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Les Schtroumpfs 2

Affiche de Les Schtroumpfs 2

Les Schtroumpfs 2

Titre original : The Smurfs 2

Réalisation : Raja Gosnell

Avec : Neil Patrick Harris, Jayma Mays, Hank Azaria, Brendan Gleeson

Production / distribution : Columbia Pictures, Sony Pictures Animation, Kerner Entertainment Company / Sony Pictures Releasing

Durée : 1 h 45

Adaptation : BD franco-belge

Sortie : 31 juillet 2013

★★★★★ 2/5

Deux ans après le succès commercial du premier film, les petits personnages bleus imaginés par Peyo reviennent au cinéma avec Les Schtroumpfs 2, toujours réalisé par Raja Gosnell. Cette fois, l’aventure abandonne New York pour Paris et accorde une place plus importante à la Schtroumpfette, à ses origines et à sa relation avec Gargamel. Une évolution intéressante qui permet d’aborder des thèmes plus proches de l’univers de la bande dessinée. Malheureusement, malgré quelques bonnes idées, cette suite reproduit la plupart des défauts de son prédécesseur, entre humour enfantin, scénario prévisible et personnages humains trop présents.

Gargamel s’attaque aux origines de la Schtroumpfette

Devenu une célébrité grâce à ses spectacles de magie, Gargamel vit désormais à Paris, où il cherche toujours à exploiter les pouvoirs des Schtroumpfs. Pour parvenir à ses fins, il crée deux petites créatures, Vexy et Hackus, surnommées les Canailles, qui ressemblent aux Schtroumpfs sans posséder leur couleur bleue.

Son objectif est de capturer la Schtroumpfette afin de découvrir le secret permettant de transformer ses créatures en véritables Schtroumpfs. Le Grand Schtroumpf et plusieurs compagnons partent alors à sa recherche, retrouvant au passage Patrick Winslow et sa famille.

Cette intrigue possède un intérêt particulier puisqu’elle rappelle que la Schtroumpfette n’est pas née comme les autres habitants du village. Dans la bande dessinée originale, elle a été créée par Gargamel avant d’être transformée par le Grand Schtroumpf.

Le film exploite donc un élément important de l’histoire du personnage, même s’il le réinterprète pour construire un récit familial sur l’identité et l’appartenance.

Une Schtroumpfette enfin au centre de l’histoire

L’une des principales qualités de cette suite réside dans la place accordée à la Schtroumpfette. Alors que le premier film la cantonnait essentiellement à un rôle secondaire, celui-ci s’intéresse davantage à ses origines et à ses interrogations personnelles.

Sa rencontre avec Vexy et Hackus lui permet notamment de s’interroger sur ce qui définit véritablement son identité. Est-elle une Schtroumpf parce qu’elle en possède l’apparence ou parce qu’elle a été acceptée et aimée par les habitants du village ?

Cette réflexion, certes assez simplement développée, donne au film une dimension émotionnelle qui manquait parfois au premier épisode.

Vexy constitue également un personnage plutôt intéressant. Derrière son comportement provocateur, elle cherche surtout à trouver sa place et à obtenir la reconnaissance de celui qui l’a créée. Hackus, en revanche, reste principalement utilisé comme ressort comique.

Le problème vient du traitement très appuyé de ces thèmes. Le film répète constamment son message sur la famille et l’acceptation, au point de transformer une idée intéressante en morale particulièrement insistante.

Une adaptation qui retrouve certaines idées de Peyo

En s’intéressant à la création de la Schtroumpfette, Les Schtroumpfs 2 se rapproche davantage de la bande dessinée que son prédécesseur.

Dans l’album La Schtroumpfette, publié en 1967, Gargamel crée effectivement un personnage destiné à semer la discorde au sein du village. Cette histoire joue notamment sur les relations entre les Schtroumpfs, leurs comportements collectifs et les bouleversements provoqués par l’arrivée d’une nouvelle habitante.

Le film reprend ce point de départ, mais abandonne presque entièrement sa dimension satirique. La question de l’intégration devient ici une histoire beaucoup plus conventionnelle sur les liens familiaux et l’importance de l’amour.

Cette transformation correspond à la volonté des studios de proposer une aventure accessible aux plus jeunes, mais elle réduit une nouvelle fois la richesse de l’œuvre originale.

Le village des Schtroumpfs reste également trop peu présent. Comme dans le premier film, les personnages sont transportés dans notre monde, cette fois au milieu des monuments parisiens. Or, une grande partie du charme de la bande dessinée repose précisément sur la vie collective de cette petite communauté.

En privilégiant les décors touristiques et les péripéties humaines, l’adaptation continue donc de s’éloigner de ce qui faisait l’originalité des albums.

Paris remplace New York, mais la recette reste identique

Le changement de décor aurait pu permettre de renouveler véritablement la formule. Malheureusement, Paris sert surtout de toile de fond à une succession de poursuites, de maladresses et de situations comiques déjà vues.

La tour Eiffel, les rues de la capitale et les lieux touristiques remplacent simplement les décors new-yorkais du premier film. Le scénario conserve la même construction, avec des personnages bleus confrontés au monde moderne et des humains chargés de les accompagner.

Neil Patrick Harris et Jayma Mays retrouvent leurs rôles, mais leurs personnages apportent finalement assez peu à cette nouvelle aventure. L’intrigue autour des relations familiales de Patrick paraît notamment artificielle et ralentit régulièrement le récit.

Hank Azaria reste en revanche particulièrement à l’aise dans le rôle de Gargamel. Son interprétation outrancière correspond à l’esprit caricatural du sorcier, même si ses grimaces et ses maladresses finissent parfois par devenir répétitives.

Sur le plan visuel, les Schtroumpfs sont correctement intégrés aux prises de vues réelles, mais leur animation numérique conserve cet aspect légèrement artificiel qui les éloigne de la simplicité graphique de Peyo.

Une suite qui manque d’imagination

Malgré une intrigue davantage centrée sur les Schtroumpfs, le film souffre d’un manque évident de renouvellement. Les plaisanteries reposent souvent sur les mêmes mécanismes que dans le premier épisode, tandis que les personnages restent enfermés dans leurs caractéristiques habituelles.

L’humour physique, les chutes et les situations grotesques occupent une place considérable, parfois au détriment de l’histoire. Le scénario ne prend que rarement le temps de développer ses meilleures idées et préfère multiplier les péripéties pour maintenir l’attention des jeunes spectateurs.

Cette approche peut fonctionner auprès des enfants, mais elle risque de laisser les adultes et les lecteurs de la bande dessinée assez indifférents.

Le film possède néanmoins quelques moments de tendresse, principalement autour de la Schtroumpfette et de sa relation avec le Grand Schtroumpf. Ces séquences montrent qu’une adaptation plus personnelle aurait été possible en développant davantage les personnages plutôt qu’en reproduisant les recettes du cinéma familial hollywoodien.

Une franchise qui avait besoin de changer de direction

Sorti en 2013, Les Schtroumpfs 2 réalise des recettes mondiales importantes, mais nettement inférieures à celles du premier film. Cette baisse contribue à remettre en question la poursuite de la série sous cette forme.

Sony Pictures Animation choisira finalement de repartir sur une nouvelle approche avec Les Schtroumpfs et le Village perdu, sorti en 2017, un film entièrement réalisé en animation qui retrouve davantage l’univers merveilleux de Peyo.

Ce changement apparaît assez logique tant les deux premières adaptations semblent limitées par leur volonté de confronter systématiquement les Schtroumpfs au monde réel.

Les Schtroumpfs 2 reste donc une suite légèrement plus intéressante sur le plan thématique, mais incapable de corriger les faiblesses fondamentales du premier épisode.

En résumé

Une suite qui possède quelques bonnes idées, notamment en explorant les origines de la Schtroumpfette et sa relation avec Gargamel. Malheureusement, le scénario prévisible, l’humour répétitif et la présence excessive des personnages humains empêchent le film de véritablement progresser par rapport au premier volet. Une comédie familiale colorée et inoffensive, qui retrouve certains éléments de la bande dessinée de Peyo sans parvenir à en restituer toute la richesse.

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