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Le Roi assassin

Couverture de Le Roi assassin

Cinq Avril — Tome 2

Le Roi assassin

Michel Bussi, Fred Duval, Noë Monin, Antoine Lapasset

Éditeur : Dupuis

Sortie originale : 2 juin 2023

★★★★★ 4/5

Après avoir découvert qu’un immense secret entourait sa naissance, Cinq Avril poursuit sa quête loin de la France. Fraîchement arrivé en Angleterre, le jeune homme se retrouve au cœur d’une machination impliquant Henri VIII, Anne Boleyn et François Ier. Michel Bussi et Fred Duval continuent ainsi de mêler grande Histoire et fiction dans Le Roi assassin, un deuxième tome qui délaisse quelque peu la présentation du héros pour se lancer pleinement dans l’aventure.

Avril devient un pion politique

Le premier tome reposait essentiellement sur une question : qui est réellement Cinq Avril ? Celle-ci demeure, mais les scénaristes peuvent désormais développer davantage le monde dans lequel leur héros évolue.

Avril se retrouve ainsi mêlé à une conspiration destinée à compromettre Anne Boleyn, future épouse d’Henri VIII. Des documents particulièrement compromettants pourraient prouver une liaison entre elle et François Ier : des dessins érotiques qui auraient été réalisés par Léonard de Vinci lui-même.

L’idée est suffisamment extravagante pour alimenter un véritable récit d’aventure, tout en permettant aux auteurs de continuer à utiliser Léonard de Vinci comme un personnage fantôme dont les actes ont encore des conséquences plusieurs années après sa mort.

L’Histoire devient un formidable terrain de jeu

C’est probablement là que Cinq Avril trouve réellement son identité. Michel Bussi et Fred Duval ne cherchent évidemment pas à faire croire que leur intrigue appartient à l’Histoire réelle. Ils utilisent plutôt les personnages et les enjeux de la Renaissance pour imaginer ce qui aurait pu se dérouler dans ses zones d’ombre.

Henri VIII, Anne Boleyn, François Ier ou Thomas More côtoient ainsi Avril sans que leur présence ressemble à un simple catalogue de célébrités historiques.

Le scénario joue avec les alliances, les mariages et les intérêts politiques de l’époque, mais conserve surtout une vraie légèreté de récit de cape et d’épée. L’objectif reste avant tout de divertir.

Une aventure beaucoup plus débridée

Ce deuxième tome possède davantage d’énergie que le précédent. Avril court, combat, enquête et se retrouve régulièrement dépassé par les événements. Les inventions inspirées de Léonard de Vinci participent également à cette dimension presque feuilletonesque.

Les rebondissements sont nombreux et parfois franchement improbables, mais c’est aussi ce qui fait le charme de la série. Cinq Avril ne cherche pas le réalisme historique absolu : il assume le romanesque, les complots gigantesques et les héros capables de se sortir des situations les plus dangereuses.

Cette générosité peut occasionnellement donner l’impression que tout va très vite. Certains personnages ou enjeux auraient mérité davantage d’espace, mais le récit ne connaît pratiquement aucun temps mort.

Le mystère des origines continue de progresser

Surtout, les auteurs n’oublient pas le fil rouge lancé dans L’Héritier de Da Vinci. Avril poursuit sa recherche et découvre progressivement l’existence d’un réseau lié à son ancien maître. De nouvelles informations apparaissent, mais sans dévoiler immédiatement toute la vérité.

C’est un bon équilibre pour un deuxième tome : suffisamment de réponses pour éviter de donner l’impression que le mystère est artificiellement prolongé, tout en conservant de quoi alimenter les volumes suivants.

Avril gagne également en personnalité. Il n’est plus seulement le jeune homme auquel on révèle brutalement qu’il possède un destin exceptionnel : il commence à agir sur les événements et à comprendre que ceux qui l’entourent ne lui disent pas nécessairement toute la vérité.

Noë Monin libère complètement son dessin

Le dessin de Noë Monin prend encore davantage d’ampleur lorsque l’action s’accélère. Combats, poursuites et mouvements parfois presque acrobatiques donnent au tome une énergie qui évoque autant la BD franco-belge d’aventure que l’animation.

Son trait expressif permet également de ne jamais rendre cette Renaissance trop solennelle. Les décors historiques restent crédibles, mais les personnages peuvent exagérer leurs expressions et leurs mouvements.

Antoine Lapasset prend cette fois en charge les couleurs. Dupuis le crédite officiellement comme coloriste de ce deuxième volume. L’ensemble conserve ainsi l’identité graphique très vive installée précédemment.

En résumé

Le Roi assassin confirme les qualités du premier Cinq Avril tout en donnant davantage de rythme à l’aventure. Le mélange entre personnages historiques, complot fictif, inventions de Léonard de Vinci et mystère entourant Avril fonctionne particulièrement bien.

Quelques facilités accompagnent cette volonté permanente de rebondir, mais elles pèsent peu face au plaisir de lecture. Avec ce deuxième tome, la série semble avoir pleinement trouvé son ton.

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