The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros
Titre original : The Amazing Spider-Man 2
Avec : Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan
Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Entertainment, Arad Productions, Matt Tolmach Productions / Sony Pictures Releasing France
Durée : 2 h 22
Adaptation : Comics
Sortie : 30 avril 2014
Deux ans après son reboot, Marc Webb poursuit les aventures d’Andrew Garfield avec The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros. Emma Stone revient dans le rôle de Gwen Stacy, tandis que Jamie Foxx devient Electro et Dane DeHaan incarne Harry Osborn. Sorti en France le 30 avril 2014, ce deuxième volet devait également servir de fondation à un univers Spider-Man beaucoup plus vaste que Sony préparait alors autour du personnage.
Andrew Garfield est enfin pleinement Spider-Man
Le premier film devait consacrer une grande partie de son temps à raconter une nouvelle fois les origines du personnage. Cette obligation disparue, Andrew Garfield peut véritablement s’approprier Spider-Man.
Et il est excellent sous le masque. Son Spider-Man plaisante pendant les combats, improvise avec ses toiles et semble prendre un plaisir immense à parcourir New York. Sa gestuelle est également beaucoup plus proche du personnage dessiné : il se contorsionne, rebondit et adopte constamment des positions improbables.
Le nouveau costume, avec ses grands yeux blancs, accentue encore cette proximité avec les comics. Cette fois, Andrew Garfield ne semble plus essayer de devenir Spider-Man : il l’est.
Peter Parker reste plus discutable. Toujours beaucoup plus assuré que la version de Tobey Maguire, il conserve néanmoins une fragilité qui fonctionne particulièrement bien lorsqu’il est confronté à Gwen.
Peter et Gwen : le véritable cœur du film
C’est incontestablement là que Marc Webb est le plus à l’aise. Andrew Garfield et Emma Stone possèdent une alchimie remarquable, et leur relation paraît souvent plus naturelle que tout ce qui les entoure.
Le film prend le temps de montrer leurs hésitations, leurs rapprochements et cette impossibilité de réellement se séparer. Gwen existe surtout comme un personnage à part entière : brillante, déterminée, elle possède ses propres ambitions et refuse d’être simplement protégée par Peter.
La promesse faite au capitaine Stacy dans le premier épisode vient pourtant constamment hanter leur relation. Peter voudrait construire son avenir avec Gwen tout en sachant que sa présence auprès d’elle peut justement compromettre cet avenir.
C’est finalement dans cette histoire sentimentale que The Amazing Spider-Man 2 trouve sa plus grande cohérence.
Electro : spectaculaire mais terriblement sous-écrit
Max Dillon aurait pu être un personnage tragique particulièrement intéressant. Solitaire, ignoré par son entourage et soudain doté d’un pouvoir immense, il cherche désespérément la reconnaissance qu’il n’a jamais obtenue.
Jamie Foxx joue pleinement cette dimension avant sa transformation, peut-être même avec un peu trop d’insistance. Le film semble parfois avoir besoin de souligner chaque caractéristique du personnage pour que le spectateur comprenne immédiatement qu’il est seul et malheureux.
Une fois Electro apparu, le spectacle prend le dessus. Ses pouvoirs donnent lieu à des scènes visuellement impressionnantes et permettent au film de jouer avec l’électricité, la lumière et même la musique. Mais Max Dillon disparaît progressivement derrière les effets numériques.
Le problème n’est donc pas Electro lui-même. C’est qu’au moment où le film devrait réellement développer son antagoniste, il commence déjà à préparer le suivant.
Harry Osborn aurait mérité beaucoup plus de temps
Dane DeHaan apporte une énergie très différente du Harry Osborn de James Franco. Plus fragile, nerveux et inquiétant, son personnage retrouve Peter après plusieurs années et doit simultanément affronter l’héritage laissé par son père.
Le problème vient encore une fois de l’accumulation. Le film doit installer leur amitié, la maladie de Harry, son rapport à Oscorp et sa transformation tout en continuant à raconter Electro, Peter, Gwen et le mystère entourant les parents Parker.
Tout va beaucoup trop vite.
Harry aurait pu devenir le grand adversaire d’un troisième épisode. Ici, il doit accomplir presque tout son parcours en un seul film. Le personnage possède donc de bonnes idées, mais le scénario semble constamment lui demander d’arriver plus rapidement à l’étape suivante.
Le syndrome Spider-Man 3… encore une fois
C’est assez ironique. La première saga s’était terminée en partie étouffée par l’accumulation de personnages et d’intrigues. Son reboot reproduit le problème dès son deuxième volet.
Electro, Harry Osborn, le Bouffon Vert, Rhino, Oscorp, les parents de Peter, Gwen, tante May… The Amazing Spider-Man 2 veut simultanément raconter son histoire et préparer plusieurs autres films.
Paul Giamatti illustre parfaitement cette tendance avec un Rhino volontairement excessif qui sert moins le récit présent qu’un univers futur que Sony cherche manifestement à installer.
À plusieurs reprises, on ne regarde plus réellement The Amazing Spider-Man 2. On regarde la bande-annonce de films qui n’existeront finalement jamais.
Et c’est dommage, car lorsque Marc Webb se concentre simplement sur Peter et Gwen ou sur Spider-Man parcourant New York, le film fonctionne très bien.
Un film visuellement superbe
Sur le plan du spectacle, cette deuxième aventure franchit néanmoins un cap. Les déplacements de Spider-Man sont particulièrement réussis et la caméra accompagne ses balancements avec une fluidité qui restitue merveilleusement la sensation de vitesse et de hauteur.
Electro permet également quelques expérimentations intéressantes. Times Square devient presque un gigantesque circuit électrique et le film transforme parfois les affrontements en véritables chorégraphies lumineuses.
La mise en scène sait même ponctuellement ralentir l’action pour montrer comment Spider-Man observe une situation et choisit en quelques secondes qui sauver et comment intervenir.
Marc Webb possède donc de vraies idées lorsqu’il filme Spider-Man en mouvement. C’est davantage la mécanique industrielle qui entoure le héros qui finit par peser sur le film.
Le film qui devait lancer un univers… et qui l’a finalement enterré
Avec le recul, The Amazing Spider-Man 2 possède une place assez étrange dans l’histoire cinématographique du personnage. Le film devait ouvrir la voie à plusieurs projets autour de cet univers, mais cette continuité avec Andrew Garfield s’arrêtera finalement ici.
Le résultat mondial reste considérable, mais le film termine sa carrière française autour de 2,3 millions d’entrées et son exploitation conduit Sony à revoir profondément ses projets autour de Spider-Man.
Cette destinée rend aujourd’hui tous les éléments préparatoires encore plus visibles. Des personnages et intrigues sont introduits avec la promesse implicite d’un développement ultérieur qui ne viendra jamais.
C’est peut-être le paradoxe ultime du film : à force de préparer l’avenir de Spider-Man, il oublie parfois de profiter pleinement du présent.
En résumé
The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros contient probablement le meilleur Andrew Garfield de cette courte saga et confirme l’excellente alchimie avec Emma Stone. Spider-Man n’a rarement été aussi vivant dans ses déplacements, le spectacle est généreux et plusieurs séquences possèdent une véritable ampleur.
Mais Electro manque de profondeur, Harry Osborn est précipité et le film croule sous les intrigues destinées à construire un univers qui ne verra finalement jamais le jour. Plus attachant que réellement maîtrisé, ce deuxième épisode possède de très beaux moments au milieu d’un blockbuster beaucoup trop préoccupé par ce qui devait venir ensuite.
L’avis des lecteurs
Les lecteurs donnent leur avis
Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.
Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.





