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Death Note 2: The Last Name

Affiche de Death Note 2: The Last Name

Death Note 2: The Last Name

Titre original : Desu Nōto: The Last Name

Réalisation : Shūsuke Kaneko

Avec : Tatsuya Fujiwara, Kenichi Matsuyama, Erika Toda

Production / distribution : Death Note Film Partners, NTV, Shūeisha, Warner Bros. / Eurozoom

Durée : 2 h 21

Adaptation : Manga

Sortie : 9 janvier 2008

4/5

Après un premier film consacré à la naissance de Kira et à la mise en place du duel entre Light Yagami et L, Death Note: The Last Name doit accomplir une tâche autrement plus difficile : condenser une quantité considérable du manga et offrir une véritable conclusion. Shūsuke Kaneko fait alors un choix particulièrement intéressant : plutôt que de vouloir absolument tout reproduire, il accepte de s’éloigner de l’œuvre de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata pour construire une fin propre à son diptyque. Et c’est probablement ce qui permet à ce deuxième film d’être encore plus efficace que le premier.

Light et L peuvent enfin jouer leur partie

Le premier Death Note devait consacrer beaucoup de temps à présenter le cahier, ses règles et la transformation progressive de Light. The Last Name peut entrer beaucoup plus rapidement dans ce qui constitue le cœur de l’histoire : l’affrontement entre deux intelligences exceptionnelles dont chacune cherche à faire commettre une erreur à l’autre.

Tatsuya Fujiwara peut ainsi montrer un Light désormais beaucoup plus sûr de lui. Son personnage ne se demande pratiquement plus s’il a le droit d’agir : il cherche surtout comment continuer sans être découvert. Face à lui, Kenichi Matsuyama confirme tout ce que le premier film laissait entrevoir. Son L reste étrange, drôle sans chercher à l’être et constamment imprévisible.

Le meilleur du film vient naturellement de leur proximité. Plus L se rapproche de Light, plus chacun doit surveiller le moindre geste de l’autre. Ils collaborent tout en cherchant simultanément comment détruire celui qui se trouve juste à côté d’eux. C’est exactement là que Death Note devient passionnant.

Misa Amane change complètement la partie

L’arrivée de Misa Amane aurait facilement pu déséquilibrer le film. Erika Toda doit incarner un personnage exubérant, amoureux de Kira et beaucoup moins méthodique que Light, tout en évitant d’en faire une simple caricature. Elle apporte justement quelque chose qui manquait au duel extrêmement contrôlé entre Light et L : l’imprévisibilité.

Avec l’apparition d’un deuxième Kira et d’un autre Death Note, les possibilités se multiplient. Le film doit désormais jongler avec plusieurs cahiers, plusieurs propriétaires et des règles de plus en plus importantes sans perdre totalement le spectateur. Il y parvient plutôt bien, même si celui qui découvre cet univers uniquement par les films devra parfois rester particulièrement attentif.

Misa permet surtout de révéler encore davantage Light. Là où elle est guidée par ses émotions et son admiration pour Kira, lui analyse immédiatement ce qu’elle peut lui apporter. Leur relation devient ainsi beaucoup moins romantique qu’elle ne le paraît : Light regarde de plus en plus les êtres humains comme des pièces qu’il peut déplacer sur son échiquier.

Rem apporte ce que Ryuk ne pouvait pas donner

Le deuxième film introduit également Rem, et la présence d’un nouveau dieu de la mort permet de montrer que tous ne considèrent pas les humains comme Ryuk. Ce dernier reste essentiellement un spectateur amusé : Light constitue pour lui un divertissement particulièrement réussi.

Rem entretient une relation très différente avec Misa. Cette opposition donne davantage de profondeur aux shinigamis et permet surtout au scénario d’introduire une nouvelle variable dans les calculs de Light. Car dans Death Note, même une créature surnaturelle finit par devenir un élément dont il faut comprendre les règles pour éventuellement l’utiliser.

Visuellement, en revanche, le constat reste le même que dans le premier film. Les effets numériques de 2006 ont vieilli et l’intégration de Ryuk et Rem paraît aujourd’hui assez rudimentaire. Mais leurs designs sont suffisamment fidèles et leurs personnalités suffisamment fortes pour que l’on finisse assez rapidement par accepter leur apparence.

Une intrigue très dense, parfois trop

The Last Name dure environ 2 h 20 et on comprend rapidement pourquoi. Le film reprend notamment Misa, Rem, le deuxième Kira, la détention de plusieurs personnages, les questions de possession et de mémoire liées au Death Note, ainsi qu’une partie de l’intrigue autour d’un Kira de substitution. C’est énormément de matière.

Kaneko et son scénariste Tetsuya Oishi procèdent donc à des coupes importantes. Certains personnages disparaissent, d’autres fonctions narratives sont regroupées et plusieurs développements du manga sont considérablement raccourcis. Le film avance parfois si rapidement qu’une règle du Death Note expliquée quelques scènes auparavant peut soudainement devenir essentielle.

Cette densité constitue à la fois sa faiblesse et sa force. Le film possède moins de temps pour développer certains personnages secondaires, mais il ne laisse pratiquement jamais retomber la confrontation entre Light et L. Là où le manga pouvait volontairement multiplier les détours, le film sait exactement vers quel affrontement il veut revenir.

La meilleure idée : ne pas vouloir adapter tout Death Note

C’est surtout dans sa dernière partie que The Last Name justifie pleinement son existence. Sans entrer dans les événements précis, le film prend progressivement ses distances avec le manga et refuse notamment d’en reproduire toute la seconde moitié.

C’était un pari risqué. Modifier profondément une œuvre aussi populaire pouvait provoquer un rejet immédiat. Pourtant, ce choix fonctionne parce qu’il ne trahit pas les personnages : il utilise leurs personnalités, leurs méthodes et les règles établies depuis le premier film pour imaginer une autre manière de résoudre le duel entre Light et L.

Cette différence rend même le film particulièrement intéressant pour quelqu’un qui connaît déjà le manga. On ne regarde plus simplement une version accélérée d’une histoire dont on connaît chaque étape. À partir d’un certain point, l’adaptation retrouve sa capacité à surprendre.

Et surtout, cette nouvelle direction évite l’erreur classique consistant à condenser artificiellement douze volumes jusqu’à rendre le récit incompréhensible. Kaneko comprend qu’il vaut mieux terminer correctement son histoire que résumer maladroitement celle d’Ohba et Obata.

Tatsuya Fujiwara devient enfin pleinement Kira

Cette seconde partie profite également beaucoup à Tatsuya Fujiwara. Le Light du premier film pouvait encore laisser apparaître le jeune homme qu’il était avant de découvrir le Death Note. Ici, le personnage devient progressivement beaucoup plus inquiétant.

Fujiwara fonctionne particulièrement bien lorsqu’il doit laisser apparaître l’arrogance de Light derrière son visage d’étudiant modèle. Plus son plan devient complexe, plus sa certitude d’être intellectuellement supérieur aux autres devient visible. L’acteur peut parfois être très démonstratif, mais cette théâtralité convient finalement assez bien à un personnage qui commence lui-même à se considérer comme une divinité.

Face à lui, Matsuyama reste formidablement impassible. Cette opposition de jeu participe énormément à leur confrontation : Light veut contrôler la pièce entière tandis que L donne constamment l’impression d’observer quelque chose que personne d’autre n’a remarqué.

Une conclusion qui donne sa valeur au diptyque

C’est finalement avec The Last Name que l’on comprend pleinement pourquoi il était judicieux de tourner deux films. Le premier installe patiemment les règles ; le second peut les retourner contre les personnages. Chaque détail concernant le Death Note devient potentiellement important et le spectateur est constamment invité à essayer de comprendre qui possède réellement plusieurs coups d’avance.

La mise en scène reste relativement fonctionnelle et les effets spéciaux empêchent parfois le film d’atteindre toute l’élégance visuelle du manga. Mais Kaneko sait où se trouve son véritable spectacle. Il n’est pas dans les shinigamis ni dans les morts surnaturelles : il est dans deux hommes assis dans la même pièce qui essaient de comprendre lequel réussira à piéger l’autre.

Et en choisissant une conclusion différente de celle du manga, le réalisateur donne finalement à ses deux films une véritable raison d’exister à côté de l’œuvre originale plutôt que simplement derrière elle.

En résumé

Death Note: The Last Name est plus dense et parfois plus précipité que son prédécesseur, mais également plus passionnant. L’arrivée de Misa et Rem enrichit considérablement le jeu tandis que Tatsuya Fujiwara et Kenichi Matsuyama peuvent enfin exploiter pleinement la confrontation entre Light et L.

Surtout, le film comprend qu’une adaptation réussie n’a pas l’obligation de reproduire chaque événement. En osant proposer sa propre conclusion tout en respectant la logique de ses personnages, ce deuxième volet transforme les deux Death Note de Shūsuke Kaneko en véritable relecture du manga plutôt qu’en simple copie live.

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