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Hellboy

Affiche de Hellboy

Hellboy

Titre original : Hellboy

Réalisation : Neil Marshall

Avec : David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane, Sasha Lane, Daniel Dae Kim

Production / distribution : Millennium Media, Dark Horse Entertainment, Campbell Grobman Films / Metropolitan Filmexport

Durée : 2 h

Adaptation : Comics

Sortie : 8 mai 2019

★★★★★ 2/5

Onze ans après Hellboy II : Les Légions d’or maudites, le démon imaginé par Mike Mignola revient au cinéma dans une nouvelle adaptation qui fait table rase du passé. Exit Guillermo del Toro et Ron Perlman : Neil Marshall prend les commandes et David Harbour endosse le rôle principal. L’objectif est de proposer un Hellboy plus violent, plus sombre et davantage inspiré des comics originaux. Malheureusement, derrière ses ambitions et son déluge de créatures sanglantes, ce reboot de 2019 ressemble surtout à une accumulation d’idées mal exploitées.

Un nouveau Hellboy face à la reine de sang

Lorsqu’une ancienne sorcière, Nimue, menace de revenir à la vie pour provoquer l’apocalypse, Hellboy se retrouve entraîné dans une confrontation mêlant légendes arthuriennes, créatures surnaturelles et révélations sur ses origines.

Accompagné d’Alice Monaghan et du major Ben Daimio, il doit empêcher la reine de sang de reprendre le pouvoir tout en affrontant une question fondamentale : doit-il continuer à protéger les humains ou accepter le destin destructeur pour lequel il semble avoir été créé ?

Sur le papier, cette intrigue possède tout pour construire une aventure ambitieuse. Mais le film tente malheureusement de condenser trop d’éléments des comics dans une seule histoire.

Un univers plus violent, mais beaucoup moins inspiré

La principale différence avec les films de Guillermo del Toro apparaît immédiatement : ce nouveau Hellboy assume pleinement sa violence. Les membres arrachés, les corps déchiquetés et les créatures répugnantes se multiplient, parfois jusqu’à l’excès.

Cette brutalité aurait pu constituer une véritable force si elle avait accompagné une atmosphère inquiétante et un récit solide. Mais Neil Marshall semble régulièrement confondre violence et noirceur.

Le film souffre également d’une réalisation visuellement inégale. Certaines créatures sont impressionnantes, notamment les géants ou les monstres du chaos final, mais les effets numériques manquent souvent de finition. Là où del Toro construisait un univers fantastique immédiatement reconnaissable, cette nouvelle version privilégie le spectaculaire sans parvenir à développer une véritable personnalité.

David Harbour, un Hellboy qui peine à convaincre

Succéder à Ron Perlman représentait un défi considérable. David Harbour possède pourtant la carrure et le tempérament nécessaires pour incarner le personnage. Son Hellboy est plus agressif, plus vulgaire et constamment en conflit avec son entourage.

Malheureusement, le scénario pousse tellement ses accès de colère qu’il devient parfois difficile de retrouver son humanité. Le maquillage particulièrement chargé n’aide pas toujours l’acteur, dont certaines expressions disparaissent sous les prothèses.

Ian McShane apporte une certaine présence au professeur Bruttenholm, mais leur relation manque de la tendresse qui faisait la réussite des précédents films. Quant à Milla Jovovich, elle incarne une Nimue assez conventionnelle, dont la personnalité ne dépasse jamais véritablement les clichés de la sorcière maléfique.

Un scénario qui veut raconter beaucoup trop de choses

C’est probablement le problème majeur du film. Hellboy multiplie les intrigues secondaires, les retours en arrière et les révélations sans parvenir à leur donner suffisamment de place.

La chasse aux géants, Baba Yaga, les origines de Hellboy, la légende arthurienne et les pouvoirs de ses compagnons auraient chacun pu nourrir des développements intéressants. Mais leur accumulation donne au récit une impression de précipitation permanente.

Le paradoxe de ce reboot est qu’il emprunte davantage d’éléments directement aux comics de Mike Mignola tout en donnant parfois l’impression de moins bien comprendre leur richesse. Là où les bandes dessinées reposent sur le mystère, le folklore et une certaine mélancolie, le film cherche constamment à tout montrer et à tout expliquer.

L’humour pose également problème. Les plaisanteries vulgaires et les répliques sarcastiques viennent trop souvent interrompre des séquences qui auraient mérité davantage de tension.

Un reboot qui enterre rapidement ses ambitions

Pensé pour relancer la franchise, Hellboy se solde finalement par un important échec commercial et critique. Le film rapporte environ 55 millions de dollars dans le monde pour un budget de production estimé à 50 millions, sans compter les dépenses promotionnelles.

Les perspectives de suites disparaissent rapidement, laissant cette nouvelle incarnation sans véritable avenir. Une situation d’autant plus regrettable que l’abandon du troisième film de Guillermo del Toro avait déjà privé les spectateurs d’une conclusion à l’histoire portée par Ron Perlman.

Ce reboot aurait pu justifier son existence en proposant une interprétation réellement différente et plus proche de l’atmosphère des comics. Mais il se contente trop souvent de remplacer l’imagination et l’émotion par la violence et la surenchère.

Un Hellboy sans véritable âme

Tout n’est pas à jeter dans cette nouvelle adaptation. Certaines créatures possèdent une véritable force visuelle, quelques scènes d’action sont efficaces et David Harbour ne manque pas d’investissement. Mais ces qualités restent isolées au milieu d’un ensemble particulièrement désordonné.

Le film souffre d’un scénario surchargé, d’effets spéciaux inégaux et d’un humour qui tombe régulièrement à plat. Surtout, il ne parvient jamais à rendre son personnage principal aussi attachant qu’il devrait l’être.

En voulant proposer un Hellboy plus adulte et plus brutal, Neil Marshall oublie que la force du démon rouge ne réside pas uniquement dans ses poings ou ses cornes. Elle tient avant tout à son humanité.

En résumé

Un reboot décevant qui privilégie la violence et l’accumulation de créatures au détriment de la narration et des personnages. Malgré l’investissement de David Harbour et quelques séquences réussies, Hellboy souffre d’un scénario confus, d’effets numériques inégaux et d’une absence de véritable identité. Une adaptation qui reprend de nombreux éléments des comics sans retrouver leur atmosphère.

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