Avengers: Endgame
Titre original : Avengers: Endgame
Avec : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson
Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France
Durée : 3 h 01
Adaptation : Comics
Sortie : 24 avril 2019
Un an après le choc d’Infinity War, Anthony et Joe Russo concluent en 2019 la Saga de l’Infini avec Avengers: Endgame. Le film retrouve les Avengers après leur défaite face à Thanos et rassemble une nouvelle fois Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson et Jeremy Renner. Avec plus de trois heures au compteur et vingt-et-un films derrière lui, Endgame doit à la fois poursuivre une histoire, refermer plusieurs arcs majeurs et célébrer tout ce que le MCU a construit depuis Iron Man en 2008.
Un film qui prend le temps de montrer les conséquences
L’une des meilleures décisions d’Endgame consiste à ne pas effacer immédiatement la conclusion d’Infinity War. Le film commence dans un monde qui a perdu. Les survivants ne sont pas simplement tristes : ils ont continué à vivre pendant plusieurs années avec leur échec.
Steve anime des groupes de parole, Natasha s’accroche désespérément aux Avengers, Clint a basculé dans une violence beaucoup plus sombre et Thor s’est complètement laissé aller. Tony, lui, a réussi à reconstruire quelque chose loin de tout cela. Chacun incarne une manière différente de réagir au deuil.
Cette première partie est étonnamment calme pour un film d’une telle ampleur. Les Russo comprennent que le spectaculaire d’Infinity War n’aurait aucun sens si ses conséquences pouvaient être annulées immédiatement.
Le voyage dans le temps transforme le passé du MCU en terrain de jeu
La solution trouvée par les Avengers permet évidemment à Endgame de revisiter sa propre histoire. New York en 2012, Asgard ou encore certains événements des Gardiens de la Galaxie deviennent les étapes d’une gigantesque remontée dans le MCU.
Le procédé relève clairement du fan service, mais il possède ici une véritable fonction narrative. Tony retrouve une partie de son passé, Steve se confronte presque littéralement à celui qu’il était et Thor bénéficie d’une rencontre qui lui permet de retrouver une part de lui-même.
Tout n’est pas d’une simplicité absolue. Les règles du voyage temporel nécessitent plusieurs explications et peuvent rapidement donner mal à la tête lorsqu’on cherche à analyser chaque conséquence. Mais Endgame s’intéresse moins à la mécanique scientifique qu’à ce que ce retour en arrière provoque chez ses personnages.
Tony Stark achève parfaitement le parcours commencé en 2008
Tony reste probablement le personnage dont l’évolution résume le mieux les onze premières années du MCU. Iron Manprésentait un milliardaire égocentrique qui découvrait progressivement que ses actes avaient des conséquences. Endgameretrouve un homme qui possède enfin tout ce qu’il prétendait autrefois ne pas rechercher : une famille et une vie paisible.
Robert Downey Jr. joue parfaitement cette évolution sans faire disparaître le Tony Stark sarcastique des débuts. Il reste brillant, agaçant et convaincu de pouvoir résoudre l’impossible, mais ses priorités ont changé.
Le film construit ainsi son parcours autour d’une question extrêmement simple : jusqu’où Tony est-il désormais capable d’aller pour les autres ? Toute la saga avait progressivement préparé la réponse.
Captain America obtient lui aussi l’aboutissement qu’il méritait
Steve Rogers suit presque le chemin inverse. Depuis First Avenger, il sacrifie constamment sa vie personnelle au nom du devoir. Même lorsqu’il cesse d’être officiellement Captain America, il continue de se battre parce qu’il ne sait pratiquement rien faire d’autre.
Chris Evans bénéficie dans Endgame de plusieurs moments qui récompensent directement des années de construction du personnage. Certains sont spectaculaires, d’autres beaucoup plus intimes. Le film comprend surtout que la véritable conclusion de Steve ne peut pas être une nouvelle bataille.
Tony devait apprendre à se sacrifier. Steve devait peut-être apprendre qu’il avait enfin le droit de vivre pour lui-même. Cette symétrie donne une véritable cohérence à leurs deux trajectoires.
Natasha méritait peut-être davantage
Black Widow possède également un rôle important dans cette reconstruction. Natasha est devenue celle qui maintient les Avengers en vie lorsque tout semble terminé. Pour quelqu’un qui avait passé son existence à essayer d’effacer son passé, cette famille est devenue son principal point d’ancrage.
Son parcours est donc cohérent avec ce que le MCU avait progressivement construit autour d’elle. Mais le traitement qui suit laisse un sentiment plus mitigé, notamment parce que le film passe assez rapidement à autre chose alors qu’il accorde ensuite beaucoup plus d’espace émotionnel à d’autres personnages.
Avec le recul, le fait que son film solo n’arrive qu’après Endgame renforce encore cette impression : Natasha était essentielle à l’histoire des Avengers, mais Marvel aura longtemps tardé à lui donner l’attention individuelle accordée à ses partenaires.
Thor : un traitement drôle, mais parfois maladroit
Le Thor d’Endgame est probablement l’un des choix les plus discutables du film. L’idée de montrer un dieu complètement détruit par son échec est excellente. Après toutes ses pertes, Thor n’arrive simplement plus à supporter celle de trop.
Chris Hemsworth fonctionne très bien lorsqu’il laisse apparaître cette détresse. En revanche, le film transforme régulièrement son apparence physique en gag. L’humour finit alors par parasiter un sujet qui aurait pu être traité avec davantage de finesse.
Heureusement, Thor ne retrouve pas sa valeur en retrouvant son ancien corps. Son véritable parcours consiste à comprendre qu’il peut encore être digne même lorsqu’il n’est plus le roi ou le guerrier qu’il pensait devoir être.
Une bataille finale pensée comme onze années de récompense
Puis vient évidemment l’affrontement final. Endgame cesse presque d’être un film traditionnel pour devenir la célébration de tout un univers cinématographique.
Le risque était immense : avec autant de héros à l’écran, la séquence aurait pu devenir totalement illisible. Pourtant, les Russo parviennent à construire plusieurs moments distincts au milieu du chaos, tout en maintenant Tony, Steve et Thor au centre de la confrontation avec Thanos.
Certains instants sont ouvertement conçus pour provoquer les applaudissements. Le film ne cherche même pas à le cacher. Mais après plus de vingt films, ils fonctionnent parce que cette émotion a été préparée pendant des années. Le fameux rassemblement n’est pas simplement spectaculaire : il représente l’aboutissement concret de tout le projet lancé en 2008.
Moins parfait qu’Infinity War, mais probablement plus émouvant
Infinity War possède une construction plus tendue et un Thanos beaucoup plus intéressant. Celui d’Endgame perd une partie de la complexité du personnage précédent pour devenir une menace plus directement antagoniste. Le rythme est également plus irrégulier et les trois heures ne sont pas toutes aussi indispensables.
Mais Endgame poursuit un objectif différent. Là où Infinity War était le film de Thanos et de la défaite, celui-ci appartient aux Avengers et à ce qu’ils sont devenus après onze années d’aventures.
Pris isolément, le film possède donc des défauts évidents. Pris comme la conclusion de toute la Saga de l’Infini, il devient beaucoup plus difficile de lui résister. Endgame ne célèbre pas seulement les Avengers : il célèbre le chemin parcouru avec eux, puis accepte enfin de dire adieu à certains de ceux qui avaient commencé l’aventure.
En résumé
Avengers: Endgame est plus irrégulier qu’Infinity War, mais son ambition émotionnelle et l’aboutissement offert à Tony Stark et Steve Rogers en font une conclusion exceptionnelle à la Saga de l’Infini. Son gigantesque final fonctionne précisément parce que Marvel avait passé onze ans à le construire.
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