Batman — Tome 3
Le Deuil de la famille
Éditeur : Urban Comics
Sortie originale : 4 octobre 2013
Après la Cour des Hiboux, Scott Snyder s’attaque à une figure autrement plus familière de l’univers de Batman : le Joker. Disparu depuis quelque temps, le clown revient à Gotham avec une idée particulièrement malsaine en tête. Il estime que Batman s’est affaibli en s’entourant d’une famille et compte bien lui prouver qu’il n’a besoin que de lui.
Le retour du Joker
Snyder ne cherche pas à réinventer complètement le personnage mais à pousser jusqu’au bout sa relation obsessionnelle avec Batman. Le Joker ne s’intéresse finalement que très peu à Gotham : ce sont Robin, Nightwing, Batgirl et les autres proches du héros qui deviennent ses cibles parce qu’ils représentent, à ses yeux, autant d’obstacles entre Batman et lui.
Cette idée donne au récit une dimension très personnelle. Le Joker semble connaître les failles de chacun et prend un malin plaisir à faire croire qu’il possède une longueur d’avance sur Batman. Plus que les violences elles-mêmes, c’est cette impression qu’il peut surgir partout et qu’il sait tout qui rend le personnage inquiétant.
Une ambiance franchement macabre
Le Deuil de la famille bascule davantage dans l’horreur que les deux volumes précédents. Le visage mutilé du Joker, porté comme un masque, annonce immédiatement la couleur. Snyder multiplie les situations malsaines et les mises en scène grotesques, avec notamment un repas de famille qui compte parmi les séquences les plus dérangeantes de cette période.
Cette volonté d’aller toujours plus loin peut parfois sembler excessive. Le Joker devient presque omnipotent et certains de ses plans reposent sur une capacité à tout prévoir difficilement crédible. Mais cette exagération participe aussi au cauchemar que vit Batman.
Batman face à ses propres erreurs
Derrière le spectacle horrifique, l’album parle surtout de confiance. Bruce veut protéger ses proches mais continue à leur cacher des informations essentielles, persuadé qu’il peut gérer seul la menace. Le Joker exploite précisément cette faiblesse pour fragiliser la Bat-Family.
Le résultat donne davantage de poids au récit qu’un simple nouvel affrontement entre Batman et son ennemi juré. Même lorsque les révélations promises se révèlent moins définitives qu’espéré, les conséquences sur les relations entre les personnages sont bien réelles.
Capullo donne un visage au cauchemar
Greg Capullo excelle dans cette atmosphère. Son Joker est répugnant sans perdre son expressivité, tandis que les ombres, les décors et les expressions donnent à plusieurs passages une véritable dimension horrifique. Jock intervient également sur une partie de l’album et apporte un trait plus brut qui s’accorde parfaitement à l’ambiance.
Visuellement, ce troisième tome possède ainsi une identité très différente de l’arc des Hiboux. Moins architectural et mystérieux, il est plus sale, organique et oppressant.
En résumé
Un retour du Joker particulièrement sombre qui transforme son obsession pour Batman en attaque contre toute la Bat-Family. Scott Snyder pousse parfois son antagoniste un peu trop loin, mais l’ambiance horrifique, la tension et le travail graphique de Greg Capullo en font l’un des arcs marquants de cette période.
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