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Thunderbolts*

Affiche de Thunderbolts*

Thunderbolts*

Titre original : Thunderbolts*

Réalisation : Jake Schreier

Avec : Florence Pugh, Sebastian Stan, David Harbour, Wyatt Russell

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 07

Adaptation : Comics

Sortie : 30 avril 2025

★★★★★ 4/5

Sorti en 2025 et réalisé par Jake Schreier, Thunderbolts* rassemble plusieurs personnages secondaires du MCU : Yelena Belova, Bucky Barnes, Red Guardian, U.S. Agent, Ghost et Taskmaster. Florence Pugh reprend ainsi le personnage introduit dans Black Widow, entourée notamment de Sebastian Stan, David Harbour et Wyatt Russell. Plutôt que de former une nouvelle équipe de super-héros traditionnels, Marvel réunit ici des personnages qui ont surtout en commun leurs erreurs et leur difficulté à trouver leur place.

Yelena devient enfin une véritable héroïne principale

Florence Pugh était déjà l’une des grandes réussites de Black Widow, et Thunderbolts* confirme qu’elle pouvait parfaitement porter un film. Yelena n’est plus simplement la petite sœur drôle et imprévisible de Natasha : derrière son ironie apparaît une femme profondément seule, incapable de donner un véritable sens à son existence après tout ce qu’elle a vécu.

Le film a l’intelligence de ne pas chercher à transformer cette fragilité en faiblesse. Yelena reste une combattante redoutable, mais aucune cascade ne peut résoudre ce qui la ronge intérieurement. Florence Pugh passe très naturellement de l’humour à quelque chose de beaucoup plus mélancolique et devient le véritable cœur du groupe.

Une équipe de bras cassés beaucoup plus humaine que prévu

L’idée de réunir ces personnages fonctionne parce qu’aucun d’entre eux ne semble réellement destiné à devenir un Avenger. John Walker continue de vivre dans l’ombre du bouclier de Captain America, Ghost reste isolée, Alexei cherche désespérément à retrouver une importance qu’il n’a plus et Bucky tente toujours d’avancer malgré son passé.

David Harbour apporte évidemment l’essentiel de la comédie, mais Red Guardian n’est pas uniquement utilisé comme clown. Sa relation avec Yelena lui apporte une dimension plus tendre, même lorsque son enthousiasme devient épuisant. Wyatt Russell est également très bon en John Walker, toujours aussi agaçant mais suffisamment vulnérable pour ne jamais devenir une simple caricature.

Bucky est en revanche légèrement en retrait. Sebastian Stan apporte immédiatement tout le vécu du personnage, mais Thunderbolts* appartient davantage à Yelena et aux nouvelles figures que le MCU cherche à installer.

Bob, la très bonne surprise du film

Lewis Pullman apporte au film son personnage le plus intrigant avec Bob. Il apparaît presque comme l’inverse absolu des autres : maladroit, perdu et apparemment incapable de comprendre ce qu’il fait au milieu de ces combattants professionnels.

C’est pourtant autour de lui que Thunderbolts* développe ses idées les plus intéressantes. Sans entrer dans les révélations du film, Bob permet au récit de parler de solitude, de peur de soi-même et de cette sensation de vide que plusieurs membres du groupe connaissent sous différentes formes.

Le personnage aurait facilement pu devenir un simple prétexte à une gigantesque bataille finale. Le film choisit heureusement quelque chose de plus intime, et c’est probablement sa meilleure décision.

Valentina Allegra de Fontaine trouve enfin son utilité

Après plusieurs apparitions dispersées dans le MCU, Valentina obtient enfin une fonction plus claire. Julia Louis-Dreyfus joue parfaitement son mélange de cynisme, d’ambition et de communication politique permanente. Elle considère les individus comme des ressources dont il faut savoir se débarrasser lorsqu’elles deviennent embarrassantes.

Le personnage permet également de donner une cohérence à plusieurs éléments installés depuis des années. Pour une fois, Thunderbolts* ne donne pas l’impression de multiplier les connexions uniquement pour préparer les dix prochains projets : plusieurs morceaux éparpillés du MCU commencent réellement à former quelque chose.

Un film Marvel étonnamment terre à terre

Jake Schreier revient vers une action plus physique que celle de nombreuses productions récentes du studio. Les personnages utilisent armes, couteaux et combats rapprochés, tandis que leurs capacités restent relativement limitées. Même lorsqu’une menace beaucoup plus spectaculaire apparaît, le film conserve longtemps cette sensation de proximité.

Visuellement, Thunderbolts* n’est pas le film Marvel le plus flamboyant, mais cette sobriété lui convient. Il n’a pas besoin d’envoyer son équipe dans plusieurs dimensions ou de détruire la moitié de l’univers pour créer des enjeux.

Cette retenue fait surtout du bien après plusieurs films du MCU obsédés par l’idée d’aller toujours plus loin. Ici, le véritable danger vient autant de ce que les personnages portent en eux que de ce qu’ils doivent combattre.

Une manière intelligente de parler de la santé mentale

C’est probablement là que Thunderbolts* surprend le plus. Derrière son équipe de personnages cassés, le film parle très directement de solitude, de dépression, de culpabilité et du sentiment de ne servir à rien. Le sujet aurait facilement pu devenir lourd ou artificiel dans un blockbuster Marvel.

Il fonctionne parce qu’il traverse presque tous les personnages sans les réduire à un discours. Chacun tente de remplir son propre vide : par la violence, la reconnaissance, les missions, la nostalgie ou simplement en prétendant que tout va bien.

Et lorsque le film arrive à son dernier acte, il comprend qu’une souffrance intérieure ne se règle pas forcément avec un plus gros coup de poing. Pour le MCU, c’est presque révolutionnaire.

Marvel retrouve quelque chose d’essentiel : ses personnages

Thunderbolts* n’est pas un nouveau Avengers. Il n’en possède ni l’ampleur ni le caractère événementiel, et c’est précisément ce qui lui permet de fonctionner. Le film ne demande pas au spectateur d’admirer ses héros : il lui demande progressivement de s’attacher à eux.

Tout n’est pas parfaitement équilibré. Certains membres de l’équipe restent moins développés et le poids de plusieurs années de continuité Marvel est toujours présent. Mais contrairement à Quantumania ou The Marvels, le film semble d’abord construit autour de ses personnages avant de chercher à préparer l’avenir du MCU.

Les Thunderbolts ne sont peut-être pas les héros dont Marvel rêvait autrefois, mais leurs imperfections sont précisément ce qui rend leur équipe aussi attachante.

En résumé

Thunderbolts* retrouve une dimension humaine qui manquait à plusieurs productions récentes du MCU. Florence Pugh domine un groupe attachant de personnages cabossés, tandis que Bob permet au film d’aborder des thèmes étonnamment intimes sans sacrifier le divertissement.

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