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Le Labyrinthe

Couverture de Le Labyrinthe

Absolute Wonder Woman — Tome 2

Le Labyrinthe

Kelly Thompson, Hayden Sherman, Mattia De Iulis et Matías Bergara

Éditeur : Urban Comics

Sortie originale : 10 avril 2026

4/5

Après avoir réinventé les origines de Diana dans un premier volume spectaculaire, Kelly Thompson poursuit la construction de son univers en envoyant Wonder Woman dans un labyrinthe dissimulé sous la mystérieuse Zone 41. Le Labyrinthe confirme la réussite de la série grâce à une aventure mythologique généreuse et à une héroïne définie par sa compassion, même si sa dernière partie paraît moins maîtrisée.

Une quête profondément personnelle

Diana apprend que l’une de ses sœurs amazones pourrait être retenue dans un labyrinthe situé sous une installation gouvernementale. Pour celle qui a grandi loin de Themyscira et ignore encore une grande partie de ses origines, cette possibilité dépasse largement le cadre d’une mission ordinaire.

La recherche d’une Amazone donne au récit une dimension intime. Diana ne cherche pas seulement à libérer une prisonnière : elle espère retrouver un lien avec le peuple dont elle a été privée.

Kelly Thompson évite cependant de transformer cette quête en simple révélation généalogique. Le labyrinthe confronte surtout Diana à ce qu’elle veut devenir maintenant qu’elle n’est plus uniquement la fille élevée par Circé dans un monde infernal.

Un labyrinthe peuplé de figures oubliées

Le scénario revisite plusieurs créatures mythologiques sans se contenter de reproduire leurs rôles traditionnels. Le Minotaure Ferdinand, la sirène Petra et la reine Clea possèdent chacun leur histoire, leurs peurs et leur propre rapport à cette prison.

Le labyrinthe fonctionne ainsi comme une société entière enfermée sur elle-même. Certains personnages cherchent à s’en échapper, tandis que d’autres ont fini par reproduire la violence du lieu et par exercer leur pouvoir sur les plus faibles.

Cette partie constitue le sommet du volume. L’exploration progresse avec suffisamment de mystères et de rencontres pour maintenir l’intérêt, même si l’arc aurait gagné à être légèrement resserré. Quelques détours ralentissent une quête dont l’objectif principal reste assez rapidement identifiable.

Une Wonder Woman qui refuse la facilité de la violence

Cette version de Diana possède une force considérable, des armes impressionnantes et une magie capable de modifier profondément le cours d’un affrontement. Pourtant, elle cherche constamment une solution qui ne repose pas uniquement sur la destruction de son adversaire.

Sa compassion ne ressemble jamais à de la naïveté. Diana comprend la menace que représentent certaines créatures, mais refuse de croire qu’elles sont nécessairement condamnées à demeurer monstrueuses. Elle s’intéresse aux causes de leur violence autant qu’à ses conséquences.

Kelly Thompson retrouve ainsi l’un des principes fondamentaux de Wonder Woman. Diana n’est pas seulement une guerrière supérieure à ses ennemis : elle gagne parce qu’elle imagine une issue que personne d’autre n’avait envisagée.

Une héroïne façonnée par plusieurs mères

Les retours dans le passé approfondissent l’éducation de Diana et ses rapports avec Circé, Artémis et Hécate. Chacune tente de lui transmettre une conception différente de la puissance, du devoir et du sacrifice.

Ces séquences enrichissent intelligemment le premier tome. Diana n’est pas devenue héroïque malgré son enfance infernale, mais aussi grâce aux femmes qui lui ont enseigné à survivre, à réfléchir et à protéger les plus vulnérables.

Le scénario montre néanmoins que cette éducation répondait parfois à des objectifs dépassant l’intérêt de l’enfant. Diana a été aimée, mais également préparée à devenir une arme contre un ordre jugé injuste. Cette ambiguïté apporte une véritable profondeur à ses origines.

Une mise en page qui refuse la banalité

Hayden Sherman profite pleinement du labyrinthe pour multiplier les compositions inhabituelles. Les couloirs, les ruptures de perspective et les formes géométriques donnent au lecteur la sensation d’avancer dans un espace mouvant.

Le dessin ne cherche pas toujours la beauté classique. Certaines silhouettes sont déformées, les décors deviennent presque abstraits et la lecture demande parfois davantage d’attention qu’un comics de super-héros traditionnel. Cette audace visuelle donne toutefois à la série une identité remarquable.

Les changements d’artistes restent perceptibles, particulièrement dans la dernière partie. Mattia De Iulis et Matías Bergara proposent des approches plus picturales ou plus organiques, mais l’ensemble conserve sa cohérence grâce aux couleurs puissantes et à l’atmosphère de fantasy sombre.

Une dernière partie plus confuse

Après l’aventure du labyrinthe, Diana affronte une manifestation liée au prix de sa propre magie. L’idée permet d’interroger les conséquences de ses pouvoirs et l’équilibre d’un monde dominé par des forces négatives.

Cette seconde intrigue se révèle cependant moins convaincante. La menace reste longtemps abstraite et la résolution arrive rapidement, au terme d’explications métaphysiques qui manquent parfois de clarté.

Le volume semble alors vouloir préparer plusieurs développements futurs plutôt que conclure pleinement ses propres enjeux. Cette faiblesse n’efface pas la qualité du récit principal, mais empêche ce deuxième tome d’égaler constamment ses meilleurs passages.

En résumé

Absolute Wonder Woman, tome 2 : Le Labyrinthe confirme que Kelly Thompson comprend ce qui distingue véritablement Diana : sa puissance impressionne, mais sa compassion définit ses victoires. L’exploration du labyrinthe, les créatures mythologiques et les révélations sur son éducation forment une aventure particulièrement réussie, magnifiée par une mise en page ambitieuse. La dernière partie paraît plus abstraite et précipitée, mais la série conserve une identité visuelle et narrative parmi les plus fortes de l’univers Absolute.

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