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Lore Olympus – Volume 7

Couverture de Lore Olympus – Volume 7

Lore Olympus — Volume 7

Lore Olympus – Volume 7

Rachel Smythe

Éditeur : Hugo BD

Sortie originale : 6 novembre 2024

5/5

Le secret de Perséphone a éclaté au grand jour. Accusée d’avoir provoqué la mort de nombreux mortels et d’avoir dissimulé ses actes avec l’aide de Déméter, la jeune déesse doit désormais répondre devant Zeus. Hadès décide immédiatement de prendre sa défense, transformant le procès en affrontement entre les figures les plus puissantes de l’Olympe. Après plusieurs volumes de révélations et de tensions, ce septième tome place enfin Perséphone face aux conséquences de ses actes, tout en préparant un bouleversement majeur pour sa relation avec Hadès.

Le procès que la série préparait depuis longtemps

Depuis plusieurs tomes, Rachel Smythe faisait planer la menace autour de l’acte de colère commis par Perséphone dans le Royaume des Mortels. Le volume 7 transforme enfin cette intrigue en événement central. Le procès permet de reprendre plusieurs éléments du passé de Perséphone tout en confrontant différentes versions d’une même histoire.

C’est une bonne manière de revenir sur son évolution sans simplement accumuler les flashbacks. Perséphone doit reconnaître ce qu’elle a fait, mais le récit rappelle aussi le contexte dans lequel les événements se sont produits. Rachel Smythe ne cherche donc ni à l’innocenter complètement ni à la transformer soudainement en criminelle.

Cette ambiguïté est bienvenue. Depuis les premiers volumes, Perséphone est progressivement passée de jeune déesse protégée et presque naïve à un personnage beaucoup plus complexe, capable de colère et d’une puissance qu’elle ne maîtrise pas toujours. Le procès oblige enfin les autres dieux à regarder cette facette d’elle.

Hadès devient son défenseur, avec quelques risques

Hadès prend naturellement la défense de Perséphone. Leur relation a désormais suffisamment évolué pour que son engagement ne surprenne personne, mais Rachel Smythe évite généralement d’en faire un simple chevalier venant sauver une jeune femme sans défense.

Perséphone conserve sa voix et doit assumer elle-même une partie de son passé. Hadès lui apporte son soutien, ses connaissances et son influence, sans pouvoir effacer ce qu’elle a fait. Cette nuance est importante, car la série risquerait autrement de fragiliser toute l’émancipation construite autour de son héroïne.

Le déséquilibre de pouvoir entre les deux personnages reste toutefois visible. Hadès est un roi immensément puissant alors que Perséphone demeure une jeune déesse dont le destin dépend encore beaucoup des décisions prises par d’autres. Le récit en a conscience, mais sa romance tend parfois à idéaliser Hadès au point d’atténuer cette différence.

Zeus, juge et partie

Le procès permet surtout de mettre Zeus au premier plan. Le roi des dieux doit rendre une décision tout en étant lui-même impliqué dans un système où les règles semblent dépendre largement de ceux qui possèdent le pouvoir.

C’est ici que la transposition moderne de la mythologie fonctionne particulièrement bien. Le tribunal divin ressemble moins à une véritable institution judiciaire qu’à un immense règlement de comptes familial où s’entremêlent réputation, autorité, anciennes rancœurs et intérêts personnels.

Le résultat donne au volume une tension différente des précédents. Les conflits amoureux restent présents, mais ils sont désormais liés à une question beaucoup plus vaste : qui possède réellement le droit de décider de l’avenir de Perséphone ?

Déméter apparaît sous un jour plus complexe

Le procès permet également de revenir sur la relation entre Perséphone et sa mère. Déméter a souvent été présentée comme excessivement protectrice, voire étouffante. Ce tome permet de mieux comprendre certaines de ses décisions sans nécessairement les justifier.

Elle a voulu protéger sa fille, parfois au point de l’empêcher de construire sa propre identité. Cette contradiction rend leur relation beaucoup plus intéressante qu’une simple opposition entre une mère autoritaire et une jeune femme en quête de liberté.

Rachel Smythe touche ici à l’un des thèmes les plus solides de Lore Olympus : l’émancipation ne consiste pas uniquement à quitter ses parents ou à trouver l’amour, mais à pouvoir définir soi-même ce que l’on veut devenir.

Une tension qui profite au rythme

Après plusieurs volumes où les intrigues pouvaient parfois se disperser entre Menthé, Apollon, Zeus, Héra, Déméter et les autres personnages, le procès apporte une structure beaucoup plus claire. Les différents fils narratifs convergent enfin vers le même événement.

Le résultat est plus dynamique. Les témoignages, les révélations et les réactions des personnages donnent au tome une progression particulièrement efficace, même si son origine Webtoon reste perceptible dans certaines transitions et dans la manière dont les scènes cherchent régulièrement leur petit suspense de fin d’épisode.

Quelques passages donnent également le sentiment de préparer davantage le prochain bouleversement que de résoudre réellement les problèmes en cours. Mais pour une fois, cette construction feuilletonnante renforce plutôt la tension.

Rachel Smythe joue toujours merveilleusement avec les couleurs

Graphiquement, ce septième volume reste fidèle à l’identité extrêmement forte de la série. Le rose de Perséphone et le bleu d’Hadès continuent de dominer, mais les scènes de procès permettent à Rachel Smythe de jouer avec des compositions plus rigides et théâtrales.

Les personnages sont parfois réduits à des silhouettes ou déformés par l’émotion. Le dessin n’est pas toujours régulier, notamment dans les proportions et les visages, mais rechercher une parfaite cohérence graphique serait presque contraire au principe même de Lore Olympus.

Rachel Smythe dessine avant tout des sensations. Une colère, une peur ou une humiliation peuvent modifier entièrement une case. Cette approche reste l’une des raisons pour lesquelles la série possède une personnalité visuelle aussi immédiatement reconnaissable.

Un véritable point de bascule

Ce septième volume possède surtout une qualité qui manquait parfois aux précédents : la sensation que les événements ont désormais des conséquences impossibles à repousser au volume suivant.

Perséphone doit répondre de son passé, Hadès affiche ouvertement son soutien et Zeus doit prendre une décision susceptible de modifier l’équilibre entre les royaumes. Plusieurs années de secrets et de tensions finissent donc par se rejoindre.

Le volume ne constitue pas encore l’aboutissement de toutes ces intrigues. Au contraire, sa conclusion prépare directement une rupture majeure dans la série. Mais cette fois, le cliffhanger paraît mérité parce qu’il résulte directement de tout ce qui a été construit auparavant.

En résumé

Le volume 7 est l’un des tomes les plus structurés de Lore Olympus. En plaçant le procès de Perséphone au centre du récit, Rachel Smythe rassemble plusieurs intrigues développées depuis le début et oblige enfin son héroïne à regarder directement son passé.

La romance avec Hadès reste importante, mais elle s’intègre désormais à des enjeux plus vastes autour de la responsabilité, de l’autorité et de l’émancipation. Perséphone n’est plus simplement une jeune femme cherchant à échapper à sa mère ou à comprendre ses sentiments : elle doit défendre le droit de décider elle-même de son avenir.

Quelques longueurs et une certaine idéalisation d’Hadès demeurent, mais la tension et la convergence des intrigues font de ce procès un véritable tournant. Un volume particulièrement solide qui prépare efficacement le changement d’échelle du suivant.

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