occasion de mettre en scène des fusillades, des explosions et des mouvements militaires. Le dessin conserve une lisibilité remarquable malgré la multiplication des groupes et des stratégies.

Ces séquences donnent au tome un rythme particulièrement soutenu. Elles restent cependant moins originales que les confrontations silencieuses et les pièges intellectuels des débuts. Death Note ressemble momentanément davantage à un thriller d’espionnage classique qu’à ce jeu mental unique qui avait construit sa réputation.

Le scénario conserve heureusement plusieurs retournements liés aux règles du carnet. L’action n’efface donc jamais complètement la dimension stratégique, même si celle-ci passe ici au second plan.

Light devient définitivement monstrueux

Le comportement de Light face à son père confirme l’effacement presque complet de son humanité. Il ne voit plus les membres de sa famille comme des proches, mais comme des éléments utilisables dans sa stratégie.

Cette évolution est cohérente avec son parcours, mais elle rend également le personnage moins ambigu. Le jeune homme qui prétendait construire un monde meilleur paraît désormais très lointain. Il ne reste qu’un manipulateur obsédé par sa victoire et capable d’envisager froidement chaque mort.

Le manga perd ainsi une partie du trouble moral de ses débuts, tout en gagnant un antagoniste principal d’une cruauté impressionnante : son propre héros.

En résumé

Le tome 9 de Death Note se distingue par son rythme, son action et la place accordée à Soichiro Yagami. Mello impose une menace brutale qui empêche Light de contrôler totalement la situation, tandis que le dessin de Takeshi Obata donne une grande efficacité aux scènes d’affrontement. Cette orientation spectaculaire rend toutefois le récit moins subtil, et Sidoh introduit un humour parfois mal accordé à la gravité des événements. Un volume très prenant et émotionnellement fort, mais légèrement éloigné de ce que la série produit de plus singulier.

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