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Deadpool & Wolverine

Affiche de Deadpool & Wolverine

Deadpool & Wolverine

Titre original : Deadpool & Wolverine

Réalisation : Shawn Levy

Avec : Ryan Reynolds, Hugh Jackman, Emma Corrin, Matthew Macfadyen

Production / distribution : Marvel Studios, Maximum Effort, 21 Laps Entertainment / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 08

Adaptation : Comics

Sortie : 24 juillet 2024

★★★★★ 4/5

Six ans après Deadpool 2, Ryan Reynolds retrouve Wade Wilson dans Deadpool & Wolverine, réalisé par Shawn Levy. Le film marque surtout l’arrivée officielle de Deadpool dans le MCU et le retour de Hugh Jackman en Wolverine, après les adieux particulièrement marquants de Logan. Marvel réunit ainsi deux personnages liés à l’ancien univers X-Men de la Fox dans une aventure qui assume pleinement son héritage.

Deadpool entre chez Disney sans devenir sage

C’était probablement la première inquiétude : que reste-t-il de Deadpool une fois récupéré par Disney ? Heureusement, pratiquement tout. Le langage, la violence, les références sexuelles, les massacres absurdes et surtout la capacité du personnage à se moquer du studio qui produit son propre film sont toujours présents.

Ryan Reynolds connaît désormais Wade Wilson sur le bout des doigts. Le problème est presque inverse : le film lui laisse parfois tellement de liberté qu’il ne sait plus s’arrêter. Les vannes s’enchaînent à une vitesse impressionnante et certaines fonctionnent beaucoup mieux que d’autres. Deadpool & Wolverine est souvent très drôle, mais il aurait parfois gagné à laisser quelques secondes de silence entre deux punchlines.

Hugh Jackman ne revient pas simplement pour faire plaisir aux fans

Faire revenir Wolverine après Logan était beaucoup plus risqué. Heureusement, le film ne cherche pas à annuler ce qui s’était passé dans celui de James Mangold. Il utilise une autre version du personnage, permettant à Hugh Jackman de revenir sans effacer la puissance de ses précédents adieux.

Ce Wolverine est fatigué, alcoolisé et rongé par la culpabilité. Face à l’agitation permanente de Wade, Jackman apporte une gravité indispensable. Leur opposition fonctionne justement parce que les deux acteurs ne jouent jamais sur le même registre : Deadpool transforme tout en plaisanterie tandis que Logan aimerait surtout qu’il se taise.

Et après plus de vingt ans, voir enfin Hugh Jackman porter une véritable tenue jaune et bleue n’est pas qu’un clin d’œil. Le film assume enfin pleinement l’imagerie des comics que les premiers X-Men avaient longtemps cherché à rendre plus réaliste.

Quand le fan service devient le sujet du film

Deadpool & Wolverine déborde de références, de caméos et de personnages récupérés dans différentes adaptations Marvel. Sur le papier, cela pourrait facilement devenir une gigantesque collection de figurines.

Le film s’en sort mieux que prévu parce que cette nostalgie fait partie de son sujet. Le multivers devient ici une manière de parler de personnages et d’univers abandonnés lorsque les franchises ont été arrêtées ou relancées. Deadpool ne se contente donc pas de croiser le passé : il évolue littéralement au milieu des restes d’anciennes continuités.

Cela n’empêche pas certaines apparitions de relever du pur plaisir de fan. Mais contrairement à un simple défilé de caméos, plusieurs d’entre elles participent réellement à cette idée de héros auxquels Hollywood a décidé de ne plus donner de place.

Deadpool et Wolverine : le duo fait évidemment des étincelles

Marvel avait déjà largement exploité dans les comics l’association explosive entre Wade et Logan. Au cinéma, leur opposition devient immédiatement évidente : deux personnages capables de régénérer leurs blessures peuvent se massacrer avec une liberté presque totale.

Les affrontements en profitent pleinement. Les griffes traversent les corps, les os se brisent et Deadpool peut encaisser des blessures absurdes avant de repartir. Shawn Levy comprend surtout qu’un combat entre eux peut devenir une scène comique sans cesser d’être brutal.

Le duo fonctionne toutefois davantage dans les moments où la plaisanterie laisse apparaître leurs blessures respectives. Derrière son arrogance, Wade cherche désespérément à prouver qu’il peut compter. Logan, lui, est persuadé d’avoir définitivement échoué. C’est cette rencontre entre deux losers presque indestructibles qui donne au film son véritable cœur.

Cassandra Nova fonctionne, mais aurait mérité davantage

Emma Corrin compose une Cassandra Nova suffisamment inquiétante pour ne pas disparaître complètement derrière ses deux vedettes. Son calme contraste efficacement avec sa puissance et certaines utilisations de ses capacités produisent des images particulièrement dérangeantes.

Mais comme souvent dans le MCU, l’antagoniste finit par être moins intéressant que les héros. Cassandra appartient surtout au mécanisme qui permet de faire fonctionner l’intrigue multiverselle et aurait mérité davantage de développement.

Le même problème touche parfois le fonctionnement du TVA. Entre les différentes chronologies, les univers et les règles permettant de les maintenir ou de les supprimer, le film accumule un jargon dont Deadpool lui-même semble parfois se moquer.

Le multivers fonctionne mieux lorsqu’il sert de terrain de jeu

Après plusieurs films ayant transformé le multivers en concept de plus en plus compliqué, Deadpool & Wolverine prend une décision assez salutaire : ne pas demander au spectateur de le prendre trop au sérieux.

Le Void devient un gigantesque bac à jouets dans lequel Marvel peut récupérer des personnages, des accessoires et des idées provenant de plusieurs décennies d’adaptations. Cela permet au film de retrouver une forme de plaisir immédiat que le MCU avait parfois perdu.

En revanche, cette accumulation possède une limite évidente. Une partie de l’efficacité du film dépend de la connaissance de l’histoire cinématographique de Marvel et de la Fox. Quelqu’un n’ayant aucun attachement à ces anciennes adaptations ne ressentira forcément pas la même chose devant certaines apparitions.

Un film imparfait, mais qui retrouve le plaisir du blockbuster Marvel

Deadpool & Wolverine n’est pas particulièrement subtil. Son scénario sert parfois surtout à déplacer les personnages jusqu’au prochain combat, à la prochaine apparition surprise ou à la prochaine plaisanterie. Certaines vannes tombent à plat et la mécanique multiverselle commence sérieusement à montrer ses limites.

Mais le film possède quelque chose qui manquait cruellement à plusieurs productions Marvel précédentes : de l’énergie et l’impression que les acteurs s’amusent réellement. Ryan Reynolds et Hugh Jackman portent presque entièrement l’aventure grâce à leur alchimie et à leur opposition.

Après des films aussi laborieux que Quantumania ou The Marvels, retrouver une production Marvel capable d’assumer aussi franchement son identité fait du bien. Deadpool ne sauve peut-être pas réellement le MCU comme il aime le prétendre, mais il lui rappelle au moins qu’un film de super-héros peut commencer par chercher à être amusant.

En résumé

Deadpool & Wolverine abuse parfois des vannes, du multivers et du fan service, mais l’alchimie entre Ryan Reynolds et Hugh Jackman suffit largement à faire fonctionner cette énorme récréation Marvel. Imparfait et volontairement bordélique, le film retrouve surtout une énergie qui faisait sérieusement défaut au MCU.

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