Cinq Avril — Tome 3
La Reine blanche
Éditeur : Dupuis
Sortie originale : 7 juin 2024
Après son aventure anglaise, Avril sait désormais qu’Anne Boleyn n’est pas sa mère, même si c’est bien elle qui l’a déposé au Clos Lucé lorsqu’il était bébé. Mais une nouvelle piste bouleverse sa quête : Léonard de Vinci connaissait son existence avant même son arrivée et aurait peint le portrait de sa véritable mère. De retour en France, Avril espère enfin comprendre qui il est. Avec La Reine blanche, Michel Bussi, Fred Duval et Noë Monin font franchir une nouvelle étape au grand mystère de la série.
Le retour en France ne se passe pas comme prévu
Avril possède désormais plusieurs indices, mais aucune certitude. Michelle de Saubonne pourrait connaître sa véritable identité et le mystérieux portrait laissé par Léonard constitue une nouvelle piste. Il repart donc vers la France avec l’espoir de recoller les morceaux de son passé.
Évidemment, rien ne se déroule aussi simplement. Son retour le replace immédiatement au cœur des intrigues politiques et la question de son identité dépasse très vite la seule recherche personnelle. Qui est Avril devient progressivement une question susceptible d’intéresser les plus hautes sphères du royaume.
C’est là que ce troisième tome devient particulièrement intéressant : ce qui ressemblait initialement à une quête des origines commence à prendre une dimension beaucoup plus vaste.
Une révélation qui change complètement les enjeux
Les auteurs continuent à jouer avec les fausses pistes. Après Anne Boleyn, une nouvelle hypothèse apparaît autour de Marie Tudor et de Louis XII, qui ferait d’Avril un personnage autrement plus dangereux pour le pouvoir en place.
Le scénario entretient habilement le doute. Chaque fois qu’Avril semble approcher de la vérité, une nouvelle information remet en cause ce qu’il croyait savoir. Le procédé pourrait devenir frustrant, mais La Reine blanche apporte suffisamment d’éléments nouveaux pour donner le sentiment que l’intrigue avance réellement.
Avril n’est d’ailleurs plus seulement poursuivi parce qu’il possède un secret hérité de Léonard de Vinci. Son existence même pourrait désormais constituer une menace.
L’Histoire et la fiction s’imbriquent encore davantage
Depuis le premier tome, Cinq Avril s’amuse avec les grandes figures de la Renaissance. Ce troisième album pousse encore plus loin cette mécanique en transformant les successions, les mariages et les liens de parenté royaux en éléments d’un véritable thriller historique.
Bussi et Duval ne cherchent pas à dissimuler le caractère romanesque de leur intrigue. Ils prennent l’Histoire comme un terrain de jeu et imaginent un personnage fictif capable de se glisser dans ses interstices.
Cela fonctionne d’autant mieux que le récit conserve son esprit de cape et d’épée. Complots, poursuites, affrontements et révélations s’enchaînent rapidement, sans transformer l’album en cours d’histoire.
Avril commence aussi à changer
La progression du héros est peut-être moins spectaculaire que les révélations concernant ses origines, mais elle existe réellement. Avril n’est plus tout à fait le jeune homme du premier tome découvrant que Léonard lui avait caché une partie de son passé.
Il se méfie davantage de ce qu’on lui raconte et commence surtout à mesurer les conséquences que pourrait avoir la découverte de son identité. La vérité qu’il recherche depuis le début n’est peut-être pas seulement une réponse personnelle : elle pourrait bouleverser la vie de nombreuses personnes.
Ariane conserve également une place importante autour de lui et contribue à donner une dimension plus humaine à une intrigue qui pourrait facilement se perdre dans ses multiples complots.
Noë Monin toujours aussi dynamique
Noë Monin reste l’un des grands atouts de Cinq Avril. Son dessin possède une énergie presque animée, particulièrement visible lors des combats. La couverture de La Reine blanche, avec son affrontement dans la neige, illustre parfaitement cette manière de privilégier le mouvement.
Les décors historiques sont présents sans devenir envahissants et les personnages conservent des expressions très marquées. Antoine Lapasset accompagne à nouveau ce dessin avec une mise en couleurs qui donne beaucoup d’atmosphère aux différentes séquences. Dupuis crédite bien Monin au dessin et Lapasset aux couleurs.
En résumé
La Reine blanche fait véritablement avancer le mystère de Cinq Avril. Les nouvelles révélations donnent une dimension politique beaucoup plus importante aux origines du héros, tout en entretenant suffisamment le doute pour préparer la suite.
Toujours aussi dynamique grâce au dessin de Noë Monin, ce troisième tome confirme surtout que la série sait renouveler son intrigue sans perdre son esprit de grande aventure historique.
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