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Les Schtroumpfs

Affiche de Les Schtroumpfs

Les Schtroumpfs

Titre original : The Smurfs

Réalisation : Raja Gosnell

Avec : Neil Patrick Harris, Jayma Mays, Hank Azaria, Sofía Vergara

Production / distribution : Columbia Pictures, Sony Pictures Animation, Kerner Entertainment Company / Sony Pictures Releasing

Durée : 1 h 43

Adaptation : BD franco-belge

Sortie : 3 août 2011

★★★★★ 2/5

En 2011, les célèbres petits personnages bleus imaginés par Peyo débarquent au cinéma dans une production hollywoodienne mêlant animation numérique et prises de vues réelles. Réalisé par Raja Gosnell, Les Schtroumpfsambitionne de moderniser la bande dessinée franco-belge pour séduire une nouvelle génération de spectateurs. Mais en transportant ses héros dans les rues de New York, le film s’éloigne considérablement de l’univers qui faisait le charme des albums. Une comédie familiale sympathique par moments, mais qui ressemble davantage à un produit calibré pour Hollywood qu’à une véritable adaptation de l’œuvre de Peyo.

Des Schtroumpfs perdus à New York

Alors que le village des Schtroumpfs se prépare à célébrer la fête de la Lune bleue, le terrible Gargamel découvre leur existence et tente de les capturer. En prenant la fuite, le Grand Schtroumpf et quelques-uns de ses compagnons traversent un portail magique qui les transporte au cœur de New York.

Perdus dans un monde gigantesque, ils trouvent refuge chez Patrick Winslow, un publicitaire dont la vie professionnelle et familiale est déjà particulièrement mouvementée. Tandis que Gargamel poursuit sa chasse, les Schtroumpfs doivent trouver un moyen de retourner dans leur village.

Ce point de départ permet de multiplier les situations comiques fondées sur le décalage entre les petits personnages bleus et notre monde moderne. Malheureusement, cette idée devient rapidement le principal ressort d’un scénario particulièrement prévisible.

Une adaptation qui s’éloigne de la bande dessinée

La principale faiblesse du film réside dans son rapport à l’œuvre originale. Dans les albums de Peyo, les Schtroumpfs évoluent dans un univers médiéval et merveilleux, au sein d’un village organisé autour d’une communauté aux personnalités très différentes.

Les histoires reposent généralement sur les relations entre les habitants, leurs défauts, leurs rivalités et les conséquences parfois absurdes de leurs comportements. Derrière leur apparente simplicité, certaines aventures développent même une véritable satire sociale, comme Le Schtroumpfissime, qui aborde les mécanismes du pouvoir et de l’autoritarisme.

En choisissant New York comme décor principal, le film abandonne une grande partie de cette richesse. Le village, pourtant essentiel à l’identité de la série, n’apparaît que brièvement, tandis que les personnages se retrouvent plongés dans une comédie américaine très conventionnelle.

Les Schtroumpfs deviennent alors les invités de leur propre film, laissant une place considérable aux aventures sentimentales et professionnelles de Patrick Winslow.

Ce choix rappelle de nombreuses adaptations hollywoodiennes de personnages populaires, où l’univers original sert principalement de prétexte à une histoire contemporaine destinée au public familial.

Des personnages reconnaissables, mais simplifiés

Visuellement, les Schtroumpfs restent immédiatement identifiables. Leur apparence générale, leurs vêtements et leurs principales caractéristiques sont respectés, même si leur transposition en animation numérique leur donne un aspect parfois trop détaillé par rapport à la simplicité graphique de Peyo.

Le Grand Schtroumpf conserve son rôle protecteur, le Schtroumpf à lunettes multiplie les interventions agaçantes et le Schtroumpf maladroit occupe une place importante dans l’intrigue.

Cependant, leurs personnalités sont souvent réduites à un seul trait de caractère, exploité jusqu’à la répétition. Là où la bande dessinée utilisait ces différences pour construire des situations collectives, le film privilégie les plaisanteries faciles et les gags physiques.

La Schtroumpfette bénéficie d’une présence importante, mais son personnage reste également assez superficiel.

Quant à Gargamel, interprété par Hank Azaria, il constitue l’une des rares réussites de cette adaptation. L’acteur assume pleinement le caractère grotesque du sorcier, avec une interprétation exagérée qui correspond plutôt bien à son modèle dessiné. Son duo avec le chat Azraël offre quelques séquences amusantes, même si l’humour devient parfois trop appuyé.

Une réalisation efficace, mais sans véritable personnalité

Raja Gosnell possède une certaine expérience des comédies familiales mêlant personnages réels et créatures numériques. Sa réalisation reste donc techniquement maîtrisée, notamment dans les interactions entre les Schtroumpfs et les acteurs.

Les effets spéciaux permettent aux petits personnages de s’intégrer correctement aux décors, même si certaines animations ont pris de l’âge. Les expressions faciales et les textures très travaillées donnent parfois aux Schtroumpfs une apparence moins attachante que leurs équivalents dessinés.

Le principal problème demeure toutefois le manque d’inventivité de la mise en scène. Les poursuites, les maladresses et les situations comiques s’enchaînent selon une formule déjà largement éprouvée.

Neil Patrick Harris et Jayma Mays apportent une présence sympathique aux personnages humains, mais leur intrigue personnelle manque d’originalité et ralentit régulièrement les aventures des Schtroumpfs.

Un divertissement destiné avant tout aux enfants

Malgré ses défauts, Les Schtroumpfs conserve quelques qualités. Son rythme relativement soutenu, ses couleurs vives et son humour accessible peuvent séduire les plus jeunes spectateurs, notamment ceux qui découvrent les personnages pour la première fois.

Le film possède également une certaine tendresse dans son message sur la famille, l’entraide et la confiance en soi. Ces valeurs correspondent à l’esprit général de la bande dessinée, même si elles sont présentées de manière beaucoup plus conventionnelle.

En revanche, les lecteurs attachés aux albums de Peyo risquent de regretter l’absence de véritables aventures au village et la disparition d’une grande partie de l’humour propre à la série.

Le succès commercial du film permettra néanmoins la réalisation d’une suite en 2013, avant que la franchise ne retrouve un univers entièrement animé avec Les Schtroumpfs et le Village perdu en 2017.

Une adaptation qui aurait gagné à rester au village

Les Schtroumpfs n’est pas un film totalement désagréable. Les personnages restent attachants, Hank Azaria s’amuse visiblement dans le rôle de Gargamel et quelques situations fonctionnent auprès d’un jeune public.

Mais cette adaptation manque cruellement de personnalité. En cherchant à moderniser l’univers de Peyo, Hollywood abandonne précisément ce qui rendait sa bande dessinée originale : son village, son humour collectif et sa capacité à raconter de petites histoires pleines de malice.

Le résultat est une comédie familiale très formatée, divertissante à petites doses, mais bien éloignée de la richesse et de la fantaisie des albums.

En résumé

Une adaptation familiale colorée et parfois amusante, mais qui dénature une partie de l’univers imaginé par Peyo. Malgré des personnages immédiatement reconnaissables et un Hank Azaria convaincant en Gargamel, le déplacement de l’action à New York transforme les Schtroumpfs en simples invités d’une comédie hollywoodienne conventionnelle. Un divertissement surtout destiné aux enfants, qui peine à retrouver l’humour et la magie de la bande dessinée originale.

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