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X-Men: Apocalypse

Affiche de X-Men: Apocalypse

X-Men: Apocalypse

Titre original : X-Men: Apocalypse

Réalisation : Bryan Singer

Avec : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Oscar Isaac, Sophie Turner

Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, The Donners' Company / Twentieth Century Fox France

Durée : 2 h 24

Adaptation : Comics

Sortie : 8 mai 2016

★★★★★ 3/5

Après l’excellent Days of Future Past, Bryan Singer poursuit sa nouvelle chronologie en avançant jusqu’en 1983. Un mutant considéré comme le premier de l’Histoire, Apocalypse, se réveille après plusieurs millénaires et décide de remodeler le monde. Xavier, Magneto et Mystique se retrouvent alors entourés d’une nouvelle génération comprenant Cyclope, Jean Grey et Diablo.

Apocalypse promet beaucoup plus qu’il n’apporte

Avec Apocalypse, les X-Men affrontent théoriquement leur adversaire le plus puissant depuis le début de la saga. Le personnage existe depuis des milliers d’années, peut transférer sa conscience d’un corps à l’autre et accumule ainsi les pouvoirs au fil des siècles.

Le problème est que cette puissance finit par devenir assez abstraite.

Oscar Isaac est presque entièrement dissimulé sous le maquillage et doit composer avec un personnage qui passe énormément de temps à prononcer de grandes déclarations sur la faiblesse de l’humanité. Apocalypse veut détruire la civilisation pour permettre aux plus forts de reconstruire le monde, mais ses motivations restent finalement très simples.

Après Sebastian Shaw et surtout Magneto, dont les idéologies étaient directement liées aux thèmes de la saga, Apocalypse apparaît beaucoup plus conventionnel. Il représente une menace gigantesque sans être nécessairement un antagoniste très intéressant.

Magneto reste encore une fois le personnage le plus touchant

Le meilleur passage du film appartient probablement à Erik Lehnsherr.

Après les événements de Days of Future Past, Magneto s’est caché en Pologne et tente de mener une existence ordinaire. Il possède un travail, une femme et une fille. Pour la première fois, Erik semble avoir trouvé ce que Charles lui promet depuis toujours : une possibilité de vivre parmi les humains.

La tragédie qui détruit cette vie est prévisible, mais Michael Fassbender lui donne une véritable puissance émotionnelle.

Son retour vers la violence devient immédiatement compréhensible. Le problème vient ensuite de son recrutement par Apocalypse. Magneto participe à une destruction d’une ampleur considérable avant que le film ne cherche assez rapidement à le ramener du côté des X-Men.

Fassbender reste excellent, mais le scénario commence à répéter le même mouvement : Erik s’éloigne de Charles, bascule dans la violence puis retrouve une partie de son humanité.

Une nouvelle génération qui fonctionne plutôt bien

L’une des grandes qualités du film est d’introduire les versions adolescentes de plusieurs personnages historiques.

Tye Sheridan reprend Cyclope, Sophie Turner devient Jean Grey et Kodi Smit-McPhee incarne Diablo. Leur arrivée permet enfin de retrouver une véritable école Xavier remplie d’élèves et donne au film quelques moments plus légers.

La relation entre Scott et Jean fonctionne particulièrement bien. Cyclope n’est plus seulement le chef sérieux et parfois ingrat de la première trilogie : nous découvrons un adolescent incapable de contrôler ses pouvoirs et relativement mal à l’aise avec sa nouvelle condition.

Jean possède déjà une puissance considérable qu’elle-même redoute. Sophie Turner installe correctement cette peur et prépare évidemment ce que la saga envisage déjà pour le Phénix.

Diablo apporte quant à lui une innocence et un humour particulièrement bienvenus.

Mystique devient étrangement le visage des X-Men

Depuis Le Commencement, Mystique a pris une importance considérable dans cette nouvelle série de films. Les événements de 1973 ont même fait d’elle une sorte de symbole pour les mutants.

L’idée peut se défendre : en refusant de tuer Trask devant les caméras, Raven a changé la perception publique des mutants.

Mais Apocalypse pousse cette évolution beaucoup plus loin en faisant progressivement d’elle une meneuse des X-Men.

Jennifer Lawrence interprète désormais une Mystique très éloignée de celle de Rebecca Romijn. Ce n’est pas nécessairement un problème en soi puisque la chronologie a changé, mais le personnage semble parfois s’éloigner de ce qui faisait sa singularité dans Le Commencement.

Raven devient presque une héroïne traditionnelle là où son intérêt venait justement de sa position entre Xavier et Magneto.

Quicksilver recommence à voler le film

Après la formidable séquence du Pentagone dans Days of Future Past, Bryan Singer reprend pratiquement le même principe avec Quicksilver.

Cette fois, Pietro doit évacuer l’école Xavier en quelques secondes alors qu’une explosion est en train de la détruire.

La recette est connue, mais elle fonctionne toujours.

Le temps se fige, Quicksilver se promène au milieu du chaos et sauve les élèves un par un avec une décontraction totale. La mise en scène multiplie les petits gags tout en exploitant parfaitement son pouvoir.

Evan Peters reste extrêmement attachant et le film développe également son lien avec Magneto. Pourtant, cette relation reste étonnamment peu exploitée : Pietro sait qu’Erik est son père mais n’arrive jamais réellement à le lui révéler.

Encore une intrigue que le film prépare davantage qu’il ne la développe.

Wolverine apparaît dans une séquence spectaculaire… mais dispensable

Le passage par Alkali Lake permet à Hugh Jackman d’effectuer une nouvelle apparition sous les traits de Wolverine.

Cette fois, Logan est véritablement présenté comme l’Arme X. Sauvage, couvert de sang et presque animal, il massacre les soldats qui se trouvent sur son chemin avant que Jean ne parvienne à établir un contact avec lui.

La séquence est efficace et offre une vision particulièrement brutale du personnage.

Mais elle donne également l’impression que la saga ne peut pas encore complètement se passer de Wolverine. Son apparition n’est pas indispensable à l’intrigue et ressemble davantage à un cadeau destiné aux spectateurs.

Elle reste néanmoins suffisamment courte pour ne pas détourner durablement le film de ses nouveaux personnages.

Des Cavaliers très inégalement exploités

Apocalypse recrute Magneto, Tornade, Psylocke et Angel afin d’en faire ses quatre Cavaliers.

Sur le papier, l’équipe est impressionnante. À l’écran, elle l’est beaucoup moins.

Alexandra Shipp bénéficie au moins de quelques scènes permettant de comprendre l’admiration de Tornade pour Mystique et son désir initial de suivre Apocalypse. Angel reste beaucoup plus limité, malgré sa transformation spectaculaire en Archangel.

Mais c’est surtout Psylocke qui semble sacrifiée. Olivia Munn possède une apparence très proche du personnage des comics et une présence visuelle évidente, mais le scénario ne lui donne pratiquement aucune personnalité.

Les Cavaliers ressemblent donc davantage à des adversaires destinés au combat final qu’à de véritables personnages.

Toujours plus grand ne signifie pas forcément plus impressionnant

Bryan Singer avait réussi avec Days of Future Past à construire un spectacle important autour d’enjeux profondément humains. Apocalypse cherche constamment à aller encore plus loin.

Des villes sont détruites, des monuments disparaissent, Magneto bouleverse le champ magnétique terrestre et Apocalypse menace littéralement la planète entière.

Paradoxalement, cette démesure rend parfois le danger moins impressionnant.

Lorsque tout peut être détruit, les conséquences deviennent difficiles à mesurer. Le film accumule les images catastrophiques sans réellement prendre le temps de montrer ce qu’elles représentent pour les populations.

Le final devient alors un énorme affrontement numérique beaucoup plus classique que celui de Days of Future Past.

Heureusement, l’intervention de Jean Grey apporte enfin une véritable puissance au combat et montre ce dont le personnage est capable lorsqu’elle cesse de retenir ses pouvoirs.

La saga commence à montrer les limites de sa formule

X-Men: Apocalypse reste loin d’être dépourvu de qualités. James McAvoy et Michael Fassbender maîtrisent parfaitement leurs personnages, Evan Peters est toujours excellent et la nouvelle génération apporte un véritable potentiel.

Mais après six films consacrés directement ou indirectement au conflit entre Xavier et Magneto, certaines mécaniques commencent à se répéter.

Magneto bascule encore du mauvais côté. Xavier tente encore de le ramener. Mystique se retrouve encore entre plusieurs visions du monde. Et un nouvel événement prépare déjà la prochaine transformation de Jean Grey.

Le film regarde constamment vers ce qui vient après lui au lieu de donner suffisamment de profondeur à ce qu’il raconte immédiatement.

Un épisode spectaculaire mais beaucoup moins subtil

X-Men: Apocalypse possède presque tout ce qu’un immense film X-Men pourrait réclamer : Xavier, Magneto, Mystique, Cyclope, Jean Grey, Tornade, Diablo, Quicksilver, Psylocke, le Fauve et même Wolverine.

C’est aussi une partie de son problème.

Bryan Singer doit gérer tellement de personnages et tellement d’enjeux qu’Apocalypse lui-même finit par devenir l’un des éléments les moins intéressants de son propre film.

Après un Days of Future Past qui utilisait son immense distribution pour raconter une histoire finalement très intime, Apocalypse choisit la direction inverse : tout devient plus grand, plus puissant et plus spectaculaire, sans jamais devenir plus passionnant.

En résumé

X-Men: Apocalypse reste un divertissement généreux porté par Michael Fassbender, James McAvoy et une nouvelle génération prometteuse. Quicksilver offre encore l’une des meilleures séquences du film et Jean Grey bénéficie d’un final impressionnant. Mais Apocalypse manque de profondeur, ses Cavaliers sont sous-exploités et la destruction massive remplace trop souvent les conflits humains qui faisaient la force des meilleurs épisodes.

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