Batman — Tome 7
Mascarade
Éditeur : Urban Comics
Sortie originale : 25 septembre 2015
Après plusieurs tomes à développer sa propre mythologie autour de Batman, Scott Snyder revient au Joker pour un affrontement d’une tout autre ampleur. Mascarade marque le début de l’arc Endgame et retrouve l’ennemi juré de Bruce Wayne dans une version encore plus inquiétante, avec cette fois l’ambition de contaminer Gotham tout entière.
Un retour particulièrement efficace
Snyder réussit d’abord à réintroduire le Joker sans immédiatement dévoiler son jeu. Les premières pages installent une situation presque incompréhensible pour Batman, confronté à ses propres alliés dans des circonstances particulièrement violentes. Lorsque l’origine de cette attaque apparaît, le récit bascule véritablement.
Après Le Deuil de la famille, le Joker ne cherche plus seulement à isoler Batman de ses proches. Son obsession a évolué vers quelque chose de beaucoup plus radical. Il semble désormais vouloir mettre un terme définitif à leur relation, quitte à entraîner Gotham avec eux.
Le Joker devient presque une légende
C’est aussi là que Snyder prend son plus gros risque. L’histoire entretient volontairement le doute autour des origines du Joker et de son âge. Certaines pistes suggèrent une présence à Gotham bien antérieure à Batman, comme s’il était moins un homme qu’une manifestation ancienne de la ville.
Cette dimension presque surnaturelle fonctionne parce que Snyder évite de fournir une réponse définitive. Le lecteur, comme Batman, ne sait jamais vraiment ce qui relève de la manipulation, du mensonge ou d’une vérité beaucoup plus inquiétante.
Gotham contaminée
L’épidémie qui frappe progressivement Gotham permet au récit de prendre une ampleur considérable. Le Joker ne se contente plus d’affronter Batman : son rire envahit littéralement la ville. La menace devient collective et donne au récit des allures de catastrophe.
Le rythme est particulièrement soutenu et l’escalade fonctionne bien, même si Snyder pousse parfois très loin la capacité du Joker à tout anticiper. C’est une faiblesse déjà présente dans Le Deuil de la famille, mais elle est ici davantage assumée par le caractère presque mythologique donné au personnage.
Capullo au sommet de sa noirceur
Greg Capullo retrouve une atmosphère beaucoup plus sombre après les couleurs éclatantes de L’An Zéro. Son Joker est terrifiant, mais ses planches impressionnent surtout par leur mise en scène. Les expressions, les ombres et les transformations provoquées par le virus donnent à Gotham une apparence cauchemardesque.
Les scènes d’action sont également particulièrement spectaculaires, notamment lorsque Batman doit affronter des adversaires normalement considérés comme ses alliés. Capullo parvient à conserver une excellente lisibilité malgré la violence et l’ampleur des affrontements.
Un premier acte qui donne envie de connaître la suite
Mascarade n’est pas réellement une histoire autonome : une grande partie de son efficacité repose sur les questions qu’elle pose et sur la montée vers l’affrontement final. Le tome se termine donc avec beaucoup d’éléments encore en suspens.
Mais comme première moitié d’Endgame, il remplit parfaitement son rôle. Snyder parvient à rendre le Joker de nouveau inquiétant après l’avoir déjà placé au centre d’un arc majeur quelques volumes auparavant, ce qui n’était pas gagné.
En résumé
Un retour du Joker plus ambitieux et inquiétant encore que dans Le Deuil de la famille. Scott Snyder joue habilement avec les origines du personnage tandis que Greg Capullo retrouve une Gotham sombre et cauchemardesque. Un excellent début pour Endgame, même s’il faudra forcément lire la suite pour véritablement juger l’ensemble.
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