Ducobu et le fantôme de Saint-Potache
Avec : Charlie Garnier Naslin, Élie Semoun, Émilie Caen, Frédérique Bel, Gérard Jugnot
Production / distribution : Les Films du 24, TF1 Films Production, UMedia / UGC Distribution
Durée : 1 h 30
Adaptation : BD franco-belge
Sortie : 7 octobre 2026
Quinze ans après L’Élève Ducobu, la saga inspirée de la bande dessinée de Zidrou et Godi atteint son sixième film. Élie Semoun réalise son quatrième épisode consécutif et retrouve Monsieur Latouche, tandis que Charlie Garnier Naslin devient le sixième interprète de Ducobu. Cette fois, Saint-Potache bascule dans le fantastique avec Halloween, une maison hantée et Anatole, fantôme présenté comme le plus grand cancre de l’histoire de l’école.
Quand Ducobu rencontre le fantastique
Sur le papier, l’idée n’est finalement pas si éloignée de l’univers de Ducobu. La série n’a jamais vraiment cherché le réalisme et confronter le célèbre cancre au fantôme d’un ancien élève pouvait même offrir un joli terrain de jeu.
Anatole aurait cependant pu être davantage exploité comme le miroir de Ducobu : le cancre légendaire face à celui qui semble destiné à lui succéder. Le film préfère largement profiter de tout ce que le fantastique permet en matière de maison hantée, de phénomènes surnaturels et de situations extravagantes.
C’est là que la surenchère se fait sentir. Ducobu avait autrefois simplement besoin d’un contrôle, de Léonie et d’une antisèche improbable pour provoquer une catastrophe. Il lui faut désormais des fantômes pour semer le chaos.
Élie Semoun s’amuse toujours autant
Élie Semoun reste le véritable fil rouge de la saga. Présent depuis 2011 et réalisateur depuis Ducobu 3, il a largement participé à la construction de l’identité cinématographique de cet univers.
Et son plaisir à incarner Monsieur Latouche semble toujours intact. Cette fois, le film trouve même une variation assez amusante en permettant à l’éternel défenseur de la discipline de jouer lui-même les cancres.
Voir Latouche basculer de l’autre côté constitue l’une des bonnes idées du film. Après avoir passé quinze ans à traquer les bêtises de Ducobu, il peut enfin en commettre à son tour, et Semoun s’amuse visiblement avec ce renversement.
Cela ne révolutionne évidemment pas le personnage, mais apporte une petite fraîcheur bienvenue à une mécanique que l’on connaît désormais par cœur.
Toujours plus loin pour continuer
Depuis Ducobu 3, chaque épisode semble devoir trouver un nouveau concept. Après les nouvelles technologies, l’élection scolaire et l’écologie, voici donc le paranormal.
Les thèmes changent, mais la mécanique beaucoup moins. Ducobu contourne les règles, Léonie tente de rester raisonnable et Latouche finit inévitablement par perdre patience. Le fantastique ressemble alors davantage à un nouvel habillage qu’à une véritable réinvention.
Difficile de ne pas penser à la saga du Gendarme. Les aventures relativement simples de Cruchot à Saint-Tropez avaient fini par laisser place aux extraterrestres. Ducobu en arrive désormais aux fantômes.
La comparaison prête à sourire, mais elle résume assez bien cette fuite en avant : tant que le public est là, pourquoi s’arrêter ?
Et on peut difficilement reprocher à Élie Semoun de continuer une aventure qui trouve toujours son public, surtout qu’il semble beaucoup s’y amuser. On aimerait simplement avoir davantage l’occasion de le retrouver ailleurs, dans des personnages et des registres différents.
Mais les enfants, eux, s’amusent
C’est aussi ce qui empêche de condamner complètement ce sixième épisode. Ducobu et le fantôme de Saint-Potache sait parfaitement à qui il s’adresse.
Fantômes, Halloween, maison hantée, gags visuels et adultes se comportant parfois encore plus mal que les enfants : le film accumule tout ce qui peut transformer cette aventure en grande récréation pour son jeune public.
Là où un adulte verra facilement la répétition et la surenchère, les enfants peuvent simplement profiter du spectacle. Et après tout, Ducobu leur est destiné en priorité.
Cela ne fait pas disparaître les faiblesses du scénario ni l’impression que la franchise cherche désormais très loin ses nouvelles idées. Mais le film remplit malgré tout sa fonction première : divertir son public.
En résumé
Ducobu et le fantôme de Saint-Potache confirme l’essoufflement d’une saga qui doit désormais convoquer le paranormal pour renouveler sa formule. Comme Le Gendarme avait fini par rencontrer les extraterrestres, Ducobu rencontre les fantômes, avec tout ce que cela implique de surenchère.
Mais ce sixième film conserve suffisamment d’énergie pour amuser les enfants, et l’idée de voir Monsieur Latouche abandonner momentanément son rôle d’éternel gardien de la discipline pour jouer lui-même les cancres apporte une variation bienvenue. Élie Semoun semble toujours prendre un plaisir évident à retrouver cet univers et, tant que le public continue de répondre présent, difficile de lui reprocher de poursuivre l’aventure.
La saga mériterait sans doute de souffler un peu, mais cette nouvelle récréation fantastique conserve suffisamment de fantaisie pour éviter le bonnet d’âne.
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