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Death Note 8

Couverture de Death Note 8

Death Note — Tome 8

Death Note 8

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Éditeur : Kana

Sortie originale : 15 février 2008

4/5

Après la conclusion magistrale du premier grand affrontement, Death Note doit presque se réinventer. Ce huitième tome introduit Near et Mello, deux héritiers très différents de L. Cette relance ambitieuse apporte de nouvelles possibilités, mais souffre inévitablement de la comparaison avec le duel précédent.

L’absence de L laisse un vide immense

Light occupe désormais une position presque idéale : il agit comme Kira tout en dirigeant officiellement l’enquête chargée de le retrouver. Cette situation confirme sa victoire, mais elle prive aussi le récit de son équilibre fondamental.

L représentait un adversaire capable de comprendre Light tout en lui opposant une personnalité immédiatement fascinante. Sans lui, le héros paraît presque trop puissant. Les enquêteurs japonais, malgré leur courage, ne possèdent ni son intuition ni son indépendance.

Le tome assume intelligemment ce déséquilibre en faisant de Light un homme devenu excessivement sûr de lui. Son pouvoir ne repose plus seulement sur le Death Note : il contrôle également les informations, les enquêteurs et l’image publique de L.

Near et Mello se partagent l’héritage

Near et Mello ne cherchent pas à reproduire exactement leur prédécesseur. Le premier reprend son intelligence froide et ses raisonnements méthodiques, tandis que le second incarne une détermination beaucoup plus impulsive.

Cette division constitue une bonne idée. Aucun des deux ne peut remplacer L individuellement, mais leur opposition crée une menace différente. Light doit désormais affronter deux stratégies parallèles qu’il ne peut pas surveiller simultanément.

Near reste toutefois encore trop proche de L dans ses attitudes, jusque dans ses postures et ses manies. Mello se révèle immédiatement plus original grâce à sa violence et à son association avec la mafia, même si son comportement paraît parfois conçu avant tout pour provoquer rapidement une crise.

Un affrontement devenu international

L’enquête dépasse désormais largement le cadre japonais. Les services américains, la mafia et les différentes polices s’intéressent au Death Note, devenu un objet de pouvoir convoité à l’échelle mondiale.

Cette ouverture agrandit efficacement l’univers de la série. Elle montre également que Kira n’est plus seulement un meurtrier mystérieux : il est devenu une force politique capable d’influencer les gouvernements et de terroriser les institutions.

Le scénario perd néanmoins une partie de l’intimité qui faisait la force des premiers tomes. Les nouveaux agents sont nombreux, les explications abondantes et les enjeux géopolitiques parfois assez abstraits. Le récit impressionne par sa complexité, mais touche moins directement.

Mello impose un rythme plus brutal

L’enlèvement de Sayu force Light et son père à agir sous une pression émotionnelle inhabituelle. Mello comprend que la famille Yagami constitue le point faible de l’enquête et utilise cette vulnérabilité avec une efficacité glaçante.

Cette menace donne au tome une tension immédiate que les seules déductions de Near n’auraient probablement pas suffi à créer. Mello ne joue pas selon les règles implicites du duel intellectuel : il emploie la violence, le chantage et les réseaux criminels.

Sayu reste cependant essentiellement réduite au rôle d’otage. Son enlèvement sert surtout à placer les autres personnages devant un dilemme, sans lui donner une véritable présence dans l’intrigue.

Un dessin toujours remarquablement maîtrisé

Takeshi Obata accompagne parfaitement le changement d’échelle du scénario. Les décors deviennent plus vastes, les organisations plus nombreuses et les scènes d’action plus présentes, sans que la lecture perde en clarté.

Near bénéficie d’une apparence volontairement calme et enfantine, tandis que Mello dégage immédiatement une agressivité presque théâtrale. Leur opposition visuelle permet de distinguer rapidement deux personnages qui représentent pourtant les héritiers d’un même homme.

Les longs dialogues et les raisonnements restent parfois très denses. Obata parvient à les rendre lisibles, mais certaines séquences donnent davantage l’impression de consulter un rapport stratégique que d’assister à un affrontement vivant.

En résumé

Le huitième tome de Death Note réussit une relance particulièrement difficile. Near et Mello offrent deux formes de menace complémentaires, tandis que Light se retrouve dans la position fascinante de l’assassin chargé de se poursuivre lui-même. L’élargissement international et le recours à la mafia renouvellent efficacement le suspense. Toutefois, l’absence de L se fait lourdement sentir, Near manque encore d’identité et l’accumulation d’explications rend l’ensemble moins fluide que les meilleurs volumes de la première partie.

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