Captain America: Brave New World
Titre original : Captain America: Brave New World
Avec : Anthony Mackie, Harrison Ford, Danny Ramirez, Carl Lumbly
Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France
Durée : 1 h 58
Adaptation : Comics
Sortie : 12 février 2025
Après avoir repris le bouclier dans la série Falcon et le Soldat de l’Hiver, Sam Wilson devient pour la première fois le héros principal d’un film Marvel avec Captain America: Brave New World. Réalisé par Julius Onah, ce quatrième Captain America réunit Anthony Mackie, Harrison Ford, Danny Ramirez, Carl Lumbly et Tim Blake Nelson autour d’un complot impliquant le nouveau président américain Thaddeus Ross.
Anthony Mackie mérite largement le bouclier
Le principal enjeu du film était évident : convaincre que Captain America pouvait continuer à exister sans Steve Rogers. Et sur ce point, Brave New World fonctionne plutôt bien. Sam Wilson n’est pas une copie de Steve et le film ne cherche heureusement pas à le transformer en super-soldat de remplacement. Il reste un homme sans pouvoirs extraordinaires qui doit affronter des adversaires physiquement bien supérieurs.
Anthony Mackie apporte au personnage une humanité différente de celle de Chris Evans. Sam doute davantage de sa capacité à porter ce symbole, mais sa force vient justement de sa décision de continuer malgré ses limites. Ses ailes permettent également de conserver une identité visuelle propre : ce Captain America se bat autrement, se déplace autrement et doit réfléchir autrement.
Un film qui voudrait retrouver l’esprit du Soldat de l’Hiver
Julius Onah tente clairement de revenir vers le thriller politique et le film d’espionnage qui avaient fait la réussite de Captain America : Le Soldat de l’hiver. Complot, manipulation, attentat, tensions internationales : Brave New Worldcherche davantage le suspense que la démesure cosmique.
Le problème est que la mécanique paraît beaucoup moins fluide. Là où Le Soldat de l’hiver donnait l’impression que Steve découvrait progressivement une conspiration gigantesque, Brave New World accumule parfois les informations et les personnages sans parvenir à installer la même tension. On retrouve la recette, beaucoup moins la sensation de danger.
Le film reste néanmoins appréciable lorsqu’il conserve cette échelle relativement terrestre. Après plusieurs MCU perdus dans les dimensions parallèles et les menaces cosmiques, revoir Captain America enquêter sur une crise internationale apporte une certaine simplicité.
Harrison Ford impose immédiatement son Thaddeus Ross
Remplaçant William Hurt, Harrison Ford reprend Thaddeus Ross sans chercher à imiter son prédécesseur. Son âge et son autorité naturelle conviennent particulièrement bien à cette nouvelle version du personnage, désormais président des États-Unis.
La relation entre Ross et Sam constitue l’un des éléments les plus intéressants du film. Tous deux veulent servir leur pays, mais ne partagent ni la même conception du pouvoir ni les mêmes méthodes. Sam représente un symbole qui doit conserver son indépendance, tandis que Ross aimerait naturellement pouvoir utiliser Captain America comme un instrument politique.
Lorsque Red Hulk entre finalement en scène, le film bascule évidemment dans quelque chose de beaucoup plus spectaculaire. Le résultat est efficace visuellement, mais aussi plus conventionnel : la confrontation humaine entre Sam et Ross était finalement plus intéressante que celle entre Captain America et un géant rouge.
Isaiah Bradley méritait davantage
Le retour de Carl Lumbly est particulièrement important. Isaiah Bradley permet de rappeler que l’héritage de Captain America n’a jamais été aussi propre que le symbole voudrait parfois le laisser croire. Dans les comics, le personnage est un survivant d’expérimentations forcées menées sur des soldats noirs dans le cadre de recherches liées au sérum du super-soldat.
Le film utilise efficacement son histoire dans son intrigue, mais sans lui donner toujours l’espace émotionnel qu’elle mériterait. C’est d’autant plus dommage que la relation entre Isaiah et Sam touche directement à la question centrale du film : que signifie représenter un pays lorsque ce pays est lui-même capable de trahir ceux qui l’ont servi ?
C’est précisément lorsque Brave New World aborde ces questions que le nouveau Captain America devient intéressant. Le film aurait probablement gagné à les approfondir plutôt qu’à multiplier les ramifications de son complot.
Trop de bagages laissés par les précédents Marvel
C’est aussi l’une des limites importantes du film : Brave New World doit récupérer énormément d’éléments laissés en attente ailleurs dans le MCU. Il prolonge évidemment Falcon et le Soldat de l’Hiver, mais ressort également plusieurs personnages directement liés à L’Incroyable Hulk de 2008.
Tim Blake Nelson retrouve ainsi Samuel Sterns près de dix-sept ans après sa première apparition, tandis que Liv Tyler revient également dans l’univers Marvel. Leur présence possède un intérêt pour les spectateurs qui suivent le MCU depuis ses débuts, mais participe aussi à cette sensation étrange d’un film obligé de ranger plusieurs tiroirs laissés ouverts depuis des années.
Sam Wilson devrait pourtant être le commencement d’une nouvelle période pour Captain America. Or son premier film passe paradoxalement beaucoup de temps à régler les affaires de personnages apparus bien avant lui.
Red Hulk : une promesse spectaculaire un peu trop attendue
Difficile évidemment de faire semblant de découvrir Red Hulk puisque toute la promotion du film repose largement sur sa présence. L’affiche elle-même met directement son poing face au bouclier de Sam. Le problème n’est donc pas la surprise, mais tout ce que le film doit mettre en place avant d’arriver à cette confrontation.
La bataille permet néanmoins de souligner intelligemment la différence fondamentale entre Sam et Steve. Sam ne peut pas rivaliser physiquement avec un Hulk. Ses ailes, sa mobilité et son équipement deviennent indispensables, donnant au combat une dynamique différente de celle qu’aurait probablement eue Steve Rogers.
Mais après avoir passé une grande partie du film à vouloir retrouver l’atmosphère plus politique du Soldat de l’hiver, terminer sur une énorme confrontation numérique donne aussi l’impression que Marvel n’ose jamais complètement renoncer aux habitudes du blockbuster super-héroïque.
Un nouveau Captain America convaincant dans un film beaucoup plus ordinaire
C’est probablement le paradoxe de Brave New World. Le film devait déterminer si Sam Wilson pouvait véritablement devenir Captain America au cinéma. La réponse donnée par Anthony Mackie est convaincante : oui. Il possède suffisamment de personnalité pour que son Captain America existe indépendamment de Steve Rogers.
C’est davantage le film qui peine à être à la hauteur de son héros. L’intrigue fonctionne, Harrison Ford apporte une vraie présence et plusieurs idées politiques auraient mérité davantage de développement, mais l’ensemble paraît souvent trop sage. Sam Wilson n’a finalement pas besoin de devenir Steve Rogers pour mériter le bouclier. C’est Brave New World qui aurait eu besoin d’un peu plus d’audace pour mériter pleinement son nouveau Captain America.
En résumé
Captain America: Brave New World confirme qu’Anthony Mackie peut porter le bouclier sans chercher à remplacer Chris Evans. Harrison Ford fonctionne parfaitement en Ross et le retour vers le thriller politique est appréciable, mais une intrigue trop chargée et un dernier acte plus conventionnel empêchent ce nouveau départ de réellement prendre son envol.
L’avis des lecteurs
Les lecteurs donnent leur avis
Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.
Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.





