The Crow 3: Salvation
Titre original : The Crow: Salvation
Avec : Eric Mabius, Kirsten Dunst, William Atherton
Production / distribution : Edward R. Pressman Film Corporation, Jeff Most Productions / Metropolitan Filmexport (France)
Durée : 1 h 42
Adaptation : Comics
Sortie : 26 juillet 2001
Après La Cité des anges, la saga tente en 2000 de changer légèrement de formule. Alex Corvis, condamné à mort pour le meurtre de sa petite amie Lauren, revient d’entre les morts afin de découvrir son véritable assassin. Cette fois, The Crowne repose donc plus seulement sur une vengeance : il ajoute une enquête et fait de son héros un homme qui doit comprendre pourquoi il a été exécuté. Une variation bienvenue, même si elle ne suffit pas à rendre à la franchise la force de ses débuts.
Enfin une histoire qui ne copie pas exactement Eric Draven
C’est la principale qualité de Salvation. Alex Corvis n’est pas simplement un nouvel homme assassiné revenant éliminer méthodiquement ses meurtriers. Le personnage cherche d’abord la vérité et découvre progressivement une affaire beaucoup plus vaste.
Cette dimension policière permet au film de s’éloigner quelque peu de la structure des deux précédents. Kirsten Dunst, dans le rôle d’Erin, la sœur de Lauren, apporte également un véritable enjeu émotionnel : elle doit progressivement remettre en question tout ce qu’elle croyait savoir sur Alex.
Le scénario reste assez conventionnel et ses révélations ne sont pas toujours très subtiles, mais au moins cette troisième aventure essaie de faire quelque chose du concept plutôt que de simplement changer le nom du mort.
Eric Mabius peine cependant à imposer son Crow
Eric Mabius propose un personnage moins théâtral que Brandon Lee ou Vincent Perez. Ce choix pourrait permettre à Alex de réellement se distinguer, mais il manque également de présence pour porter toute l’étrangeté du film.
Son apparence constitue néanmoins une bonne idée : les cicatrices laissées par son exécution remplacent en partie le maquillage traditionnel et donnent une justification macabre au fameux visage du Crow. C’est probablement l’une des rares évolutions visuelles de la franchise qui ne ressemble pas simplement à une tentative de reproduire Eric Draven.
Kirsten Dunst est finalement plus marquante. Encore très jeune, elle donne à Erin une fragilité et une détermination qui apportent au film une humanité dont il avait besoin.
Une série B correcte, mais The Crow est devenu une formule
Voilà surtout ce que révèle Salvation. Six ans seulement après le premier film, The Crow est déjà passé d’une œuvre extrêmement singulière à une franchise où il suffit presque d’aligner quelques éléments obligatoires : un amour tragique, un mort ressuscité, un corbeau, une apparence gothique et des criminels à punir.
Le troisième film essaie davantage de sortir de cette mécanique que La Cité des anges, mais sa mise en scène ne possède ni la personnalité d’Alex Proyas ni même la beauté visuelle de la suite avec Vincent Perez. Il ressemble davantage à un thriller fantastique sombre du tournant des années 2000.
Ce n’est pas catastrophique. C’est peut-être même légèrement plus intéressant narrativement que le deuxième film. Mais pour une saga née d’une œuvre aussi immédiatement reconnaissable, devenir simplement « correct » ressemble déjà à une sérieuse perte d’identité.
En résumé
The Crow 3: Salvation tente intelligemment de renouveler la formule en transformant la vengeance en enquête et possède quelques bonnes idées, notamment autour de l’apparence d’Alex Corvis. Eric Mabius reste cependant trop peu charismatique et la réalisation manque cruellement de personnalité.
Une suite regardable, légèrement plus inventive que La Cité des anges, mais qui confirme surtout que la magie du film de 1994 ne se résumait décidément pas à faire revenir un mort accompagné d’un corbeau.
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