MiklMayer.fr

Justice League

Affiche de Justice League

Justice League

Titre original : Justice League

Réalisation : Zack Snyder

Avec : Ben Affleck, Henry Cavill, Gal Gadot, Jason Momoa, Ezra Miller

Production / distribution : Warner Bros. Pictures, DC Films, RatPac-Dune Entertainment, Atlas Entertainment / Warner Bros. France

Durée : 2 h

Adaptation : Comics

Sortie : 15 novembre 2017

★★★★★ 2/5

Après Man of Steel, Batman v Superman et Wonder Woman, l’univers cinématographique DC réunit enfin ses principaux héros en 2017. Zack Snyder met en scène Batman, Wonder Woman, Superman, Aquaman, Flash et Cyborg, mais quitte la production avant son achèvement. Joss Whedon supervise alors d’importantes reprises et la finalisation du film, donnant naissance à une version cinéma de deux heures profondément remaniée.

Une Justice League assemblée beaucoup trop vite

Marvel avait consacré plusieurs films à ses héros avant de les réunir dans Avengers. Justice League doit accomplir une partie de ce travail pendant le film lui-même. Aquaman, Flash et Cyborg n’ont encore jamais bénéficié d’une véritable aventure solo, tandis que Batman et Wonder Woman doivent simultanément former l’équipe et gérer les conséquences de Batman v Superman.

Le résultat ressemble parfois davantage à une présentation des personnages qu’à la réunion de héros que le film voudrait déjà rendre mythique. Flash bénéficie rapidement d’une personnalité grâce à son humour, Aquaman s’impose par le charisme de Jason Momoa et Cyborg possède potentiellement l’histoire la plus tragique du groupe. Mais aucun n’a vraiment le temps de respirer. La Justice League est réunie avant même que le spectateur ait réellement eu l’occasion de connaître une bonne moitié de ses membres.

Batman et Wonder Woman auraient pu former le cœur du film

Ben Affleck et Gal Gadot constituent pourtant une base solide. Après les événements de Batman v Superman, Bruce Wayne comprend qu’il ne peut plus affronter seul les menaces qui se présentent. Celui qui considérait Superman comme un danger potentiel devient ainsi celui qui cherche à réunir des êtres extraordinaires pour protéger la planète.

La relation entre Batman et Wonder Woman fonctionne particulièrement bien lorsqu’ils ne sont pas d’accord sur la manière de construire cette équipe. Bruce agit dans l’urgence, Diana possède davantage de recul et tous deux portent à leur manière le poids de leurs expériences précédentes. Malheureusement, cette dynamique est souvent sacrifiée au profit d’une succession de scènes destinées à faire avancer rapidement l’intrigue.

Flash amuse, Aquaman intrigue, Cyborg méritait beaucoup plus

Ezra Miller apporte au Flash une énergie immédiatement reconnaissable. Cette version de Barry Allen est maladroite, inexpérimentée et clairement dépassée par les événements, ce qui permet au film de disposer d’un personnage observant ces héros presque comme le ferait le spectateur. L’humour fonctionne parfois, même si le montage cherche beaucoup trop régulièrement à transformer Flash en machine à produire des plaisanteries.

Jason Momoa réussit également à imposer Aquaman avant même son film solo. Le personnage reste encore sommairement développé, mais sa brutalité, son détachement et son apparence suffisent à casser l’image parfois caricaturale associée au héros. Cyborg est en revanche le grand sacrifié. Son rapport à son corps transformé, à son père et à une technologie qu’il maîtrise difficilement contenait largement de quoi constituer l’un des fils émotionnels majeurs du film. La version cinéma n’en conserve que les grandes lignes.

Steppenwolf : difficile de trouver plus générique

Pour réunir une équipe aussi puissante, encore fallait-il lui donner un adversaire digne d’elle. Steppenwolf remplit techniquement cette fonction, mais guère davantage. Son objectif autour des Boîtes Mères permet de lancer l’intrigue et d’offrir suffisamment de soldats numériques à combattre, sans parvenir à lui donner une véritable présence.

Son apparence numérique assez terne n’aide évidemment pas. Là où Loki donnait immédiatement un visage, une personnalité et une motivation au premier rassemblement des Avengers, Steppenwolf ressemble surtout à l’obstacle obligatoire permettant à la Justice League de se constituer. La menace est gigantesque, mais le méchant étonnamment impersonnel.

Le retour de Superman montre surtout le déséquilibre de l’équipe

La disparition de Superman constitue initialement l’une des idées les plus intéressantes du film. Son absence laisse un vide et pousse Batman à comprendre que le monde a besoin de symboles capables de faire ce que lui ne peut pas accomplir. Le problème apparaît lorsque Superman retrouve véritablement sa place dans l’histoire.

Henry Cavill possède évidemment la stature du personnage et certaines scènes montrent enfin un Superman plus lumineux. Mais sa puissance rend soudainement presque toute l’équipe secondaire. Lorsque Superman peut rivaliser sans difficulté avec les autres héros et changer pratiquement à lui seul l’issue d’un affrontement, la nécessité même de cette Justice League devient beaucoup moins évidente. Le film devait montrer pourquoi ces personnages avaient besoin les uns des autres ; il finit presque par démontrer pourquoi ils avaient surtout besoin de Superman.

Deux visions différentes cousues dans le même film

C’est probablement le problème le plus évident de cette version de Justice League. Le film donne constamment l’impression d’être tiraillé entre deux approches. Il conserve l’esthétique sombre, la mythologie et plusieurs idées développées par Zack Snyder, tout en cherchant régulièrement à devenir plus léger, plus rapide et plus humoristique.

Les importantes reprises supervisées par Joss Whedon se ressentent dans le ton, le montage et même visuellement. Certaines scènes semblent appartenir à deux films différents. Le cas de la moustache d’Henry Cavill, retirée numériquement lors des reshoots parce que l’acteur devait la conserver pour un autre tournage, est devenu le symbole presque parfait de cette production chaotique : dès certains gros plans de Superman, quelque chose paraît immédiatement étrange.

Le problème dépasse largement ce détail devenu célèbre. Justice League ne donne pas seulement l’impression d’avoir été remonté : il donne parfois l’impression de ne jamais avoir décidé quel film il voulait être.

Un événement qui manque étonnamment de grandeur

Voir Batman, Superman, Wonder Woman, Flash, Aquaman et Cyborg réunis pour la première fois au cinéma aurait dû constituer un événement considérable. Quelques plans réussissent d’ailleurs à retrouver cette sensation, notamment lorsque l’équipe est enfin réunie. Mais le film de deux heures avance tellement vite qu’il transforme souvent cette rencontre historique en blockbuster étonnamment fonctionnel.

Même l’affrontement final souffre de ce manque d’ampleur. Décor numérique envahi d’une lumière rougeâtre, armée de créatures interchangeables et destruction massive : tout semble énorme sans réellement paraître épique. Pour un film réunissant certaines des plus grandes icônes de l’histoire des comics, Justice League paraît paradoxalement beaucoup trop petit.

En résumé

Justice League possède une distribution suffisamment charismatique pour offrir quelques bons moments : Gal Gadot et Ben Affleck fonctionnent bien ensemble, Jason Momoa impose déjà Aquaman et Ezra Miller apporte une énergie différente à Flash. Même Cyborg laisse entrevoir un personnage beaucoup plus intéressant que la place qui lui est accordée.

Mais le film souffre d’un montage précipité, d’un Steppenwolf sans relief, d’effets numériques inégaux et surtout du mélange évident de deux visions incompatibles. La réunion historique de Batman, Superman et Wonder Woman avec la Justice League aurait dû être gigantesque ; elle ressemble finalement à un rendez-vous manqué.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR